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samedi 27 mars 2010

Paris prêt à lancer les grands travaux au Forum des Halles

Le Conseil de Paris de lundi et mardi doit autoriser le démarrage de la rénovation pour le mois de mai.
Depuis neuf ans, on parle du réaménagement des Halles mais, à part les riverains, plus personne ne sait de quoi il retourne vraiment. «Le projet des Halles avance. C'est un sujet très complexe, mais nous sommes dans les temps», a assuré hier Anne Hidalgo, première adjointe au maire Bertrand Delanoë chargée de l'urbanisme, lors de la conférence de presse précédant les sessions du Conseil de Paris. À l'ordre du jour, mardi : le bilan de la commission d'enquête publique, qui avait donné en janvier un avis favorable mais l'avait assorti de trois réserves. Celles-ci doivent être levées par la réponse positive de l'Hôtel de ville et les travaux pourront commencer.

Le premier coup de pioche doit être donné dans le jardin en mai. Les architectes David Mangin et Philippe Raguin ont redessiné cette parcelle de 4,3 hectares, y prévoyant trois nouveaux parcs, deux nouveaux jardins d'aventures, pour les tout-petits (2-6 ans) et pour les préadolescents (7-12 ans), confiés à Bernard Chapuis et Georges Vafias (agence AEP) et à Henri Marquet et Imaginal, et un troisième pour lequel la Ville doit relancer un appel d'offres.

La polémique fait rage. Faire du jardin une priorité semble aller en dépit du bon sens du projet qui entend «résoudre les dysfonctionnements du site» liés à la vétusté et à l'insécurité des espaces publics, notamment des voiries souterraines. Certains invoquent, à deux ans de la présidentielle, une logique électoraliste de la part de Bertrand Delanoë, qui a fait des Halles un chantier phare de son mandat.

La contestation se concentre sur le jardin d'aventures Lalanne, un bijou horticole fané voué à la démolition. Ironie du calendrier, ses auteurs Claude et François-Xavier Lalanne sont exposés au Musée des arts décoratifs jusqu'au 4 juillet. Jacques Boutault, maire (Vert) du IIe arrondissement, concède sur son blog : «On comprend mieux, lorsqu'on connaît l'emprise des travaux de la Canopée des Halles, pourquoi le jardin Lalanne doit être sacrifié. L'emplacement de la future cité de chantier occupe largement sa surface et même au-delà.»

C'est dans cette cité de chantier que sera assemblée, au sol, la Canopée qui couvrira le forum (voir les images), toit de verre ondulant et de vantelles d'acier, haut de 14,5 mètres, à ce jour, signé Patrick Berger et Jacques Anziutti. Mais l'association de riverains Accomplir, et le maire du Ier arrondissement Jean-François Legaret (UMP) n'entendent rien lâcher. Les premiers envisagent un recours au tribunal administratif contre le permis de démolir du jardin.

Jean-François Legaret, lui, va plus loin : il attaquera, lundi, l'illégalité du permis de démolir du maire de Paris devant le préfet pour vice de forme. L'élu, également président de la commission des finances du Conseil de Paris, saisira aussi l'architecte des Bâtiments de France, car «le projet est situé dans le périmètre de protection d'un monument historique», en l'occurrence l'église Saint-Eustache.

Les transports, c'est ce dont on parle le moins et qui est pourtant l'opération principale : 700 000 vo­yageurs transitent chaque jour par les Halles. Soit 200 000 de plus que lors de la création de la salle d'échange RER, il y a trente ans. «En sous-sol, il faut démolir beaucoup de choses, le planning général implique d'énormes travaux dans les voiries souterraines de mise en conformité aux normes de sécurité mise en place depuis le drame du tunnel du Mont-blanc», indique Dominique Hucher, de la société d'économie mixte SemPariseine, mandataire pour la Ville de Paris. En particulier, le projet prévoit de nouveaux accès aux espaces souterrains du forum.

La mini-autoroute sous le Forum des Halles devrait disparaître. «L'appel d'offres sera lancé en juin pour des travaux devant démarrer en février 2011», indique Dominique Hucher. Enfin, troisième volet : la Canopée. «Ce n'est pas une ­simple restauration cosmétique», avertit Anne Hidalgo. En effet, il s'agit de démolir les ­pavillons Willerval déjà jugés comme un mo­dèle «d'architecture éphémère» il y a trente ans. Ce chantier doit démarrer fin 2011.

La Canopée doit recouvrir l'ensemble du forum sur lequel une sortie est prévue, alors qu'il n'en existe aucune à ce jour. Le Forum des Halles comptera alors quatre sorties et l'escalier mécanique dévalant trois étages de la porte Lescot, jugé «trop anxiogène» sera scindé en trois. D'autres escaliers étant prévus pour descendre jusqu'aux sous-sols jusque-là non desservis.
Sous cette Canopée doivent cohabiter, comme aujourd'hui, des boutiques qui resteront ouvertes pendants les travaux et des équipements publics en partie déménagés.

Les travaux coûteront 760 millions d'euros, dont les deux tiers sont à la charge de la Ville, et le tiers restant étant partagé entre ses partenaires : la région, le Syndicat des transports d'Ile-de-France, la RATP et Unibail, société qui gère le Forum. «On crée beaucoup plus d'équipements publics qu'il n'y en avait auparavant, assure Anne Hidalgo. Quoi qu'il en soit, les Halles ont toujours été le ventre de Paris où le commerce a été au cœur du lieu.» Au total ces grands travaux dureront six ans.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le futur toit du Forum des Halles ne sera pas imperméable. En principe, les armatures métalliques qui quadrillent cette toile de verre pourront être orientées, voire resserrées, afin d'éviter les courants d'air violents, notamment au niveau de la sortie par le jardin. Mais les passants du Forum risquent tout de même d'être arrosés par la pluie, car la Canopée n'est pas étanche. De quoi apporter de l'eau au moulin des détracteurs de ce projet, qui reposera sur les fondations de tours jamais érigées mais souhaitées par Valéry Giscard d'Estaing, qui voulait faire des Halles un mini-Manhattan.

samedi 27 février 2010

Le château et la Pagode de Chanteloup


Le château de Chanteloup se situait en Touraine, à proximité d'Amboise.
Célèbre pour avoir appartenu au duc de Choiseul qui s'y retira pendant sa disgrâce, il a été malheureusement entièrement détruit au XIXe siècle.
Il n'en reste qu'une spectaculaire et célèbre fabrique de jardin, La Pagode.
Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis février 1996.

Le château fut élevé en 1715 par Jean d’Aubigny et Robert de Cotte, pour le compte de la princesse des Ursins, mais il fut considérablement étendu et transformé à partir de 1760 pour Étienne François de Choiseul (1719-1785), qui joua, à la cour de Louis XV, le rôle de principal ministre de l'État entre 1758 et 1770.
Disgrâcié en 1770 pour avoir déplu à Madame du Barry, il se retire à Chanteloup jusqu'à la mort du Roi en 1774 et y reçoit des visiteurs venus de toute l'Europe, tenant une véritable cour et donnant de fastueuses réceptions.

Grâce à lui, le château de Chanteloup devient une magnifique résidence de campagne, entourée de beaux jardins, qu'on n'hésite pas à comparer à Versailles.
Les travaux, effectués sous la direction de l'architecte du duc de Choiseul, Louis-Denis Le Camus, auteur de la "Halle aux Blés" à Paris, considérée comme un tour de force architectural, commencent en 1760 et se terminent avec la construction de la Pagode.

Le Camus de Mézières construit deux longues ailes ornées de colonnades et terminées l'une par une chapelle et l'autre par un "pavillon des Bains".
Il procède également à des aménagements intérieurs, dessine de nouveaux parterres et édifie de vastes communs.

Après la mort Choiseul en 1785, le domaine est vendu par la duchesse de Choiseul à Louis-Jean-Marie duc de Bourbon-Penthièvre, petit-fils de Louis XIV et de Madame de Montespan.
Sous la Révolution, il est saisi en 1794 et vidé de son mobilier (en partie transféré au musée de Tours).
Déclaré “bien d’émigré” le domaine de Chanteloup est vendu aux enchères en 1802 à Jean-Antoine Chaptal(1756-1832), grand chimiste et ministre de l’Intérieur de Napoléon Ier.
Celui-ci cultive des betteraves dans le parc pour produire du sucre mais, à la suite de la faillite de son fils, le vicomte Chaptal de Chanteloup, le domaine est mis en vente en 1823.
Le château n’ayant pas trouvé preneur est cédé à des démolisseurs connus sous le nom de "Bande Noire", réseau de brocanteurs et de marchands de matériaux sans scrupule en cheville avec des liquidateurs, marchands de biens et sous les directives du banquier Enfantin, principal créancier du fils Chaptal.
Le château fut entièrement détruit, sauf la Pagode, acquise par le duc Louis-Philippe d'Orléans; il n'en reste aujourd'hui que le pavillon dit du Concierge et deux pavillons de l'avant-cour, encadrant la grille,Ils détruisent et vendent le château pierre par pierre.

La Pagode de Chanteloup s'élève à la lisière de la forêt d'Amboise, au bord d'une vaste pièce d'eau demi-circulaire qui se prolongeait au Sud par un grand canal aujourd'hui engazonné et formant un boulingrin.
Située au Sud du château au sommet d'une colline, elle formait le point de rencontre de huit longues avenues tracées dans la forêt d'Amboise.
Elle fut construite entre 1775 et 1778, à la demande du duc de Choiseul, par Le Camus, véritable temple dédié à l'Amitié, comme un tribut élevé à la fidélité de ceux qui, bravant le Roi, venaient le visiter à Chanteloup durant sa disgrâce.

Au premier étage Choiseul aurait fait graver les noms de ses visiteurs sur des tables de marbre blanc, ensuite retournées face contre le mur aux dires du colonel Thornton, touriste anglais en 1802, et de l'architecte Fontaine, chargé en 1823 par le duc Louis-Philippe d'Orléans d'examiner la pagode foudroyée; en 1935, le résultat d'une éventuelle remise en place de ces tables fut jugé aléatoire par René-Edouard André, propriétaire du domaine.
Cette construction, et l'aménagement d'un grand "miroir d'eau" en demie-lune terminé par un grand canal dans laquelle elle se reflète, achevèrent la transformation des jardins de Chanteloup; elle fut destinée à des fêtes nocturnes.

Devant l'absence de sources et les difficultés de recueillir des eaux de ruissellement, Choiseul fit venir de Valenciennes l'ingénieur Laurent, créateur des canaux du Nord, qui, afin d'amener les eaux de l'étang des Jumeaux, traça un canal à travers la forêt sur treize kilomètres, qui fut détruit à la Révolution pour récupérer le plomb du réseau des canalisations...
Les pierres "dures, dorées, d'une magnifique patine" utilisées pour édifier la Pagode proviendraient de l'un des châteaux de Louise Marie Adélaïde de Bourbon, femme de Louis Philippe d'Orléans (1747-1793) (Philippe Égalité), la Bourdaisière, à Montlouis, détruit en partie suite à un caprice de Choiseul (ce château a été reconstruit sous la Terreur par Armand Joseph Dubernad).

Haute de 44 mètres, la Pagode comporte six étages, en retrait les uns sur les autres (principe de la longue-vue), qui reposent sur un péristyle circulaire de seize colonnes et seize piliers.
La silhouette générale évoque ces "chinoiseries" de fantaisie en vogue au XVIIIe siècle, comme celle de Kew, près de Londres, édifiée par William Chambers pour la princesse de Galles - lourde construction cylindrique en briques reposant sur un énorme soubassement - d'où le nom de Pagode, mais la colonnade, les quatre balcons de ferronnerie et toute la décoration sont de pur style Louis XVI.
L'audace de l'architecte, qui a construit chaque étage "en coupole" est d'avoir coupé chacune d'elles, supportant les étages, par l'escalier intérieur de 142 marches qui monte jusqu'au sommet.

Il semble que sa structure de doive rien au hasard : elle a été construite au point de convergence de sept allées forestières longues de trois lieues chacune, elle compte sept niveaux, sa base compte seize (1+6=7) colonnes et piliers, l'escalier d'entrée à sept marches, elle est surmontée d'un globe doré symbolisant le soleil et la pièce d'eau à ses pieds a la forme d'une demie-lune.
Sans qu'on puisse l'affirmer, il faut peut-être y voir un symbolisme maçonnique, très en vogue à l'époque.

La Pagode a été restaurée en 1908-1910 sous la direction de l'architecte et ingénieur René Édouard André, fils du célèbre botaniste, architecte et paysagiste Édouard André (1840-1911) auteur de " L'art des Jardins, traité général de la composition des parcs et jardins" (Paris, Masson, 1879), et appartient à ses descendants.
Les "anciens jardins de Chanteloup : parties comprenant des parties architecturées (...) le site en terrasse de la pagode (..), le pavillon dit du concierge; une partie du parc boisé entourant l'ancien grand canal" ont été inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques les 30 mai et 11 juillet 1994.

Le Pavillon du Concierge, construit à l’entrée de l’esplanade de la Pagode, abrite aujourd'hui une exposition de reproductions de plans, tableaux qui permettent de se faire une idée de la splendeur passée du domaine.
Du sommet, à 162 mètres d'altitude, on découvre un panorama exceptionnel sur la vallée de la Loire et la forêt d'Amboise, permettant de mieux comprendre la forme du parc originel et les immenses perspectives qui le percent. Les sept allées qui convergent vers la Pagode dessinent un éventail délicat. Cet orientalisme posé sur les bords de Loire confère au paysage qui l'entoure, un caractère magique. La Pagode de Chanteloup reste un précieux témoignage de l'un de ces jardins anglo-chinois qui ont fleuri en France dans le dernier quart du XVIII siècle.

Eléments du décor sculpté identifiés dans la région :
  • - deux grands vases en marbre de forme dite "Médicis" godronnés ornent l'esplanade - côté ville - du pont Wilson à Tours (37);
  • - une paire de sphinges encadrent l'allée d'honneur du château de Chenonceau (37).
  • - deux hautes colonnes de pierre ds le parc boisé du château de Valmer à Chancay (37).

samedi 20 février 2010

Roses ...

Une photo d'une rose de mon jardin ...

lundi 25 janvier 2010

Tiergarten



Tiergarten est le nom d'un grand parc au centre de Berlin (à l'ouest de la porte de Brandebourg et de l'ancien mur de Berlin), un des plus grands espaces verts au centre de la capitale allemande, long de 3 kilomètres sur un kilomètre de large. Créé au XVIe siècle, il était utilisé comme réserve de chasse par la famille princière. Aujourd'hui encore, il alterne pelouses, petits étangs et longues zones boisées. Malgré les axes de circulation nord-sud et est-ouest qui s'y croisent, il a conservé son aspect sauvage. Plus étonnant : ce "poumon" de Berlin regorge d'animaux. La municipalité a d'ailleurs mandaté trente-cinq "chasseurs urbains" dont l'objectif est d'abattre chaque année quelque deux mille animaux dont de nombreux sangliers. Il est traversé d'est en ouest par la Straße des 17. Juni, l'une des plus célèbres artères de la capitale.

On trouve dans le parc d'autres bâtiments célèbres tels que :

* le Château de Bellevue (résidence officielle du président de la République fédérale d'Allemagne), au nord-ouest,
* la Siegessäule, au centre-ouest,
* le Mémorial soviétique, à l'est,
* le Reichstag (qui abrite le Bundestag), au nord-est.

Le nom du parc sert également, par abus de langage, à désigner le Zoologischer Garten, un zoo qui le jouxte. Tiergarten signifie d'ailleurs littéralement, en allemand, le "jardin aux animaux".

Le Tiergarten de Berlin recoupe à la fois le quartier du parlement, du gouvernement et de la diplomatie et le plus vaste et populaire parc de la ville. Le Tiergarten (réserve de chasse) autrefois terrain de chasse est le parc le plus connu de Berlin en raison de sa centralité géographique. C’est un lieu apprécié des Berlinois et des visiteurs pour une promenade, une bouffée d’air frais, un pique-nique, un tour à vélo, du jogging ou une partie de football. Aujourd’hui, le quartier comprend le Regierungsviertel, la Potsdamerplatz et le Kulturforum ainsi que le Diplomatenviertel.

Les Berlinois font bon usage du parc pour toutes les activités de plein air, les sports, les parties de foot et les grillades du dimanche y sont très appréciées. Au sud-est du parc, près de Potsdamer Platz, se trouve un vaste terrain de jeu ou Spielplatz. Certains hivers, il est même possible de patiner sur les petits lacs du parc, si les conditions météo le permettent.

L’ancienne réserve de chasse privée du Grand Electeur Frédéric Guillaume, le Grosse Tiergarten (Grand Parc) avait été utilisé pour cette activité royale depuis le 16ème siècle, après avoir été enclos. Les premières allées furent aménagées à la fin du 17ème siècle, avec des détails de plus en plus raffinés sous l’influence des jardins à la Française dédiés aux distractions et aux loisirs. La Strasse 17 Juni, son axe Ouest-Est principal conduisant à la Porte de Brandebourg était à l’origine connue comme la Charlottenburger Chaussee (1698), qui menait au palais de Charlottenburg. En 1740, Frédéric le Grand ouvrit le premier jardin public.

Au début du 19ème siècle, l’influence anglaise devint au goût du jour et les plans originaux du célèbre architecte paysagiste Peter Joseph Lenné perdurent jusqu’à aujourd’hui. En 1818, Lenné se vit confier la transformation de l’espace vert en un parc paysagé et le jardin zoologique à l’angle sud-ouest du Tiergarten fut ouvert en 1844. Une ancienne route au Nord-est du parc s’appelait In den Zelten (dans les tentes) où, au milieu du 18ème siècle, des boissons étaient vendues sous d’élégantes marquises. Les beaux immeubles qui flanquaient le parc furent détruits par les bombes durant la Seconde Guerre mondiale. Durant l’époque nazie, le plan d’ensemble d’Albert Speer pour Germania prévoyait l’élargissement de l’avenue centrale du parc.- la rebaptisant l’Axe Est-ouest – et de Grosser Stern. Durant la guerre, le parc fut utilisé pour répondre aux besoins urgents de bois de chauffe et comme jardin potager.

Comme pour la plupart des autres monuments de Berlin endommagés, la restauration commença en 1949, se focalisant sur la replantation du maximum de végétation possible, et l’adjonction d’espaces plus naturels. Le résultat est un parc d’une grande beauté avec des paysages diversifiés à découvrir lors de promenades le long de ses allées, ses sentiers, ses pelouses, ses prairies, ses mares, ses parterres de fleurs. – les rhododendrons en fleurs sont légendaires – et ses jardins paysagés. Des bancs sont à disposition pour une contemplation au calme. Des cyclo-pousses – ou vélotaxis – constituent une agréable – même si un peu plus paresseuse - façon de se déplacer.

Parmi les autres lieux paisibles et réputés du parc figurent le Café am Neuen See – le petit lac (Neuer See) peut geler durant l’hiver et crée ainsi un magnifique paysage nordique hivernal alors que durant l’été il se transforme en un restaurant self service et Biergarten prisés, à ciel ouvert.
Parmi les autres lieux appréciés, citons un endroit paisible nommé Rousseau Island et le English Garden (Jardin anglais) avec son coffee shop.

vendredi 27 novembre 2009

mardi 10 novembre 2009

Les Bourgeois de Calais

Les Bourgeois de Calais sont un groupe statuaire en plâtre d'Auguste Rodin achevé en 1889 et destiné à servir de modèle monumental pour les moules des futures éditions de bronze.
En 1895, la première fonte des Bourgeois de Calais est effectuée puis livrée à la Ville de Calais, à l'origine de la commande et de la naissance de ce monument public. Onze autres sont réalisées tout au long du XXe siècle. L’ultime fonte légale a eu lieu en 1995. De manière définitive, il existe ainsi douze éditions originales en bronze des Bourgeois de Calais. C’est une des œuvres les plus célèbres d'Auguste Rodin.
Ce groupe en bronze représente six habitants de Calais (Eustache de Saint Pierre, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Andres et Jean d'Aire), victimes d'un marché imaginé par le roi d'Angleterre Édouard III en août 1347 : le sacrifice de ces six hommes pour laisser la vie sauve à l’ensemble des habitants de la ville très prochainement conquise par les Anglais.

Cet épisode de la Guerre de Cent ans, qui eu lieu lors de la Chevauchée d’Edouard III en 1346, le siège de Calais de 1346-1347, est établi sur la foi du récit du chroniqueur médiéval Jean Froissart dans l’ouvrage Les Chroniques de France. Il rapporte les faits au moment où il est écrivain royal à la cour du roi d’Angleterre. Il est aussi ami de Philippa de Hainaut, épouse d’Edouard III et reine d’Angleterre originaire de Valenciennes, comme Froissart. C’est donc une vision française favorable au roi d’Angleterre qui est restituée dans ce texte.

En septembre 1346, Edouard met le siège devant la ville de Calais dont la garnison commandée par le chevalier Jean de Vienne résiste héroïquement à l'armée du roi d’Angleterre. Après onze mois de siège, la cité affamée négocie sa reddition. Edouard III, fatigué et énervé par la longue résistance calaisienne, accepte que six bourgeois lui soient livrés afin d'être exécutés. C'est à ce prix qu'il laissera la vie aux habitants toutefois contraints de déserter leur ville une fois les Anglais arrivés. Son épouse Philippa de Hainaut parvient cependant à le persuader d'épargner la vie de ces six malheureux, désespérés, venus devant le souverain en chemise, la corde au cou, les clefs de la ville et du château en mains. Par ce geste d’amour, Edouard épargne la vie d’Eustache de Saint Pierre et de ses cinq compagnons d'infortune devant une reine en pleurs. Calais devient anglaise le 3 août 1347 et le demeure jusqu’au 6 janvier 1558 lorsque Henri II de France reprendra la ville à Marie Tudor.

C’est sur les fondements de ce texte que Rodin trouve l’inspiration pour composer son œuvre une fois que la commande lui a été faite.
La sculpture en bronze, grâce à la fonte à partir d'un moule, permet de multiplier les œuvres à l’identique. Auguste Rodin, comme les sculpteurs depuis l’Antiquité, n'a jamais conçu un bronze comme une sculpture unique. De son vivant, après l'inauguration de 1895 à Calais, l'artiste a fait fondre et a vendu trois autres monuments des Bourgeois de Calais.

Après sa mort et conformément aux dispositions que celui-ci avait prises avec l'État français, le musée Rodin a poursuivi la diffusion de cette œuvre en effectuant huit autres fontes du monument. En 1995, en accord avec la législation en vigueur, un arrêté relatif aux activités commerciales du musée Rodin a confirmé la limitation des éditions originales de bronze à douze exemplaires maximum. Celles-ci devaient être réalisées à partir des modèles en terre cuite ou en plâtre réalisées par Rodin. La même année, la douzième et dernière fonte du monument était réalisée pour la Fondation Samsung en faveur de l’Art et de la Culture à Séoul ; exactement cent ans après la première édition originale en bronze aujourd’hui exposée devant l’hôtel de ville de Calais.

Le monument des Bourgeois de Calais à travers le monde (selon l’historique des fontes, les dates ont été vérifiées et sont exactes) :

1. – Calais (France), place de l'hôtel de ville, 1895.
2. - Copenhague (Danemark), Ny Carlsberg Glyptotek, 1903.
3. - Mariemont (Belgique), Musée Royal, 1905.
4. - Londres (Grande-Bretagne), jardins du Parlement, fonte 1908, installé à Londres en 1915.
5. - Philadelphie (Etats-Unis), Rodin Museum, fonte 1925, installé en 1929.
6. – Paris (France), Musée Rodin, fonte 1926, attribuée au musée Rodin en 1955.
7. - Bâle (Suisse), Kunstmuseum, fonte 1943, installé en 1948.
8. - Washington (Etats-Unis), Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, fonte 1943, installé en 1966.
9. - Tokyo (Japon), Musée national d'art occidental, fonte 1953, installé en 1959.
10. - Pasadena (Etats-Unis), Norton Simon Museum of Art, 1968.
11. - New York (Etats-Unis), Metropolitan Museum of Art, fonte 1985, installé en 1989.
12. - Séoul (Corée du Sud), Samsung Foundation for Art and Culture, Rodin Gallery, 1995.

lundi 9 novembre 2009

samedi 17 octobre 2009

Les araignées et leurs toiles !

L'araignée fait partie de la classe des Arachnides qui regroupe également les scorpions, les faucheux et les acariens (Tique par exemple).
Sur les 35 000 espèces d'araignées répertoriées, 30% ont un poison douloureux pour l'homme et une dizaine d'espèces sont véritablement dangereuses.
L'araignée est un arachnide typique: un corps en deux parties, 8 pattes articulées, une paire de chélicères, une paire de pédipalpes et plusieurs yeux simples. Les gisements ont montré la présence de systèmes à filer la soie et de pinces à poison chez des araignées fossiles du Dévonien inférieur. Cela indique que le mode de vie de l'araignée est resté quasiment inchangé depuis près de 400 millions d'années.

Une toile d’araignée est un des types de pièges en soie que fabriquent les araignées pour capturer leurs proies. Si toutes les araignées fabriquent de la soie, toutes ne tissent pas de toile. Ce fil de soie (non gluant chez certaines espèces comme la tégénaire des caves) est à la fois un support chimique (de phéromones déposées par le mâle, ou la femelle, ou les petits) et un vecteur vibratoire.
On considère que l’usage initial de la soie était la fabrication du cocon pour protéger les œufs car les araignées considérées comme primitives ne tissent pas de toile.

Beaucoup d’araignées d’espèces fileuses femelles (genre Tegenaria notamment) laissent derrière elle un fil enduit de phéromone qui est presque systématiquement suivi par les mâles. (chez les araignées vagabondes, des signaux visuels remplacent ces signaux hormonaux olfactifs).
Le fil transmet aussi très bien les vibrations. Ils alertent ainsi l’araignée sur le fait qu’une proie est tombée dans son piège ou qu’un mâle s’approche. L’araignée peut aussi détecter la position d’une proie immobile en impulsant une vibration à la toile et en analysant l’écho de cette vibration en retour. Chaque espèce produit des signaux particuliers par vibration de l’abdomen ou par vibration produite par les pattes, à la manière d’un doigt qui fait sonner la corde d'une guitare.

Piégée par la toile, enveloppée dans la soie et condamnée à mort, la proie ne peut rien contre l’araignée, l’une des créatures les mieux armées de la nature.
Les toiles d’araignées sont présentes partout dans le monde et dans chaque recoin du jardin ou de la maison.
Les araignées ont colonisé tous les continents sauf l’Antarctique. Un chercheur britannique a calculé que dans son pays, les terres cultivées abritaient plus d’un million d’araignées par hectare.
L’arme essentielle de l’araignée est sa toile et il en existe de multiples formes selon les espèces. Mais, la soie sert aussi à de multiples usages : habitat, chasse, déplacement ou protection des jeunes.

La soie coule sous forme liquide des filières situées au bout de l’abdomen. Tiré par les pattes ou collé à un support distant, le fil durcit sous l’action combinée de l’air et de la traction. A la base, c’est une substance protéique synthétisée et stockée dans les glandes séricigènes.
Il existe jusqu’à neuf différentes sortes de ces glandes. Chacune produit un seul fil doté de propriétés spécifiques.
Certaines araignées, comme les Uloboridés, combinent les fibres afin de produire différents fils de soie. Chaque fil ne peut être utilisé que pour une tâche particulière.

Aucune machine humaine n’est capable de faire un fil aussi mince et aussi résistant. La soie des araignées est plus élastique que le Nylon et plus résistant que l’acier.
La soie gluante est d’une élasticité incroyable sous l’effet d’un impact. Elle peut atteindre jusqu’à quatre fois sa longueur au repos. Certaines araignées resserrent les rayons de la toile à l’approche d’une proie pour éviter de l’expédier au loin, comme un trampoline.

La toile de forme géométrique est la plus courante. Une araignée met moins de une heure et demie pour la construire et utilise jusqu’à 30 m de soie.
La toile est confectionnée, dans la plupart des cas, par la femelle. Les mâles cessent de tisser lorsqu’ils parviennent à l’âge adulte pour aller batifoler, préférant faire l’amour plutôt que la guerre.
Les femelles, elles, ont besoin de protéines des insectes pour produire des œufs et tissent par conséquent des toiles durant toute leur vie.
A l’origine, il y a quelque 400 millions d’années, les araignées se servaient surtout de leur soie pour se confectionner une cachette.
Ensuite, les araignées ont commencé à s’équiper de toiles aériennes quand les insectes se sont équipés d’ailes.

L’araignée se livre à des calculs très complexes chaque fois qu’elle tisse une toile. De quel espace je dispose ? Quel est mon stock de soie ? Quels sont les points d’attache disponibles ?
C’est loin d’être un automate car elle doit s’adapter à chaque fois.
Si les tarentules, les araignées à terrier operculé et quelques autres utilisent encore leur soie pour se mettre essentiellement à l’abri, un bon tiers des 35 000 espèces d’araignées recensées tisse des toiles géométriques.
L’autre tiers confectionne des toiles à entonnoir ou des toiles-chaussettes.
L’argiope, une araignée très fréquente en Europe, réalise des toiles selon une architecture particulière.
L’agencement des fils permet de réfléchir les rayons ultraviolets, connus pour attirer les insectes.La toile se transforme en un véritable miroir aux alouettes. La toile de l’argiope se reconnaît à son zigzag blanc.

L’utilisation la plus connue de la toile est la réalisation d’un piège. Les araignées ne s’engluent pas elles-mêmes car leurs pattes sont recouvertes d’une substance huileuse. De plus, elles prennent soin de se déplacer sur le cadre non gluant des rayons.
En effet, les fils peuvent être secs ou mouillés, laineux ou gluants selon l’usage que l’araignée veut en faire.
L’araignée est à l’affût et attend patiemment qu’une proie se laisse piéger.
L’araignée peut être postée au centre de sa toile. C’est le cas de l’argiope. Dès qu’un insecte touche les fils collants, elle fonce dessus et l’enroule avec un autre fil pour que son repas ne s’échappe pas.

Quand l’araignée se poste à proximité de sa toile, un fil d’alarme la reliant au piège lui transmet toute vibration suspecte.
Cependant, la chasse n’est pas facile. En moyenne, une mouche ne reste pas plus de cinq secondes dans une toile géométrique. Les chercheurs estiment que plus de 80% des insectes parviennent à s’échapper.
L’araignée doit donc faire vite et paralyser sa proie grâce à ses chélicères terminés par des crochets inoculateurs de venin.
Elle peut également l’immobiliser en l’enrobant très vite d’une soie spéciale ressemblant à de la gaze.
La plupart des espèces n’oublient jamais de laisser courir derrière elles un fil de soie arrimé, à intervalles réguliers, à un support quelconque.
Si un choc trop brutal ébranle la toile, l’araignée tombe puis remonte rapidement grâce à ce fil de sécurité.
Lorsqu’il prend à une araignée l’envie de voyager, elle grimpe sur un point situé en hauteur et lâche suffisamment de fils pour avoir une chance de prendre le vent et, ainsi, s’élever comme une montgolfière.
Pattes écartées pour mieux être portée, elle peut être entraînée à plus de 4 km d’altitude, et parcourir 300 km.

Ce mode de déplacement est très courant chez les araignées. Selon une étude, environ la moitié des araignées installées dans un champ d’un hectare y sont arrivées par la voie des airs.
Imaginez 1 800 araignées qui débarquent quotidiennement avec leurs parachutes en fil de la Vierge !
Ce moyen de transport, appelé le "ballooning" est également utilisé par les juvéniles pour pouvoir coloniser de nouveaux territoires.
De nombreuses espèces se servent de la soie à la fois comme isolant pour leur terrier et comme piège. L'entonnoir soyeux au fond du terrier est relié à la toile, placée devant l'abri. A la moindre vibration, l'araignée sort pour emporter son butin.
La confection d’un abri est une autre utilisation importante de la toile. Il peut s’agir de simples fils entrecroisés sous une feuille.
Mais, certaines mygales telles que les Cténizidés et les Némésiidés, présentes dans le Sud de la France, sont très ingénieuses.

Elles creusent des terriers dont elles tapissent les parois de soie et ferment l’entrée par un opercule.
Ce clapet s’adapte parfaitement à l’ouverture de la tanière et est mobile comme une trappe car fixé par une charnière de soie.
La soie est utilisée chez toutes les espèces pour tisser le cocon protégeant les œufs.
L’argiope pond ses oeufs dans un cocon de soie. Puis, elle met des bulles d’air entre les fils pour que les petits soient à l’abri du froid.
Elle cache sa progéniture dans les herbes et meurt avant la naissance des petits. Elle ne vit qu’un an.

La plupart des araignées ont une longévité très courte. Mais, beaucoup de mygales peuvent vivre 10 à 20 ans. Chez ces Theraphosidae, une femelle peut engendrer une génération par an, ce qui représente plusieurs milliers de jeunes au terme d’une vie.
La lycose dépose ses œufs au sol puis les emballe dans un cocon. Ensuite, elle l’accroche à ses filières.
Chez certaines araignées, un seul cocon peut contenir plus de 2 000 œufs.

samedi 12 septembre 2009

La Place des Vosges

C'est une place, conçue sur un plan quasi carré, de 127 sur 140 mètres de côté, bordée d'immeubles d'habitation de deux étages en briques rouges à chaînages de pierre calcaire blanche et toits d'ardoise bleue très pentus, aux fenêtres à petits carreaux, d'une grande unité de présentation. En effet, un édit royal, pris au XVIIe siècle, a imposé l'unité de la composition des bâtiments et la hauteur uniforme, à l'exception du pavillon du roi, au centre du côté sud (le plus élevé de tous) et du pavillon de la reine, qui lui fait face sur le côté nord, qui sont volontairement plus élevés. Les pavillons actuels font quatre travées de largeur, ils sont composés d'un rez-de-chaussée à arcades, de deux étages carrés et de deux étages de comble.L'hôpital Saint-Louis, construit vers la même époque dans ce qui était les faubourgs de Paris et est devenu le 10e arrondissement de Paris, offre de grandes similarités architecturales avec la place des Vosges.

Le centre de la place des Vosges est occupé aujourd'hui par le square Louis XIII, bordé de rangées d'arbres, avec au centre quatre fontaines au milieu de pelouses et une statue équestre de Louis XIII. Cette statue, œuvre de Jean-Pierre Cortot et Louis Dupaty, a été installée en 1825. La première statue datant de 1639 avait été détruite pendant la Révolution ...
Les quatre fontaines alimentées par l'Ourcq, ont aussi été conçues par Jean-Pierre Cortot.

Henri II, blessé par un coup de lance de Montgomery lors du tournoi donné à l'occasion du mariage d'Elisabeth de France avec Philippe II d'Espagne en 1559, sera transporté mourant à l'hôtel des Tournelles. Il y décédera dix jours plus tard. Catherine de Médicis obtiendra de Charles IX la destruction cette forteresse construite en 1388 pour Pierre d'Orgemont, dans le périmètre délimité par les rues actuelles Saint-Antoine, des Tournelles, de Turenne et Saint-Gilles. Le palais rasé avait été la demeure de Jean, duc de Berry, du duc d'Orléans, de Charles VI, du duc de Bedford, de Louis XI et de Louis XII. Ce dernier y décédera.

L'espace libéré accueillera un marché aux chevaux et sera le théâtre du duel entre les mignons d'Henri II et les hommes du duc de Guise. Henri IV ordonnera la construction de la place Royale en 1605. Il la veut vaste et magnifique. L'emplacement était alors occupé par une fabrique de drap. Henri IV voulait fournir aux Parisiens un lieu de promenade et de loisirs, un endroit réservé aux fêtes et aux cérémonies dans une ville où les espaces libres étaient pratiquement limités à la place de Grève.

Choisis par Henri IV, les plus grands architectes, les peintres et les sculpteurs les plus renommés seront mis à contribution. Jacques II Androuet Du Cerceau, Louis Métezeau, Le Vau, Le Brun, Mignard ... entre autres, adopteront un style proche de celui de la Renaissance. Chef d'oeuvre d'équilibre et d'élégance, avec ses 108 mètres de côté, elle est entourée de 36 pavillons sur arcades (9 de chaque côté de la place), comportant deux étages. La hauteur des façades est égale à leur largeur et la hauteur des toitures correspond à la moitié de celle des façades. Les toits bleus en ardoises d'Angers sont fortement pentus et les fenêtres sont encadrées de pierres blanches et de briques rouges.

Alexandre Dumas évoquera cette place dans son roman La Reine Margot. Avant lui, Corneille avait écrit La Place Royale. Les arcades sont à la fois un lieu de promenade et abritent des galeries marchandes, conformément à la volonté d'Henri IV. Les pavillons du roi et de la reine, au nord et au sud, sont plus élevés que les autres. Cette irrégularité symbolise la présence de l'autorité royale et accentue le charme de la place. Un jardin et quatre fontaines réalisées sur des dessins de Jean Ménager occupent le centre de la place. Celle-ci sera fastueusement inaugurée deux ans après l'assassinat d'Henri IV, en 1612, à l'occasion du mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, et de celui de la soeur du roi, la princesse Elisabeth de France avec l'Infant d'Espagne, le futur Philippe IV. La cérémonie donnera lieu à trois jours de festivités au cours desquelles s'illustreront des carrousels de cavaliers. Un feu de 4000 fusées sera tiré du haut des tours de la Bastille.

Un grand nombre de nobles, courtisans, seigneurs, bourgeois, financiers, jésuites et artistes s'empresseront de faire construire leur hôtel particulier à proximité. Cette débauche architecturale sera supervisée par les meilleurs architectes. Mademoiselle de Scudéry, Madame de Sévigné, la future Madame de Maintenon et tout ce que l'époque comptera de lettrés brillants s'installeront autour de la fameuse place et y tiendront salon. Les grands compositeurs, Marc-Antoine Charpentier et les Couperin (François et Louis notamment) s'installeront également dans le quartier et produiront leurs oeuvres dans les églises Saint- Paul et Saint-Gervais. Les comédiens du Marais, futurs membres de la Comédie Française, s'installeront rue Vieille du Temple en 1634 et installeront leur estrade en plein air, au centre de la place Royale.

Richelieu tentera de mettre un terme aux duels entre les nobles sur la place, en faisant ériger en 1639 une statue équestre de Louis XIII qui sera considérée comme un chef-d'oeuvre. La prise de la Bastille marquera la fin du Marais résidentiel, livré dès lors à l'abandon et à la destruction. La statue de Louis XIII sera détruite, à l'instar des autres érigées sous l'Ancien Régime. La place deviendra un champ de manoeuvres pour la garde nationale.

Baptisée place des Fédérés, le 19 août 1792, place de l'Indivisibilité, le 4 juillet 1793, Napoléon lui donnera le nom de place des Vosges, le 26 fructidor an VIII, en hommage au premier département qui s'était acquitté de ses impôts.
La Restauration lui réattribuera son place Royale, le 27 avril 1814, qu'elle abandonnera pour celui de place des Vosges, le 14 mars 1848, et qu'elle récupérera de 1852 à 1870.

La Place des Vosges a une sœur jumelle : de la place Ducale, à Charleville-Mézières.