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samedi 9 janvier 2010

Le Portugal légalise le mariage gay ...

Pays de forte tradition catholique longtemps réputé rétrograde, le Portugal a légalisé, dans une relative indifférence, le mariage homosexuel voté ce vendredi en première lecture par le Parlement. Cette loi autorise le mariage homosexuel mais interdit l'adoption par des couples de même sexe.

Au nom de "la liberté, de la justice, de l'égalité et de l'humanisme"
Le Premier ministre portugais José Socrates est intervenu devant le Parlement pour défendre, en personne, le mariage homosexuel au nom de "la liberté, de la justice, de l'égalité et de l'humanisme".
"Cette loi vise à réparer des décennies d'injustices faites aux homosexuels", a déclaré devant les députés le chef du gouvernement socialiste, rappelant que, "jusqu'en 1982, le Portugal vivait dans cette situation absurde et révoltante de considérer l'homosexualité comme un crime prévu et puni par la loi".

Contrairement à l'Espagne où la légalisation du mariage gay en 2005 avait suscité une forte contestation, le texte n'a suscité au Portugal qu'une opposition discrète des associations proches des milieux catholiques, la droite évitant soigneusement tout jugement moral sur la question.
Et tout en rappelant régulièrement la doctrine de l'Eglise sur le mariage et la famille, la hiérarchie catholique portugaise s'est refusée à mobiliser ses ouailles sur un sujet qui, selon le cardinal-patriarche de Lisbonne Mgr José Policarpo, est "de la responsabilité du Parlement".

Selon un sondage réalisé en novembre par l'institut Eurosondagem pour plusieurs médias portugais, si une très forte majorité de Portugais (68,4%) reste opposée à l'adoption par des couples de même sexe, ils sont nettement plus partagés sur la question du mariage homosexuel (49,5% contre 45,5% pour).
Mardi, une "plateforme citoyenne" a remis à l'Assemblée une pétition de plus de 90 000 signatures pour exiger la tenue d'un référendum. Conformément à la Constitution, cette demande a été soumise ce vendredi au Parlement mais a été rejetée par la gauche.

Echaudé sans doute par le précédent de l'avortement qui avait nécessité deux référendums avant d'être finalement dépénalisé en 2007, le gouvernement socialiste a exclu cette fois toute consultation populaire jugeant avoir "toute légitimité" pour faire voter par le Parlement une mesure inscrite à son programme électoral.
Selon plusieurs médias portugais, le gouvernement socialiste comme la hiérarchie catholique souhaitait que la question soit "réglée" avant la visite du pape, prévue du 11 au 14 mai.

L'union homosexuelle en Europe

Le Portugal devient le sixième pays a autorisé le mariage homosexuel.
Le pays qui a ouvert la voie, c’est le Danemark, en 1989. Il crée alors un "partenariat enregistré", réservé aux couples de même sexe. Quatre ans plus tard, la Norvège embraye. Puis la Suède en 1995. Et hors UE, l’Islande en 1996. Révolutionnaire, mais il ne s’agit pas encore de mariage à proprement parlé.
La France alors innove en 1999, créant son Pacs -pacte civil de solidarité- ouvert à tous les couples. L’Allemagne invente en 2001 un "partenariat de vie", permettant aux gays de porter le même nom et de bénéficier, en matière d’héritage, des mêmes droits que les couples mariés. Suivront plus récemment la Finlande en 2002, la République tchèque en 2006, la Suisse en 2007. Pleins de nouveaux contrats, aux dénominations variées, mais toujours point de mariage.
C’est aux Pays-Bas que seront célébrées en Europe les premières vraies unions gays, en 2001. Puis en Belgique en 2003, en Espagne en 2005. La Suède et la Norvège enfin ont remplacé en 2009 leurs partenariats des années 90 par des mariages en bonne et due forme. Le Portugal va donc peut-être venir allonger la liste... "Le mariage homosexuel a déjà été adopté par de nombreux pays. Et il sera adopté par bien d’autres, je n’ai aucun doute là dessus", déclare José Socrates.

vendredi 23 octobre 2009

L'Église protestante suédoise autorise le mariage homosexuel

En Suède, l'Église protestante autorise désormais les couples homosexuels à s'unir devant l'autel... au grand dam des Églises catholique et orthodoxe.
La loi suédoise autorise ces mariages depuis le 1er mai.
L'Eglise de Suède (une des principales communautés luthériennes au monde) a approuvé jeudi lors de son synode le mariage des homosexuels à l'église, autorisé par la loi suédoise depuis le 1er mai dernier, a-t-elle annoncé.
La mesure, qui sera appliquée à compter du 1er novembre, a été adoptée à une majorité de près de 70% par les quelque 250 membres du synode, a indiqué l'institution religieuse protestante dans un communiqué, qui précise qu'une liturgie pour les mariages homosexuels a également été adoptée.
Lors de l'adoption de la loi par le Parlement suédois en avril dernier, l'Eglise luthérienne, séparée de l'Etat en 2000, avait soutenu la réforme mais reporté son approbation formelle à son synode.
La Suède, déjà pionnière en matière de droit à l'adoption pour les couples homosexuels, devient ainsi l'un des premiers pays au monde à autoriser la célébration de mariages homosexuels au sein de sa principale congrégation religieuse.
Quelque 73% des Suédois appartenaient à l'Eglise de Suède en 2008.

l’Eglise luthérienne du pays n’est pas une communauté marginale d’orientation ultralibérale, mais une Eglise majeure, anciennement d’Etat, historique (issue directement de la Réforme au XVI siècle) et représentant théoriquement, selon ses statuts, tout un peuple. C’est pour cela que la décision est historique. Elle inspirera certainement d’autres Eglises importantes en Europe. Et elle provoquera aussi l’incompréhension de beaucoup d’Eglises. La décision soulève de multiples problèmes théologiques et politiques, des débats, aussi bien au sein même de l’Eglise de Suède que chez les autres Eglises engagées dans le dialogue œcuménique avec les luthériens suédois.
La principale association suédoise de défense des homosexuels, RFSL, a salué la mesure. "RFSL félicite l'Eglise de Suède pour sa décision, vos membres homosexuels et bisexuels vont enfin pouvoir se sentir un peu plus bienvenus dans la société", écrit-elle dans un communiqué.
Mais l'association critique le droit des pasteurs de refuser à titre individuel de célébrer un mariage homosexuel. Dans ce cas, l'Eglise devra être en mesure de trouver un autre prêtre pour la cérémonie.
Les églises catholique et orthodoxe, largement minoritaires en Suède, se sont dites "attristées" par la décision de l'église protestante.

"C'est avec tristesse que nous apprenons la décision du synode de l'Eglise de Suède", écrivent Fredrik Emanuelson, responsable oecuménique de l'église catholique suédoise et Misha Jaksic, un responsable de l'église orthodoxe, dans un communiqué commun.
"Dans nos églises et communautés nous n'unirons pas de couples homosexuels, dans la mesure où c'est en contradiction complète avec la tradition de l'église et toute notre vision de la création", poursuivent-ils.
En Suède, les couples hétérosexuels peuvent choisir de se marier soit à la mairie soit à l'église, tandis que les couples homosexuels étaient jusqu'alors seulement autorisés, depuis 1995, à s'unir via un "partenariat" rendu légal par une cérémonie civile. Le mariage à l'Eglise dans le pays nordique a valeur civile.
Chez le voisin norvégien, le Parlement avait adopté en juin 2008 une loi permettant le mariage homosexuel et autorisant en principe l'Eglise luthérienne protestante, religion d'Etat en Norvège, à célébrer des unions d'homosexuels.

Pour comprendre cette décision d'autoriser le mariage homosexuel, il faut considérer le contexte politique et l’organisation de l’Eglise de Suède, très liée à la vie politique en Suède. Dans ce pays viking, on a réglé la question du mariage gay civil cette année. Le 1er mai dernier, une nouvelle loi est entrée en vigueur introduisant une conception très particulière, probablement unique au monde : le mariage entre deux personnes est désormais sexuellement neutre. Aux yeux du législateur, il n’y a plus aucune différence entre un couple hétérosexuel, homo- ou transsexuel. Au grand regret d’une vingtaine de députés chrétiens-démocrates (sur 349 sièges), mais à la satisfaction des autres parlementaires, gauche et droite confondues, cette nouvelle loi a été adoptée dans une relative indifférence médiatique. Il faut dire que l’union que les homosexuels pouvaient contracter jusqu’alors était presque aussi avantageuse – ou contraignante – que le mariage. Et le nombre réel de demandeurs de mariage homosexuels est de toute façon faible.

Le vrai problème, politiquement parlant, est celui des Eglises. Comment faire ? En Suède, il n’y a pas de laïcité à la française avec une séparation très stricte. Pratiquement toutes les Eglises et les autres communautés religieuses en Suède peuvent par exemple marier légalement des couples sans que ces derniers aient besoin de passer par la mairie d’abord. En échange, les Eglises doivent respecter la loi.
L’écrasante majorité des Eglises et des autres communautés religieuses considèrent que le mariage est réservé à des couples hétérosexuels pour des raisons théologiques. Ainsi l’Eglise catholique romaine, qui regroupe 1,5% des Suédois, et toutes les Eglises évangéliques, où l’on trouve environ 10% des baptisés (5-8% de la population), mais 50% de ceux qui se disent " pratiquants" en Suède. Pour eux, pas question de marier des homosexuels.

Mais le législateur, quoique très naïf dans ses rapports avec les Eglises, a fini par se rendre à l’évidence : il faudrait accepter des cas de conscience. Donc des exceptions. Les Eglises ont obtenu le droit de ne pas marier des couples homosexuels qui le demanderaient (explications données plus haut) L’Etat demande seulement aux Eglises (et à leurs fédérations) de prendre une décision claire en la matière. Certaines Eglises très libérales – par exemple la petite Eglise catholique libérale, à ne pas confondre avec la romaine – ont effectivement annoncé leur intention de célébrer des mariages homosexuels. Ce qui a provoqué aussitôt une réaction de toutes celles qui sont d’un avis contraire. Chez les pentecôtistes, le responsable de la principale fédération a déclaré qu’il n’admettrait pas qu’une seule Eglise membre accepte la nouveauté. [...]
Avec le mariage homosexuel, l’Eglise de Suède sera plus moderne ... Elle en a peut-être besoin mais y aura-t-il une place pour ceux qui cherchent Dieu aussi ? Va-t-on encore accepter d’y lire la Bible et toute la Bible ?

lundi 23 mars 2009

La polémique ...

... autour des propos du Pape me fait marrer !
Le Cardinal André Vingt-Trois dit que l'on "veut se faire" le Pape et ce n'est pas faux.
Le Pape peut il dire autre chose que ce que nous avons tous entendu ? Bien sûr que non. Il est là pour rappeler la doctrine de l'église. Jean Paul II n'a jamais dit autre chose non plus, le responsable de la doctrine de la Foi étant déjà à l'époque notre Panzer Kardinal ...

Nous avons un Pape réactionnaire et peu pédagogue, voilà tout...!
On se souvient de cette gaffe, énorme, proférée à la veille de son voyage en Turquie (Il avait cité un empereur byzantin disant que les enseignements de Mahomet étaient "mauvais et inhumains"), il y eut plus récemment la réintégration de l’évêque intégriste et négationniste Williamson, l’homme qui croyait à l’immaculée conception mais demandait des preuves concernant l'existence des chambres à gaz ! Il y eut plus récemment encore l’inhumaine excommunication d’une petite fille brésilienne de 9 ans qui avait été violée par son beau-père, ainsi que des médecins qui lui ont sauvé la vie en la faisant avorter, comme si pour l’Eglise le corps de la femme, et là d’une enfant, n’était que le réceptacle passif des spermatozoïdes masculins ... Le beau-père quant à lui ne fut pas inquièté par une quelconque excommunication !
En tant que catholique par mon baptème (et de plus en plus que par mon baptème) je suis choqué de constater que pour l'église un viol est moins grave qu'un avortement, mais l'église ne peut pas dire autre chose ... !

Cela se passait à Recife dont l’archevêque fut Don Hélder Câmara qui, dans les années 60, était une des figures de la théologie de la libération en Amérique latine. Hier, pour la première fois, un Pape – horresco referens – prononça pour la première fois le mot de préservatif jusque là évité par ses prédécesseurs. Mais c’était pour dire textuellement : "S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème." Et de parler "d’humanisation de la sexualité", lui dont l’expérience en fait un spécialiste reconnu dans ce domaine …
Là où il y a un manque cruel de pédagogie c'est que l'église dit simplement qu'elle est contre le sexe sans amour, contre la consommation hystèrique du sexe. Le préservatif ne va pas résoudre ce problème au contraire puisqu'avec lui, on peut baiser sans risques (quoique ...) n'importe quand, n'importe où et n'importe qui ! Le préservatif ne va pas permettre de changer cette forme de sexualité. D'un point de vue théologale, il ne peut pas dire autre chose ...
Mais affirmer en Afrique que le préservatif "aggrave le problème", c’est de l’inconscience ou de la pure provocation. N'est-il pas vrai qu'il protège les femmes et peut empêcher la transmission du virus du sida ? Alors, pourquoi s'obstiner à en interdire l'usage ? Pourquoi ne pas dispenser une éducation à la sexualité qui, entre les mains des puissants réseaux de missionnaires catholiques, aurait des incidences considérables ?

En Afrique d’abord où "c'est la consternation", selon Alain Fogué, du Mouvement camerounais pour le plaidoyer à l'accès aux traitements (Mocpat) qui s’interroge : "le pape vit-il au XXIe siècle"? "Les gens ne suivront pas ce que le pape dit. Il vit au ciel et nous sur terre", a-t-il ajouté, précisant que sur "100 catholiques, 99 utilisent aujourd'hui le préservatif. Le pape doit savoir que la chair a tendance à être faible ! Le pape ne savait-il pas en arrivant au Cameroun que les personnes séropositives y représentent un nombre important de la population ?".
La vague d’indignation a rapidement touché tous les rivages : Le directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Michel Kazatchkine "demande au pape de retirer ses propos" sur le préservatif, qu'il juge "inacceptables". L’agence nationale de recherches sur le SIDA, Médecins du Monde, Act Up, Sidaction, la liste est longue, y compris chez les politiques. De Laurent Fabius jusqu’à Roseline Bachelot, "catastrophée" par ces propos "irresponsables" en passant par Daniel Cohn-Bendit pour qui ces propos s’assimilent à "un meurtre prémédité".

Alain Juppé a estimé que "ce pape commence à poser un vrai problème", car vivant "dans une situation d'autisme total". Autisme, c’est bien le mot au point que la France a exprimé par la voix de son ministère des Affaires étrangères sa "très vive inquiétude" après ces propos qui mettent en danger "les impératifs de protection de la vie humaine" face au sida. Car que reste-t-il de la charité dans ces actes et ses discours ? Quand la doctrine prend le pas sur la simple compassion, que reste-t-il ? Une bureaucratie comme les autres.

dimanche 25 janvier 2009

Le pape réintègre les intégristes

Benoît XVI risque de faire frémir une nouvelle fois les plus progressistes de ses fidèles. En décidant d'annuler l'excommunication de 4 prêtres intégristes, véritable réactionnaire ultra conservateur, Benoît XVI veut remettre dans l’église catholique romaine, les intégristes exclus par ses prédecesseurs. Et ce faisant il va réintegrer dans l’église romaine, un évèque Richard Williamson, parfaitement négationiste qui remet donc en cause l'existence les chambres à gaz !!! L'information de la réintégration de ces 4 évèques a été révélée par le quotidien italien "Il Giornale", généralement très bien informé sur le Vatican. "La Croix", confirme, et annonce même la publication "imminente" du décret, "en fin de semaine ou début de semaine prochaine".
Après la réhabilitation de la messe tridentine, c'est un pas de plus vers la frange la plus extrémiste de l'Eglise.

Ce geste marque une nouvelle étape de la réconciliation entre l'Eglise, l'extrème droite et les Traditionalistes représentés par Marcel Lefebvre. Celui qui avait été évêque de Tulle est l'un des principaux opposants au concile Vatican II (1962-1965), fonde en 1970 la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, qui revendique plus de 100 000 fidèles à travers le monde. Au bout de plusieurs années de joutes doctrinales entre l'Eglise et la Fraternité, Mgr Lefebvre ordonne, sans l'accord du Vatican, quatre évêques de sa mouvance en 1988. Ce qui leur vaut l'excommunication, décidée par Jean-Paul II. Cette date marque le début du "schisme" entre l'Eglise et les Traditionalistes.

Depuis, à l'initiative du Vatican, le dialogue se renoue entre les deux parties. Jean-Paul II avait lui même débuté le rapprochement mais Benoît XVI l'a largement accéléré. L'ancien préfet de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, plus conservateur que son prédecesseur, apparaît plus sensible aux revendications des Lefebvristes. En juillet 2007, Benoît XVI, par un décret personnel, réhabilitait la "messe tridentine" prononcée en latin - issue du Concile de Trente (1545-1563) - même si la messe moderne reste le principe. Deuxième geste envers les Traditionalistes, en juin 2008, lorsque le Vatican renonce à exiger des adeptes de Mgr Lefebvre la reconnaissance claire du concile Vatican II.

Plus globalement, depuis le début de son pontificat, Benoît XVI ex patron de l’inquisition déguisée sous le patronyme de "congrégation pour la doctrine de la foi", prend des engagements qui font plus que polémiques et mêmes au sein de l'Eglise. En 2008, il s'est par exemple prononcé plusieurs fois en faveur de la béatification du pape Pie XII, très controversé pour son silence et sa passivité face à la Shoah lors de la Seconde Guerre mondiale. Son rôle fait d'ailleurs toujours l'objet d'un débat historique. Au tout début de sa prise de pouvoir, Benoît XVI avait également choqué lors d'un discours prononcé à Ratisbonne, dissertant sur le lien entre la foi et la raison. "Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines, comme son ordre de diffuser par les moyens de l'épée la foi qu'il professait", avait-il déclaré, citant une controverse de la fin du Moyen Âge et provoquant une vague de violence anti-chrétienne dans le monde.
En septembre dernier, au cours de sa visite en France, le pape avait lancé à Lourdes un appel aux vocations religieuses, rappelé aux évêques les dogmes contre la "permissivité morale" et leur avait suggéré une ouverture vers les traditionalistes.
Benoît XVI, lorsqu'il n'était encore que le cardinal Josef Ratzinger, était apparu au Concile Vatican II comme un théologien libéral. Il a ensuite évolué vers des thèses très conservatrices, au point de s'être vu affublé par ses détracteurs du sobriquet de "Panzerkardinal".
Je me sens décidément de moins en moins catholique.

mardi 6 janvier 2009

Benoît XVI contre la théorie du genre ...

C'est par une critique de la théorie du "genre" que Benoît XVI a abordé le sujet lundi devant un parterre de cardinaux et de prélats réunis au Vatican pour son traditionnel discours de fin d'année. "L'ordre de la création" est remis en cause par "ce que l'on désigne communément par le terme 'gender'", a-t-il déploré.
Le pape Benoît XVI a plaidé lundi pour "une écologie de l'Homme" fondée sur le respect de la distinction entre hommes et femmes, prenant avec vigueur le contre-pied de la théorie du "genre" qui risque selon lui de conduire le genre humain à "l'autodestruction".
La théorie du genre, qui a pris naissance aux Etats-Unis dans les années 1970, avant de gagner les sciences sociales en Europe, établit une distinction entre l'appartenance sexuelle et le rôle assigné par la société aux individus selon leur sexe, ainsi qu'entre l'identité biologique et la façon dont elle est vécue par chacun.
Les mouvements LGBT et queer ont été le vecteur de diffusion de cette théorie vivement combattue par l'Eglise catholique.
Le pape a dénoncé "ce que l'on désigne communément par le terme 'gender' qui se traduit en définitive par l'émancipation de l'homme de la création et de son créateur".
Il a souligné que lorsque l'Eglise catholique prend la défense de la Création, oeuvre de Dieu, "elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air (...) mais aussi protéger l'homme contre sa propre destruction".
Benoît XVI a consacré à ce thème un large passage de son traditionnel discours de fin d'année devant la Curie, le gouvernement de l'Eglise catholique rassemblée au Vatican pour entendre le bilan qu'il a tiré de l'année 2008.

Cette théorie du genre est dénoncée de longue date par les évêques américains et les commissions spécialisées du Vatican, mais c'est la première fois que Benoît XVI en parle explicitement.
Alors que la préoccupation écologique se généralise à travers le monde, le pape a souligné que "si les forêts tropicales méritent notre protection, l'homme (...) ne la mérite pas moins", a-t-il résumé avant de plaider une fois de plus pour le mariage, "lien de toute la vie entre un homme et une femme"..
"Une écologie de l'homme, justement comprise, est nécessaire", a-t-il estimé, ajoutant que "parler de la nature de l'être humain comme homme et femme et demander que cet ordre de la création soit respecté ne relève pas d'une métaphysique dépassée".
"L'homme veut se faire seul et disposer seul de ce qui le concerne, mais en agissant ainsi il vit contre la vérité, il vit contre son créateur", a-t-il déclaré.
Le pape Benoît XVI a heurté de front les homosexuels avec un discours de fin d'année présentant la confusion des sexes comme une menace aussi grave pour la survie de l'humanité que les changements climatiques.
La nouvelle charge du pape contre ce qu'il présente comme une négation de la sacro-sainte "loi naturelle" a suscité de vives critiques parmi les associations et personnalités homosexuelles, en Italie comme à l'étranger.
Elle a été d'autant plus mal perçue qu'elle intervenait juste après le refus par le Vatican de s'associer à l'appel à la dépénalisation universelle de l'homosexualité lancé le 18 décembre de l'ONU par 66 pays.

"Il s'agit de la énième attaque homophobe de ce pape", a déclaré à l'AFP Gustav Hofer, co-réalisateur du documentaire "Soudain l'hiver dernier" sur la vie d'un couple homosexuel en Italie.
"Le Vatican parle de l'homosexualité ou de la transsexualité comme si c'était un caprice, jamais une souffrance", dénonce-t-il, ajoutant que l'Eglise catholique "réduit l'orientation sexuelle à l'acte sexuel, comme si cela n'avait rien à voir avec l'identité de la personne".
"Nous sommes des gens comme les autres et n'avons pas à être désignés comme des pêcheurs du seul fait d'être transgenre", a estimé Vladimir Luxuria, transsexuel et ancien député communiste.
En Grande-Bretagne, Sharon Ferguson, directrice générale du Mouvement chrétien gay et lesbien, a qualifié les propos du pape de "totalement irresponsables et inacceptables sur le fond comme sur la forme".
"Le pape propage la crainte que les homosexuels menacent la planète. C'est tout simplement aberrant", a estimé Giles Fraser, président d'Inclusive church, un mouvement anglican pro-homosexuel.
"Ces commentaires trahissent un manque d'ouverture face à la complexité de la création", selon l'ancien religieux dominicain Mark Dowd, homosexuel et militant pour le groupe écologique chrétien Operation Noah.