dimanche 28 mars 2010
lundi 22 février 2010
dimanche 21 février 2010
Christian Boltanski et les monstrueux vêtements de la mémoire
Pour sa 3e édition, Monumenta a invité l'un des plus grands artistes français : Christian Boltanski. L'installation inédite créée par ce narrateur et chroniqueur de la mémoire personnelle des hommes est conçue comme une expérience frappante, à la fois physique et psychologique, un moment d'émotion spectaculaire qui questionne la nature et le sens de l'humanité. Œuvre visuelle mais aussi sonore, elle aborde un thème nouveau pour l'artiste qui poursuit sa réflexion sur les limites de l'humanité et la dimension essentielle du souvenir : la question du destin et de l'inéluctabilité de la mort. Sous la nef du Grand Palais, Christian Boltanski installe sur l'immense surface du sol des vêtements récupérés. Ils sont alignés presque à perte de vue en carrés, des luminaires en néon sont suspendus à des traverses verticales, il me semble voir l'image des baraquements, quelque chose de l'organisation industrielle de l'extermination. Au centre, une montagne de vêtements. Une grue soulève au sommet quelques vêtements qu'elle laisse retomber. Des battements de cœur résonnent.
De l'œuvre de Christian Boltanski au Grand Palais, la presse, la télévision, la radio par ce qu'elle en raconte, nous inondent d'images, de descriptions, d'entretiens pour inciter à aller la voir, à la trouver "remarquable", "exceptionnelle". En cette fin de programmation (elle se termine aujourd'hui même, 21 février), je n'ai pour le moment lu ou entendu aucune réserve.
Il manque quelque chose, il manque beaucoup, à cette œuvre puisque Boltanski a voulu que l'exposition fasse œuvre. La part des objets est si importante, monstrueuse par sa dimension spatiale, qu'elle semble vouloir s'installer seule justement et obstruer tout sens à donner de la part de l'artiste, tout sens à recevoir pour le spectateur.Or des objets à voir, ce furent déjà des montagnes de vêtements, des montagnes d'effets quotidiens qu'on voyait sur les photos, et qui remplaçaient les cadavres et faisaient un blanc sur le crime, sur la représentation du Mal, sur la signification du Mal.
Les images d'Auschwitz ont fait effroi parce qu'elles montrent l'impensable. Les dupliquer, ou du moins s'appuyer sur ce qu'elles ont laissé dans nos mémoires comme trace inamovible – inamovible parce qu'elles ne peuvent bouger, signifier en nous – reproduit le même effroi.
D'une œuvre, j'attends qu'elle me propose une appropriation d'un sens singulier, ou une expression d'émotions singulières qui me permettent d'exister comme individu pensant et humain.J'éprouve un profond malaise à être en face de tous ces objets, qui font référence à ce qui est ma mémoire, ce qui est dans nos mémoires, sans que je reçoive une pensée, une émotion qui nourrissent les miennes.
Christian Boltanski a toujours dit qu'il travaillait hanté par la Shoah, pour des raisons autobiographiques dont il s'est expliqué, je pourrais ajouter pour des raisons qui nous concernent tous.
Il ajoute qu'à travers cette œuvre, c'est à la mort, à notre condition de mortel, au hasard des destins qu'il peut faire allusion, à la mort et à la vie avec les battements de cœur. Que ces vêtements peuvent aussi ramener à la catastrophe récente de Haïti ou aux images du tsunami de 2004. Cet éparpillement de références me laisse dubitative, je ne vois pas de rapprochement entre ces images de catastrophes naturelles et un alignement de vêtements ni une montagne de vêtements.
Je vois encore là une duplication du réel pour faire œuvre, et une duplication qui évacue une possibilité d'élaborer un sens et me ramène à l'effroi devant un réel impensable, que je ne peux m'approprier et qui me fige.
Je me sens prise en otage devant cette duplication.
C'est comme si j'y participais, moi aussi. Que j'entrais moi aussi comme un objet dans cette duplication. Il me vide de tout sens, me fait miroir d'un réel dont en plus l'horreur dans l'Histoire semble être gommée. Je n'aime pas cet hommage aux disparus de la Shoah.
J'espère avoir démystifier cet énième chantage à l'émotion contrefaite. J'aime l'art contemporain, mais à force, j'en suis (à cause de son marketing effréné) irréversiblement dégouté, sans envie, sans perspective : il commence à me raser déjà avant de le voir, au plus haut point.
Arrêtons le tout marketing !
mercredi 27 janvier 2010
La nouvelle condition humaine d'après Auschwitz
"La Seconde Guerre mondiale a bouleversé de fond en comble non seulement la carte de la planète, mais ses mœurs et ses mentalités. Son coût a été monstrueux et il pèse encore de façon sensible sur les destins individuels et collectifs : des dizaines de millions de morts, de blessés, d'endeuillés, de transplantés.Reprenant ici très fidèlement une réflexion orale amorcée un jour par Émile Touati, on peut se demander si, soixante-cinq ans après, le monde actuel est meilleur, plus civilisé ou simplement plus lucide que celui de l'avant-guerre. Du double programme de la moralité active : combattre le mal et faire le bien, on n'a réalisé (et encore très partiellement et très imparfaitement) que la première partie. Le nazisme, expression du mal absolu, a heureusement été vaincu, mais non éradiqué. Cependant, les grandes illusions de 1945 ont été rapidement déçues. La création de l'ONU, du Fonds monétaire international, les accords de Bretton Woods faisaient espérer un nouvel ordre international, politique, économique et financier, tandis que les promoteurs du Welfare State promettaient une société plus juste, débarrassée du spectre du chômage. À cet égard, force est d'enregistrer un bilan de faillite quasi général. Les conflits nationalistes, idéologiques, ethniques ou tribaux sévissent un peu partout et ne sont pas résolus. Le terrorisme international, cancer de notre époque, constitue pour certains une « contre- société » potentielle dans laquelle la mort - ou le retour au néant paradisiaque - représente le seul refuge contre le mal. Quant à l'économie mondiale, elle semble vouée aux déséquilibres, aux crises, aux spéculations sans frein et à l'élimination des plus faibles. Mais ce que nous retenons avant tout de la Seconde Guerre mondiale, c'est la Shoah dans sa singularité absolue. Laissons aux philosophes ou aux théologiens, s'ils en sont capables, ou s'ils l'osent, la tâche de rechercher les significations de la Shoah. Nous nous contenterons d'en tirer certains enseignements, en quelque sorte expérimentaux. L'un de ces enseignements a été formulé il y a vingt-six siècles par le prophète Jérémie (1) quand il a proclamé : « Que l'intelligent ne se glorifie pas de son intelligence, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse, et que le courageux ne se glorifie pas de son courage » .
La mise en garde du verset vaut pour l'individu comme pour les sociétés. Il s'est malheureusement avéré que les sciences et les cultures, en tant que telles, ne pouvaient nous prémunir contre la barbarie malgré la confiance et l'espoir que nous avions pu mettre en la civilisation. Si elles ne sont pas armées moralement, les civilisations industrielles, aux technologies et aux systèmes les plus sophistiqués, peuvent se conduire de façon plus atroce que les primitifs les plus féroces ou que les fanatiques les plus aveugles.
Nous vivons à l'ère des ingénieurs - une ère plus préoccupée par le souci d'innover que de comprendre l'événement. C'est une époque de transformation radicale, réfractaire, comme souvent en pareil cas, à l'histoire. À cet égard, ce que l'humanité doit aussi comprendre d'Auschwitz, c'est qu'elle doit adopter une position de plus grande réserve face à la civilisation performante et triomphante qui nous a trahis hier. Une position d'homme face au monde, faite sinon de méfiance, au moins de discernement et d'une adhésion mesurée aux réussites, aux ors brillants et aux leurres de toutes sortes. Notre époque est aussi celle du dénombrement, des statistiques, de la réduction du divers au semblable - ce qui aboutit aux amalgames et à la confusion. La parole de Jérémie est, elle, le cri de l'individu singulier en sa souffrance à nulle autre pareille, opposable à jamais à toutes les tentatives idéologiques de compensation ou de comparaison des souffrances, à ces comptabilités démentes qui voudraient que des victimes rachètent ou effacent d'autres victimes, ou qu'elles soient en compétition les unes avec les autres.
S'il veut mesurer la nouvelle condition humaine d'après Auschwitz, l'homme doit se rendre compte qu'il peut exister pire que l'esclavage, pire même que le délire meurtrier. Des personnes tout à fait « normales », à visages et à intelligences humains, peuvent être amenées par esprit hiérarchique ou gestionnaire à agir plus sauvagement que la plus folle des bêtes fauves.
Il a été possible, et il est toujours possible - c'est même devenu techniquement encore plus simple - de planifier froidement et d'organiser méthodiquement l'assassinat de millions d'hommes, de femmes et d'enfants pour rien, sans aucun intérêt matériel, sans raison stratégique, militaire ou économique, par haine pure et gratuite. Au moins, à l'époque obscure de l'esclavage, des butins et des rançons, le cheptel humain avait-il une valeur d'usage ou d'échange. Des millions de Dreyfus, avec ou sans grade, ont été assassinés, sans procès et sans guère de protestation, comme on tue des microbes ou des moustiques… et incinérés comme des ordures. Faudrait-il les oublier ?
Dans la Bible et la tradition rabbinique, Amalec, descendant d'Ésaü, le mauvais frère, est le premier peuple qui combattit les Hébreux sortis d'Égypte. Il l'attaqua par-derrière en s'en prenant aux plus faibles ; il ne craignit pas de perdre la vie pour chercher si possible à l'anéantir ou au moins à montrer sa vulnérabilité. C'est l'ennemi par excellence. « Souviens-toi d'Amalec… Efface la mémoire d'Amalec de dessous les cieux. N'oublie pas. » Par ces formules étonnantes (2), en apparence contradictoires, la Bible nous alerte et donne une leçon qui s'adresse à toutes les générations et à toute l'humanité. Seul le souvenir vigilant et actif permet de détruire à la racine les influences maléfiques d'Amalec. Le souvenir des horreurs du passé nous inspire dans le combat contre les horreurs d'aujourd'hui. À l'inverse, qui veut oublier le mal se condamne à le revivre."
(1) Jérémie, chapitre IX, verset 22
(2) Deutéronome, chapitre XXV, verset 17-19
mercredi 2 décembre 2009
dimanche 29 novembre 2009
dimanche 22 novembre 2009
samedi 14 novembre 2009
François Truffaut
Ah Truffaut ... j'ai passé (peut-être construit ...) mon adolescence avec ses films. Tous ces films sont à découvrir ou à re-découvrir, de l'expérimental (Fahrenheit 451, L'enfant sauvage) à l'expérimenté (La nuit américaine, Le dernier Métro).Sous son allure classique, l’œuvre est toute en violence secrète, d’une immense richesse, d’une rare intensité. Truffaut est un chercheur. Il chasse les poncifs, déjoue les pièges, obsédé par l’idée de se renouveler. L’important, c’est d’être sincère et de "vibrer". Il disait : " Je demande à un film d’exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l’angoisse de faire du cinéma et je me désintéresse de ce qui est entre les deux, c’est-à-dire les films qui ne vibrent pas."
Même quand il adapte un roman policier, il le teinte de mélancolie, l’entraîne vers l’amour fou ("La Sirène du Mississipi", "La mariée était en noir") ou la comédie malicieuse ("Vivement dimanche !").La limpidité de son style se retrouve intacte dans ses livres ou ses interviews, qui sont un bonheur de lecture. Sa passion pour Alfred Hitchcock a d’ailleurs donné l’un des plus beaux livres d’entretiens jamais écrits sur la mise en scène.
On dit que Citizen Kane, d’Orson Welles, est (avec "La Règle du jeu" de Jean Renoir) le film qui a suscité le plus de vocations de cinéastes. À ces deux chefs-d’œuvre, il faudrait aujourd’hui ajouter l’œuvre entière de François Truffaut, l’une des plus appréciées et des plus analysées à travers le monde .
" Il parle légèrement de choses graves ", disait Jeanne Moreau. Pour Carole Le Berre, " son cinéma ne cesse de jouer du décalage entre une apparence anodine, le masque aimable du divertissement et la boule de sauvagerie qui le traverse et surgit par éclats. "
La cinéaste Noémie Lvovsky exprime la même idée : " Truffaut raconte des choses parfois très joyeuses, mais parfois effrayantes ou profondément troublantes. Mais sans le moindre effet coup de poing sur le spectateur. D’où cette sensation de douceur étrange en regardant ses films " (Cahiers du cinéma, n° 592).
Beaucoup plus qu'une passion, le cinéma était pour Truffaut quelque chose d'existentiel, de sacré, il l'avait pour ainsi dire sauvé, il se demandera souvent s'il est plus fort que la vie. Guidé par André Bazin, il est devenu critique, d'abord aux "Cahiers du cinéma", puis à "Arts".Avec ses complices, les mêmes Godard, Chabrol, Rohmer ou Rivette, il y invente la politique des auteurs.
Truffaut est un critique enthousiaste, hardant, polémique (le fameux article, "Une certaine tendance du cinéma français", où il fustige la léthargie et la médiocrité des cinéastes stars des années 50).
Son style est précis, concis, limpide, savant, sincère, et ses auteurs sont Renoir et Hitchcock d'abord (le fameux livre d'entretiens Hitchcock / Truffaut, une bible pour nombreux cinéphiles) , mais aussi Guitry, Hawks, Lubitsch, Rossellini, Bergman et plus largement le cinéma américain, qu'il admire aussi pour ses héros qui font rêver et donnent envie d'être adulte.Comme il n'était pas qu'un idéaliste, deux ans après "Les Mistons" (1957), un court-métrage champêtre et charmant, il passe de la théorie à la pratique avec un film qui fait l'effet d'une bombe, "Les quatre cents coups" (1959).
Le film marquera à jamais l'histoire du cinéma, il deviendra une légende, un symbole, une oeuvre matrice pour certains (partout aux quatre coins du monde il créera des vocations). Il tire son originalité de sa liberté de ton, son souffle, ce mélange entre l'autobiographie, le néoréalisme italien transposé à Paris, et un certain cinéma français des années trente, avec ses personnages pittoresques, ses dialogues colorés, ses digressions dramatiques qu'il emprunte à Renoir.
"Les quatre cents coups" a quelque chose de vivant, une sincérité omniprésente; et surtout il est porté par un jeune acteur inconnu mais sidérant, Jean-Pierre Léaud, dont Truffaut fera son double, son alter ego de cinéma. Les deux hommes noueront une amitié fusionnelle, unique. Ensemble, ils brouillent les frontières entre l'art et la vie, prolongeant l'histoire du jeune personnage des 400 coups, Antoine Doinel, dans le segment du film collectif "L'amour à vingt ans" (1962), puis "Baisers volés" (1968), "Domicile conjugal" (1972) et "L'amour en fuite" (1979). Une fausse autobiographie entre la chronique réaliste et fantasmatique où l'acteur grandit avec le cinéma tandis que l'auteur imagine un monde qui vit avec, ou ne peut pas vivre sans.
Mais si Truffaut apporta un vent de fraîcheur incommensurable avec "Les quatre cents coups" (Grand prix de la mise en scène à Cannes), si son film suivant, "Tirez sur le pianiste" (1960), adapté d'un roman noir de David Goodis, fit preuve d'un ton également novateur, très vite on dira qu'il s'installe dans le moule d'un certain cinéma traditionnel qu'il avait autrefois fustigé.Pourtant son œuvre est plutôt celle d'un subtil décalage : retrouver la fluidité et la transparence du classicisme à travers des narrations précises, évidentes, tout en la réinventant avec des récits découpés à coups d'ellipses et de répétitions, subtils cheminement et variations parfois obsessionnelles, proches de l'intrigue policière (qu'il admire), avec lesquels il joue pour mieux alterner entre l'intellect et l'émotion.
Truffaut cherchait un équilibre entre une approche réaliste et fantasmatique, c'était un homme de raison et de passion, sans cesse à mi-chemin entre l'ordre et le désordre. Il parlait d'une voix claire sur des sujets qui le touche, parfois avec un certain sens moral, responsable, presque pédagogue -l'enfance dans : "L'Enfant sauvage" (1970) et "L'Argent de poche" (1976)-, parfois en révélant une nature plus trouble, asociale, complexe, angoissée, sombre ("La Chambre verte", 1978 ; "La femme d'à côté", 1981), qui fera dire à Serge Daney qu'il y a un Truffaut-Jekyll et un Truffaut-Hyde, un peu comme son ami américain, Steven Spielberg, pour qui il tournera dans Rencontres du troisième type.Il était le cinéaste des passions amoureuses et sentimentales, souvent tragiques, parfois distanciées voire froides, avec "La peau douce" (1964), "Jules et Jim" (1962), "Les deux Anglaises et le continent" (1971), "La femme d'à côté" ; et des familles à réinventer pour répondre à celle qu'il n'a pas eu, du cinéma ("La Nuit américaine", 1973) au trio amoureux de "Jules et Jim", des "Deux Anglaises" ou du "Dernier métro" (1980).
Il était un amateur et collectionneur acharné de littérature, dont on retrouve naturellement la trace dans ses films :les romans d'Henri Pierre Roché dont il se sert pour "Jules et Jim" et "Les deux Anglaises" ; le journal d'Adèle Hugo pour é"L'histoire d'Adèle H" (1975) ;
les romans noir de William Irish dans "La Mariée était en noir" (1968) et "La sirène du Mississipi" (1969) ; ou encore, Ray Bradury dans "Fahrenheit 451" (1966), son seul film tourné à l'étranger (Angleterre) sur un sujet dont il ne pouvait qu'être sensible, la capacité subversive de la littérature qu'un régime totalitaire veut annihiler.
Le succès du "Dernier métro", en salles et aux Césars, l'avait intronisé malgré lui sauveur d'un cinéma français alors en pleine débâcle. Avec son "système", capable de faire tourner les plus grandes stars du moment dans des films de qualité (Depardieu, Deneuve, Fanny Ardant, Trintignant), il était l'auteur-producteur (Les films du Carosse) capable de séduire le public sans être renié par la critique. Sa mort soudaine, si jeune (il est mort des suites d'une tumeur au cerveau), suscita rapidement des conversions truffaldiennes qui ne tardèrent pas à être trahies, reniées, une fois l'émoi et l'hystérie passée, avec lui une certaine idée de la cinéphilie romantique et romanesque venait de mourir.
Truffaut était devenu trop bourgeois, trop tiède, pas assez radical (l'inverse de Godard), parfois même suspect pour certains. Mais cette page ne sera pas retenue par l'histoire, comme ses succès, inégaux. Plus le temps passe et plus ses films acquièrent cette enveloppe, non de respectabilité institutionnelle, mais qu'ont les œuvres capables de se défaire du temps. Des films avec leur logique souterraine, intime, personnelle, et leur beauté et faiblesses. Si Truffaut a de moins en moins d'héritiers (sauf peut-être Desplechin qui aime s'en référer, ou Christophe Honoré, mais avec une nostalgie naïve, déboussolée, vintage), c'est peut-être justement parce que son cinéma fuyait sa propre conceptualisation. Son originalité était discrète, sa révolution presque pudique après un premier coup d'éclat. Il avait élu ses maîtres, mais n'avait pas vocation à les remplacer, plutôt à perpétuer leur art avec la plus grande honnêteté possible.
1962





Le vin rouge ...
mercredi 11 novembre 2009
"Erev Shel Shoshanim"
Erev shel shoshanim
Nitzeh na el habustan
Mor, besamim ulevana
L'raglech miftan.
Shachar homa yonah,
Roshech ma'ale t'lalim
Pich el haboker shoshana
Ektefenu li.
Laila yored le'at
Veru'ach shoshan noshvak,
Havah elchash lach shir balat
Zemer shel ahava.
Laila yored le'at
Veru'ach shoshan noshvak,
Havah elchash lach shir balat
Zemer shel ahava.
Un soir de roses
Descendons dans le jardin
Des parfums de myrrhe et d'encens
Embaumeront tes pieds
La nuit tombe lentement
Un vent de roses souffle
Je vais te murmurer un chant
Une chanson d'amour
A l'aube apparaît une colombe
Ta tête est auréolée de boucles
Ta bouche au matin
Cueille une rose
La nuit tombe doucement...
Chanson d'amour destinée aux petits. Dans la tradition, elle accueille les mariés sous la khoupa, qui rappelle les tentes des patriarches, toujours ouvertes pour les invités, et symbolise à la fois la demeure des époux et la voûte céleste. Le jardin dépeint évoque le jardin d'Eden. Il y souffle un vent parfumé, seul vestige du paradis perdu. On dit que lorsqu' Adam et Eve furent chassés du paradis, ils n'eurent le droit d'emporter que les parfums!
vendredi 23 octobre 2009
La baie des Trépassés














La baie des Trépassés est enserrée entre la pointe du Raz et la Pointe du Van, et se trouve sur les communes de Plogoff et de Cléden-Cap-Sizun (territoire du Cap Sizun). Son rivage forme une longue plage de sable reliant les deux pointes. La Baie des Trépassés est partie intégrante du Grand Site de France et à ce titre sa protection et sa gestion sont assurées par le Syndicat Mixte pour l'Aménagement et la Protection de la Pointe du Raz et du Cap Sizun.
L'origine de son nom est Bae an Anaon en Breton, et cette plage a triste réputation : une légende raconte qu'autrefois les cadavres des naufragés s'y échouaient fréquemment. Mais les courants s'opposent et cette plage doit son nom sinistre à une erreur de traduction : elle s'appelait à l'origine Bae an Avon, la baie de la rivière. Mais l'erreur contribue fortement à la légende.
L'une des hypothèses avancées est liée à l'histoire malheureuse de l'activité maritime de passage ou de pêche côtière dans les parages du Raz de Sein. La configuration des courants de marée et les vents dominants de secteur ouest repoussaient en effet les corps des marins naufragés sur la plage.
Une autre explication ferait revenir aux naufrageurs locaux l'origine de ce nom.
La baie, ouverte plein ouest face à l'Atlantique et recevant tout au long de l'année un vent assez fort, parfois violent assorti d'une grosse houle déferlante, constitue un spot de surf assez réputé dans toute la Bretagne.
"Rien ne saurait rendre l'impression d'infinie solitude, de veuvage, de néant, que donne, l'hiver, cette "baie des Âmes", boé an anaon, comme l'appellent les Bretons, en leur langue, d'un mot sourd et plaintif, emprunté, dirait-on, au vocabulaire de l'au-delà. La puissante lamentation de la mer, tantôt éclatait en sanglots, tantôt se traînait en longs gémissements ... "




















