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dimanche 17 mai 2009

Sur les avenues ...


...des deux plus grandes villes d'Espagne, Madrid et Barcelone, on ne respire pas que du gaz carbonique mais aussi des particules de cocaïne ...La cocaïne est la drogue dominante dans l'air de Madrid et de Barcelone, selon une étude dévoilée mercredi.

La pollution urbaine n'est pas une nouveauté en Espagne mais des scientifiques travaillant pour le gouvernement ont annoncé jeudi la découverte d'au moins cinq drogues dans les atmosphères de Madrid et Barcelone. La cocaïne arrive bonne première mais on trouve aussi des traces d'amphétamines, de dérivés d'opium ou de cannabis, et d'un cousin du LSD. Pas de quoi s'alarmer, assurent les autorités ...

"On en a trouvée dans des particules de 29 à 850 picogrammes (1 millionième de millionième de gramme) par mètre cube d'air", assure le CSIC dans un communiqué. Les chercheurs précisent que ces mesures, prises pendant plusieurs jours, "révèlent une plus grande concentration des composants le week-end, ce qui suggère une hausse de la consommation pendant cette période", ajoutant que ces drogues en suspension ne sont pas dangereuses.

Il faut plus qu'un peu de coke dans les villes pour inquiéter le Conseil, dont Miren Lopez de Alda note que "même si nous vivions mille ans, nous ne consommerions pas l'équivalent d'une dose de cocaïne en respirant l'air".

Cette découverte, révélée par le Centre supérieur de recherches scientifiques (CSIC), a été possible grâce à la mise en place de la première méthode de détection de drogues dans l'air, conçue par des chercheurs espagnols qui vont publier leurs travaux dans la revue Analytical Chemistry. La cocaïne est la drogue dominante dans l'air de Madrid et de Barcelone, selon les résultats de leur étude.

En outre, insiste le Conseil, "en aucun cas ces niveaux ne doivent être considérés comme représentatifs de l'air de ces deux villes", car les deux stations se trouvent dans des quartiers propices à la consommation de drogue - tous deux près d'universités, dans la capitale comme à Barcelone. Les traces sont plus fortes pendant les week-ends.

En mai 2007, une étude en Italie avait également mis en lumière la présence de cocaïne et de cannabis dans l'air de Rome et de Taranto dans le sud de la Botte, à des niveaux jugés sans danger pour la santé.

Le ministère américain des Affaires étrangères considère l'Espagne comme le plus gros pays consommateur de cocaïne et de haschisch d'Europe. C'est aussi une plate-forme majeure du trafic de drogue d'Amérique centrale et d'Afrique.

mercredi 15 avril 2009

L’Allemagne élargit le cercle des anti-Monsanto

Décidément, le maïs transgénique de Monsanto MON810 n’est pas en odeur de sainteté. L’Allemagne a annoncé hier qu’elle suspendait sa culture, rejoignant ainsi six autres pays européens contre l’avis de la Commission européenne.

Lors d’une conférence de presse, la ministre de l’Agriculture allemande, Ilse Aigner, a justifié cette décision par la possibilité que cette semence puisse présenter des dangers pour l’environnement.
"Ce n’est pas une décision politique, a-t-elle argumenté. Elle a été prise dans l’intérêt de l’environnement […] nous avons mené une étude rigoureuse pour peser le pour et le contre." D’après la ministre, cette décision a été motivée par "de nouveaux éléments scientifiques", en l’occurrence "deux nouvelles études" qui avaient amené le Luxembourg à prendre une décision similaire fin mars. Ces études mettent en évidence des incidences de la culture du MON810 sur des organismes non-cibles, non étudiés jusque-là, à savoir les papillons et les coccinelles.

En 2007, l’Allemagne avait déjà suspendu la culture de ce maïs, mais au cours de l’été, après la mise en terre des semences. En 2008, 4 000 hectares ont été cultivés, et pour 2009 des cultures avaient été autorisées sur 3 700 ha, soit environ 0,2 % de la surface de maïs cultivée dans le pays. Qui ne seront donc pas plantés.

"La décision allemande est particulièrement significative, analyse Arnaud Apoteker, chargé de campagne OGM chez Greenpeace, car l’autorisation de cultiver ce maïs est en cours de réévaluation par Bruxelles." Le MON810 est le seul OGM cultivé dans l’UE. Il a été homologué en 1998, pour dix ans. Seule une décision de la Commission, soutenue par une majorité qualifiée d’Etats de l’UE, pourrait mettre fin à la décision allemande. Or, les ministres de l’Environnement ont déjà mis leur veto début mars à une proposition similaire de la Commission visant à contraindre l’Autriche et la Hongrie à revenir sur leurs clauses de sauvegarde. Ce vote avait redonné espoir à la France et la Grèce. En effet, leurs interdictions de cultiver le MON810 doivent être soumises au vote des pays de l’UE prochainement.
"L’ambiance actuelle laisse à penser qu’elles seront maintenues", estime Apoteker. Même si la Commission rechigne désormais à fixer une date, en tout cas avant les élections européennes. Pour éviter un autre camouflet ?

dimanche 22 février 2009

Bannir l'alcool pour prévenir le risque de cancer ...

Dis-moi ce que tu manges et je te dirai... si tu risques davantage d'avoir un cancer. Dans une brochure destinée aux professionnels de santé, et mise en ligne le 17 février, l'Institut national du cancer (INCa) et la direction générale de la santé dressent l'état des connaissances sur les liens entre nutrition et cancer, et listent les facteurs de risque et de protection. "Avec les mesures de prévention que nous présentons, nous pouvons sauver des milliers de vie chaque année", affirme le professeur Dominique Maraninchi, président de l'INCa.
Depuis 2004, malgré les progrès en matière de diagnostic et de traitement, les cancers sont devenus la cause la plus fréquente de décès en France : en 2005, 146 000 personnes sont mortes du fait d'un cancer et 320 000 nouveaux cas ont été identifiés. Parmi les différents facteurs pouvant intervenir dans la survenue d'un cancer, l'alimentation joue un rôle désormais bien établi, soit pour favoriser le risque, soit pour s'en protéger. Le succès du livre Anticancer, de David Servan-Schreiber, est là pour témoigner de l'intérêt du public pour ce sujet.

L'INCa s'est appuyé sur l'expertise du réseau NACRe (National Alimentation Cancer Recherche) et sur le rapport élaboré en 2007 par le Fonds mondial de recherche contre le cancer (FMRC) et l'Institut américain pour la recherche sur le cancer. S'inscrivant dans le cadre du Programme national nutrition-santé (PNNS), la brochure dresse l'inventaire des facteurs nutritionnels et des modes de vie sur lesquels il est possible d'agir, tant individuellement que collectivement.

Vive les fruits, les légumes et l'allaitement. La consommation quotidienne d'au moins 5 fruits et légumes variés (au minimum 400 g/jour, sans privilégier un aliment plutôt qu'un autre) et d'aliments riches en fibres diminuent le risque de cancer. Pour éliminer les résidus de pesticides, il faut laver et, éventuellement, peler les fruits et légumes. Pour prévenir le cancer, l'allaitement maternel (si possible exclusif jusqu'à 6 mois) bénéficient à la mère et à l'enfant.

Zéro alcool. L'INCa l'avait déjà formulé dans une expertise collective : il est impossible de définir un niveau de consommation d'alcool qui n'ait pas d'effet sur la santé (Le Monde du 7 janvier 2008). La brochure précise : "L'augmentation de risque est significative dès une consommation moyenne d'un verre par jour." D'où la recommandation : "La consommation d'alcool est déconseillée, quel que soit le type de boisson alcoolisée (vin, bière, spiritueux, etc.)." Il n'est plus question de tolérer deux verres par jour pour les femmes et trois pour les hommes.

Dans l'organisme, le métabolisme de l'éthanol donne des produits provoquant des mutations de l'ADN. "L'important est de ne pas consommer d'alcool, quel qu'il soit, tous les jours. La prévention peut néanmoins rester agréable et s'accommoder d'une consommation festive occasionnelle", précise le professeur Maraninchi.

Pas de kilos superflus. L'objectif est de maintenir un poids normal (indice de masse corporelle - IMC - compris entre 18,5 et 25 kg/m2). Afin de prévenir le surpoids et l'obésité, l'INCa nous recommande de pratiquer, au moins cinq jours par semaine, au moins trente minutes d'activité physique d'intensité modérée (marche rapide) ou trois jours par semaine d'activité d'intensité élevée (jogging), en limitant la sédentarité (ordinateur, télévision, etc.). Une augmentation de l'IMC de 5 points correspond à une hausse du risque de cancer allant de 8 % (sein) à 55 % (oesophage).

Limiter les viandes rouges et les charcuteries. "La consommation de viandes rouges et de charcuteries est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal", indique l'INCa. "Le risque de cancer colorectal est augmenté de 29 % par portion de 100 g de viandes rouges consommée par jour et de 21 % par portion de 50 g de charcuteries quotidienne."

Il convient donc de limiter à moins de 500 grammes par semaine la consommation de viandes rouges et de compléter l'apport de protéines en alternant viandes blanches, poissons, oeufs et légumineuses. De plus, mieux vaut limiter la consommation de charcuteries, en particulier celles très grasses ou très salées.

Attention au sel. "La consommation de sel et d'aliments salés augmente le risque de cancer de l'estomac", prévient l'INCa. En France la moyenne des apports journaliers en sel est estimée à 8,5 g/jour, sachant que deux tiers des hommes et un quart des femmes ont des apports dépassant 8 g/j. L'Organisation mondiale de la santé recommande de limiter à un maximum de 5 g/jour les apports quotidiens de sel.

Haro sur les compléments alimentaires à base de bêta-carotène. Présent dans de nombreux fruits et légumes (carottes, choux verts, épinards, abricots...), le bêta-carotène a des propriétés antioxydantes. Bien que les besoins nutritionnels soient facilement couverts par une alimentation "variée et équilibrée", de nombreux compléments alimentaires sont actuellement proposés. "A fortes doses (20 à 30 mg/jour), l'utilisation (de ces compléments) n'a pas d'effet protecteur sur le risque de divers cancers." A l'inverse, leur consommation à de telles doses par des personnes exposées à des cancérogènes comme le tabac "augmente significativement le risque de cancer du poumon".

Sur le Web : www.e-cancer.fr

lundi 9 février 2009

Le Cruiser et les abeilles… un Grenelle en trompe l’oeil ?


Le Cruiser, une préparation contenant du thiaméthoxam, un produit neurotoxique pour les insectes, vient d'être autorisé en France. Fabriqué par la société Syngenta, ce produit s'utilise sur les semences de maïs pour protéger la plante de certains insectes, les taupins et l'oscinie. La décision provoque la colère de l'Unaf (Union Nationale de l'Apiculture Française), qui souligne les faiblesses du dossier, les chiffres alarmants en provenance d'Italie, l'expérience du Gaucho et du Régent ainsi que le danger représenté aujourd'hui par le frelon d'Asie, qui cause des ravages dans les ruches.

Le Cruiser a d'abord été autorisé en Allemagne où sa dangerosité a été évaluée, et jugée très faible, à la suite de multiples expériences, dont des essais sur des abeilles, en plein champ et sous des tunnels (enceintes fermées). C'est le dossier des études allemandes qui a servi à l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) pour donner son avis, dans le cadre « d'une procédure de reconnaissance mutuelle », grâce à laquelle un produit approuvé par un pays de l'Union européenne peut l'être dans les autres Etats membres sans l'obligation de tests supplémentaires.

Au vu du texte de l'Afssa elle-même, on comprend les craintes des apiculteurs. Dans son premier avis, rendu en novembre 2007, l'agence reconnaît que ce produit est un danger pour les abeilles : « Au regard des données évaluées au niveau européen, le thiaméthoxam et le CGA 322704 [un sous-produit du thiaméthoxam après son hydrolyse, NDLR] sont très toxiques pour les abeilles. Le thiaméthoxam est systémique et peut migrer vers les pollens et nectars ». Mais un peu plus loin, on lit : « L’Allemagne conclut à un risque négligeable pour les abeilles en raison du mode d’application du produit en traitement de semence ».

Ce produit est donc à peu près mortel pour les abeilles en contact direct mais, appliqué sur les graines, comme son mode d'emploi l'indique, il risque peu de se propager dans les environs et de toucher les abeilles alentour.
Les apiculteurs français ne sont pas convaincus du tout. Le thiaméthoxam est un neurotoxique, agissant comme les principes actifs des très contestés Gaucho et Régent. Le monde apicole s'est battu contre ces deux produits, qui ont finalement été interdits. Depuis leur disparition, les populations d'abeilles qui avaient connu hivernales énormes, ont vu leurs effectifs repartir à la hausse. Le lien entre le retrait de ces deux insecticides et la meilleure santé des ruches n'a pas été scientifiquement établi mais le soupçon est suffisamment fort pour que les apiculteurs voient d'un mauvais œil l'essai d'unneurotoxique aux propriétés semblables.

Henri Clément, président de l'Unaf, affirme que ce produit a provoqué une hécatombe dans 40.000 ruches en Italie et que le thiaméthoxam a été retrouvé dans des abeilles mortes. Pour souligner les dangers du Cruiser, l'Unaf s'appuie également... sur les recommandations de l'Afssa, qui assortit son avis favorable d'un luxe de précautions. Le ministre de l'agriculture, Michel Banrier, a lui-même assuré que ces mesures préventives seraient suivies et que la décision était « surveillée et évaluée ».
L'autorisation ne vaut que pour le maïs et pour une année seulement, qui servira à s'assurer des effets de ce produit. Le maïs traité devra être planté avant le 15 mai, pour réduire la durée de la floraison. Un « plan poussières » sera mis en place pour mesurer la diffusion de la molécule autour des champs de céréale traitée. Dans son premier avis de novembre, l'Afssa préconisait d'éloigner les ruches d'au moins trois kilomètres des champs traités, une mesure jugée inutile un mois plus tard après de nouveaux éléments apportés par Syngenta.

L'Afssa maintient sa principale mise en garde : après une saison de culture de maïs traité, le champ ne devra pas être utilisé pour la production d'une plante pouvant être butinée par les abeilles (tournesol, colza, trèfle, luzerne. Maïs…). En effet, dixit l'Afssa : « Le métabolite majeur CGA 322704 peut être persistant et les résidus dans le sol peuvent être mobilisés par les cultures suivantes ».
Pour Henri Clément, ces précautions sont si nombreuses qu'elles démontrent en elles-mêmes le danger du Cruiser. L'Unaf estime que ce n'est pas le moment d'introduire une telle arme aux effets secondaires méconnus alors que les abeilles françaises subissent la menace d'un autre danger : l'énorme frelon d'Asie, Vespa velutina, semble-t-il arrivé en France en 2004 dans des poteries chinoises, qui attaque les ruches et provoque des ravages. Depuis 2005, sa présence s'étend dans tout le sud-ouest. Globalement, les populations d'insectes pollinisateurs sont plutôt mal en point dans le monde.



Le Cruiser n'est pas dangereux que pour les insectes. « Le produit est toxique pour les oiseaux, prévient l'Afssa dans son avis du mois de novembre. Pour cette raison, il faut s'assurer qu’aucune semence ne repose à découvert sur le sol. Avant de soulever le semoir, il faut l’arrêter à temps afin d’éviter des pertes de semences postérieures au levage ».
Bref, le Cruiser n'a rien d'un produit inoffensif. C'est un poison dont on ne peut qu'espérer que les dangers, réels et connus, soient minimisés par les précautions prises. Les apiculteurs, très remontés, préparent une manifestation à Paris le 21 février devant les ministères de l'agriculture et de l'écologie.

lundi 2 février 2009

A partir de jeudi ...

Les produits biologiques vendus en Europe pourront dorénavant contenir des résidus d'organismes génétiquement modifiés (OGM) sans étiquetage particulier, conformément à un nouveau règlement européen qui entre en vigueur ce jeudi.
Adopté en juin 2007 par les ministres européens de l'Agriculture, ce nouveau texte législatif autorise la présence "fortuite ou techniquement inévitable" d'OGM à hauteur de 0,9% dans les produits bio. Au-delà de ce seuil, ces aliments devront être étiquetés comme contenant des OGM. En deçà, aucune indication au consommateur n'est prévue.

Ce nouveau règlement, qui avait provoqué la controverse lors de son adoption, étend en réalité aux produits bio des dispositions européennes déjà en vigueur depuis 2004 pour l'ensemble des aliments issus de l'agriculture conventionnelle. Outre l'introduction de ce seuil controversé, le nouveau texte établit une série de règles fondamentales pour l'agriculture biologique en Europe.

Ainsi, seules les denrées alimentaires contenant au moins 95% d'ingrédients biologiques pourront porter le nouveau logo biologique européen, lequel sera obligatoire. Celui-ci aurait normalement dû faire son apparition ce 1er janvier en même temps que le nouveau règlement, mais son introduction a été reportée au 1er juillet prochain.
Les autorités européennes ont en effet été contraintes de redessiner le nouveau logo biologique européen. Le dessin initialement retenu ressemblait en effet trop fortement à celui utilisé par une chaîne de supermarchés allemands pour ses propres produits bio... Les logos biologiques nationaux déjà existants pourront perdurer, mais devront obligatoirement être accompagnés du logo communautaire.

Le texte prévoit également pour ces produits une indication du lieu de culture, et établit une nouveau régime d'importation imposant aux producteurs de pays tiers les mêmes conditions que les producteurs européens. En 2005, quelque 4% de la superficie agricole européenne était consacrée à l'agriculture biologique, mode de production qui refuse le recours aux engrais et pesticides chimiques, et a fortiori les OGM.
31/12/08 11h23