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samedi 12 juin 2010
L'Aston Martin de James Bond vendue aux enchères

Achetée à la fin du tournage du film "Opération tonnerre" pour 12.000 dollars (9800 euros), la DB5 conduite par Sean Connery pourrait atteindre plusieurs millions de livres sterling lors des enchères organisées le 27 octobre 10.
L'événement ne manquera pas d'attirer les fans. L'Aston Martin conduite par le plus célèbre des espions britanniques dans les films "Goldfinger" en 1964 et "Opération tonnerre" (Thunderball) en 1965 sera proposée aux enchères à Londres le 27 octobre prochain. Clou de l'évènement annuel "Automobiles of London" organisé conjointement par les maisons canadienne RM Auctions et britannique Sotheby's, la DB5 pilotée par Sean Connery - alias James Bond 007-, est un modèle suréquipé.
Elle dispose en effet de tous les gadgets inventés par "Q", le célèbre savant responsable du bureau de recherche et développement du MI6 dans la série. L'acquéreur pourra donc profiter de la mitrailleuse -qui ne tire plus de balles pour des raisons de sécurité- des plaques d'immatriculation pivotantes, d'épandeurs de clous, d'huile, de fumée, d'un toit ouvrant et autre bouclier parre-balles… La voiture qui a subi un contrôle technique minutieux après plusieurs années sans rouler, peut atteindre la vitesse de 230 km/heure grâce à ses 282 chevaux.
Loué par Aston Martin à la société de production EON Productions durant les tournages, le bolide avait ensuite été racheté par l'animateur de radio américain Jerry Lee. Il avait alors déboursé 12.000 dollars - soit environ 9800 euros pour acquérir la DB5 et les fameuses plaques d'immatriculation "FMP 7B" internationalement connues.
La somme devrait être très largement dépassée lors des enchères d'octobre, dont le produit ira à l'organisation caritative de l'actuel propriétaire qui œuvre contre la précarité et la criminalité. RM Auctions pense que les enchères devraient dépasser les 3,5 millions de livres (4,2 millions d'euros). Christian Huet, expert en voiture de collection de l'Alliance nationale des experts en automobile juge l'estimation très élevée. De telles sommes ne sont selon lui atteinte que lors de ventes de voiture de course, et lorsque des musées sont acheteurs. Récemment une Bugatti Atlantic a ainsi été acquise pour plus de 20 millions d'euros.
"Une Aston Martin DB5 est estimée généralement aux alentours de 200.000 euros. Cette version accessoirisée pourrait atteindre au moins le double, voire 450.000 à 500.000 euros", estime l'expert. Un prix qu'il pense justifié, et auquel l'ancienne voiture de James Bond pourra être ultérieurement revendue. "Le fait qu'elle soit cédée au profit d'une association pourrait également faire grimper son prix", admet aussi Christian Huet.

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samedi 6 mars 2010
Les "César" ...
La 35ème cérémonie des César s'est déroulée la semaine dernière et comme chaque année, je me suis retrouvé vissé devant ma télévision samedi soir ...Je me souviens de l'élégance de ces soirées où nous pouvions admirer la classe de Jean Gabin, Michèle Morgan, Philippe Noiret, Catherine Deneuve, Simone Signoret ou Romy Schneider ...
Je sais bien que la plupart de ces acteurs et actrices sont morts (ou quasiment !!!) mais, avec eux c'est aussi une certaine idée du cinéma français qui a disparu. Ce n'est pas récent, cela s'est fait progressivement ...
Avec les "Oscars", les Américains nous montrent qu'ils ont le sens de la cérémonie, que c'est vraiment quelque chose qu'ils favent faire ...
Chez nous on le sait, assurer la présentation des César est une mission quasi impossible. Dès le début de la soirée, on a bien vu que le duo formé par Valérie Lemercier-Gad Elmaleh mettait toute son énergie à essayer d'amuser la galerie. Je n'ai pas l'impression qu'ils y soient vraiment parvenus. Un peu ringard, un peu vulgaire, certaines fois un peu lourd, souvent inoffensif, sans couleur : le duo n'a jamais convaincu et l'ensemble rappelait les cérémonies d'il y a 10 ans. Il est loin le délire des cérémonies boostées par Chabat ou même les précédentes performances de Valérie Lemercier. Le fil rouge du couple n'a jamais pris - jamais fait rire - et tombait sur le show comme un cheveu sur la soupe...
On retiendra tout de même le sketch de Gad Elmaleh et Vanessa Paradis (à qui on ne donne pas d'enveloppe parce que de toute façon, elle se plante - une référence à sa bourde des deux Judith de la cérémonie de 1991) ou encore le petit Nikamouk, parodie amusante du Petit Nicolas . Mais en 2 heures et demi de cérémonie, c'est peu ! Et du coup, c'était très long.
Avec 13 nominations, "Un Prophète" de Jacques Audiard partait grand favori de cette 35ème cérémonie des César. On pensait que le film d'Audiard ferait un carton, il a fait mieux : une véritable razzia. Le cinéaste et son équipe sont donc repartis avec neuf statuettes :
Meilleur espoir, meilleur décor, meilleur montage, meilleur scénario, meilleur second rôle, meilleur réalisateur, meilleur film, meilleure photo et meilleur acteur. Peut-être pas un record, mais en tout cas, un très beau palmarès. Et en dehors du talent du réalisateur une nouvelle fois récompensé (après avoir triomphé en 2006 avec "De battre mon coeur s'est arrêté"), les César ont surtout voulu saluer ce soir la performance hallucinante de Tahar Rahim sacré meilleur espoir et meilleur acteur. Un doublé historique !
Du coup, devant un tel blitzkrieg, il n'y a pratiquement plus rien à dire de ce palmarès : l'absence de "Welcome" (10 nominations, mais pas un César) peut paraître étonnante.
Attal, une nouvelle fois oublié ... Un César aurait pourtant couronné sa sacrée performance dans "Le rapt" et l'aurait ancré définitivement dans la cour des acteurs français qui comptent ...
Que seraient ces remises de prix sans larmes, sans voix qui tremblent ou sans bourdes ? La cuvée 2010 a donc eu droit à son lot d'émotions. On retiendra la poésie et la douceur de Marion Cotillard maîtresse de cérémonie, le beau discours de Mélanie Thierry sacrée meilleur espoir féminin, l'émotion vive d' Isabelle Adjani , la folie de Tahar Rahim lorsqu'il reçut son deuxième prix de la soirée ou la classe de Luchini (voir la très grande classe, car il fallait pouvoir intervenir entre deux crétinerie de Lemercier et Elmaleh) venu rendre hommage à Rohmer.
Il y eut aussi l'apparition quasi extra terrestre de Jeanne Balibar. D'un coup, on ne savait plus où on était, ni ce qu'il fallait penser de ce chant... plus qu'étrange ? envoûtant ? nul ? porcin ? Mais que s'est-il donc passé ? Quelles marque de vitamines a pû prendre Balibar pour venir faire "ça" ? Ca ? Pendant de très longues minutes, Jeanne Balibar a pris la salle en otage pour faire la truie et "chanter" des paroles inaudibles ou incompréhensibles. On ne savait plus s'il fallait en rire ou en pleurer... comme la salle d'ailleurs, un peu gênée !
Dans le registre de la folie, mais vestimentaire cette fois, mention spéciale à la robe transparente Yves Saint Laurent de Laetitia Casta qui mit la salle en émoi.
Pour finir et même si comme pour Attal, j'ai été très déçu qu'une nouvelle fois soit oublié Kristin Scott-Thomas, Adjani fut à la hauteur de son mythe ! impériale ! Deneuve n'est pas capable et ne sera jamais capable de faire cela sur scène et c'est tant mieux (!) : Césarisée pour la cinquième fois (un record), Adjani effectuait son vrai come-back ce soir. C'est ce qui donnait à son discours une émotion particulière, une couleur déchirante. Mais l'actrice reste pourtant une vraie warrior. En salle de presse elle a ainsi confiée être suprise par ce César "inattendu et extraordinaire qui couronne ma conviction". Elle s'est aussi expliquée sur les dédicaces : "j'ai dédié mon césar aux enseignants, car c'est un sacerdoce, un sacrifice. J'ai été très ému par les témoignages des profs et je voulais leur rendre hommage. Quant à ma mère, j'en avais besoin, car c'est un film qui témoigne de ce qu'on a à faire pour nos enfants.". Emue certes, mais battante !
Je suis certain que l'année prochaine ... je serai de nouveau devant mon petit écran !!!
lundi 22 février 2010
mercredi 27 janvier 2010
lundi 11 janvier 2010
"Persécution" de Patrice Chéreau
Je vais obligatoirement voir les films de Téchiné, d'Almodovar, d'Honoré, de Deneuve, etc ... mais aussi de Chéreau, surtout connu pour "l'homme Blessé" et "La Reine Margot".Alors que j'étais jeune (!) j'avais été assez troublé par son interprétation de Camille Desmoulins dans "Danton" de Wajda. J'ai toujours été touché par ses interprétations ("Adieu Bonaparte" de Youssef Chahine) et par la puissance de ces scénarios et réalisations, avec entre autre "Mon frère", "Ceux m'aiment prendront le train", "Hôtel de France", "Intimité" et "Gabrielle" ! Je suis donc allé voir "Persécution" dans une petite salle de Rennes car n'oublions pas que "Avatar" est sorti !
Soyons clair, lorsqu'on va voir un Chéreau, on sait d'avance que ce ne sera pas une comédie ... et donc, on ne sort pas de ce film indemne, où alors on est passé complétement à côté.
En soit, ce n'est pas un film d'amour, mais un film contemporain sur l'amour. Une exploration percutante du sentiment amoureux avec des acteurs au sommet, qui servent le texte magnifiquement. C'est une histoire un peu éternelle des gens qui ne savent pas comment faire pour s’aimer tranquillement, et c’est plutôt bien raconté !On y voit beaucoup Paris, froide, violente, trépidante, agressive même quand on ne s’y attend pas, au détour d’un éclat de rire ou d’un verre au Progrès
Romain Duris est beau et hyper poilu (je sais c'est nul, mais moi, j'aime les poils !!!), Charlotte Gainsbourg a une classe phénoménale, et Jean-Hugues Anglade (qu'on revoit enfin) touchant par tant de folie : "Ils" sont les personnages. C'est bien du cinéma animal, pas du théâtre. Comment se donner a soi et se donner aux autres? Où est la folie et le bon sens, la mauvaise foi et la passion? on est plus proche de Montaigne que de Jane Austen. C'est super fluide, on est prit par chacun des mouvements du film, qui monte crescendo en évènement .
Vous l'aurez compris, j'ai "super bien aimé" le film !
Synopsis :"Pour ses amis, Daniel est un garçon qui va bien et qui s'en tire toujours.
De tout. Des luttes pour assurer l'ordinaire, des situations périlleuses qui demandent réflexe et sang-froid. Pour cela, il a un talent que d'autres lui envient.
Tant mieux, car depuis quelque temps il lui faut beaucoup de fermeté pour faire face à un type qui le harcèle, un type sorti de nulle part, et qui a l'air de penser que Daniel est un don du ciel et l'homme de sa vie. Le harceler : c'est à dire marcher derrière lui dans la rue, savoir tout de ses horaires, pénétrer sur les chantiers de Daniel. Daniel fait des travaux pour un copain, un appartement qu'il remet en état et il pense qu'il y est seul. Mais dès le début, ils y sont deux.
Daniel travaille, régulièrement, toujours dans des endroits différents, sans chef, ça lui permet de vivre, sans entrave et libre. Il arrête quand il veut, il reprend quand il veut, parfois c'est dur, mais il ne se plaint pas.
Sur ce plan-là, du moins. Daniel s'enflamme pour Sonia, qu'il aime depuis trois ans. Et qui l'aime aussi. C'est ce qu'il parvient difficilement à se dire à certains moments de la journée ...Sonia lui donne peu de raisons de s'inquiéter, de douter, il y a bien des problèmes d'emploi du temps, mais rien d'outrageant, il y a sa fatigue parce que la société qui l'emploie lui confie toujours plus de choses, mais soudain, quand elle est là, certains jours, en quelques secondes, toute certitude est balayée : l'inquiétude de Daniel reprend le dessus, sa colère, celle qui le pousse à être injuste, à persécuter, à prendre ce visage hostile et détestable, à revenir et revenir encore sur des points sur lesquels ils sont d'accord et depuis longtemps. La douleur qui envahit tout. C'est peut-être ce que Sonia a vu tout de suite et ce qu'elle a aimé. Mais c'est ce qui maintenant dresse un mur infranchissable entre eux."
dimanche 3 janvier 2010
"The April Fools"
Film de Stuart Rosenberg réalisé en 1968.
Synopsis : L'histoire est celle d'une rencontre qui bouleverse la vie de deux êtres ... Catherine (Catherine Deneuve !) est l'épouse d'un des co-directeurs d'un trust très puissant, qui a Howard (Jack Lemmon) sous ses ordres. Elle s'ennuie à mourir avec mon mari. L'ennui, cela s'apprend comme un art ... A peine Howard et Catherine ont échangé de banales paroles de sympathie lors d'un cocktail, qu'une série d'événements s'abat sur lui. Nommé chef de service, ce modeste employé brûle les étapes. Il grimpe si vite et si haut ... qu'il prend sa promotion pour une invraisemblable aventure. Le roman d'amour naît de cette nuance : Catherine le persuade de croire à "l'incroyable" dans un New York au mois d'août, que le nouveau "couple" découvre en liberté, où la caméra les suit, amoureux parmi tant d'autres.
Catherine décide de quitter ce monde artificiel, où l'argent gâte tout, où le sophistiqué se donne des allures de bon goût, pour suivre Howard las de l'enfer matrimonial et de l'affreux esclavage auquel il s'est condamné. Catherine et Howard s'envolent donc ensemble vers Paris. Vers une nouvelle vie, loin du monde frelaté et extravagant, loin d'une femme qui exploite, d'un fils qui ignore, d'un chien qui mord...J'ai découvert ce film à Londres en 85 lorsque j'étais en vacances scolaires. Je n'ai évidemment pas tout compris (!) mais je sais qu'à l'époque, j'ai trouvé ce film très léger et assez poétique.
Deneuve a 26 ans et y est très belle. New York est magnifiquement tourné.
C'est un des films qui a fait connaître Deneuve aux Etats-Unis. Suite à cela, elle tournera pour le marché américain, la publicité "Chanel" qui finira d'asseoir son statut de star là bas.
vendredi 4 décembre 2009
"Kes" de Ken Loach
synopsis :Dans un village du Yorkshire, Billy, 15 ans, vit entre sa mère, Mme Casper, désireuse de retrouver un mari, et Jud, son demi-frère bâtard et joueur de courses. Billy, élève rêveur, lecteur de bandes dessinées, voleur et solitaire, découvre un jeune faucon dans un nid. Intéressé par cet oiseau sauvage, il vole un livre sur la fauconnerie dans une librairie et entreprend d'apprivoiser et de dresser l'animal. Farthing, un de ses professeurs, découvre la passion de son élève et admire la complicité qui unit Billy à Kes, son faucon.
Il est le seul enseignant complice de Billy, persécuté par le professeur de sport et le proviseur de l'établissement. Ayant gardé l'argent que Jud lui a donné pour jouer aux courses, le jeune garçon s'en sert pour s'acheter des frites et de la nourriture à son oiseau, après qu'un homme rencontré dans l'officine du preneur de pari lui a dit que les chevaux choisis par son frère n'avaient aucune chance. Furieux, Jud, dont les chevaux élus sont arrivés gagnants, vient chercher son frère à l'école mais Billy lui échappe en se cachant.Après un court entretien avec un conseiller d'orientation du Bureau de placement, le garçon court vers la cabane où vit son rapace. L'oiseau n'est plus là. Il le cherche en vain. Arrivé à la maison, Jud et sa mère reprochent à Billy de ne pas avoir parié. Par vengeance, ...
En 1969, pour son deuxième film, Ken Loach s’affirme déjà comme le grand cinéaste social qu’il allait devenir. “Kes” est un film pleinement aboutit …Ce qui constitue la richesse de "Kes", c’est cette notion d’apprentissage qui est déclinée tout le long de l’intrigue sous plusieurs niveaux de lecture. Billy, le jeune héros du film est un garçon d’une douzaine d’années, un peu sauvage, peu doué pour l’école et qui vit avec une mère absente et un demi-frère qui le malmène. Il est la tête de turc de ses camarades, plus forts que lui qui est petit et frêle, ainsi que le bouc-émissaire de ses professeurs.
Billy trouve la paix et la clé de son épanouis -sement person- nel en se prenant d’intérêt pour un faucon qu’il nomme Kes. Il se met en quête de le dresser. “Un faucon ne s’apprivoise pas” dit-il, “Il se dirige”. C’est effectivement cette idée qui nourrit le film dont il est évident que la relation qu’entretien le garçon l’oiseau est une métaphore parfaite de ce qui se passe par ailleurs autour de lui. Le faucon n’est pas le seul animal sauvage que l’on met en cage et à qui on souhaite enseigner quelques notions. Billy, comme ses camarades, sont des garçons issus de milieux sociaux et qui se retrouvent comme emprisonnés par un système éducatif rigoriste qui le leur apprend rien sinon la soumission face à la discipline, face à la menace.
"Kes" est un film dur pour son héros, lequel n’est pas épargné, moins encore que les autres enfants lesquels sont tous exploités et doivent lutter pour exister. Ils subissent la tyrannie d’adultes qui n’éprouvent que peu de considérations pour eux. Néanmoins, la peinture sociale très noire trouve un peu de lumière, notamment dans cette très belle scène ou le paria Billy captive son professeur et ses camarades de classe en exposant sa méthode de dressage de son faucon.
Réalisé en 1969, le film correspond évidemment dans sa façon de décrire les rapports entre la jeunesse et leurs parents, à quelques enjeux de Mai 68 (pour la France, car le phénomène n’était pas circonscrit à la Sorbonne, ...)Le cinéaste est crédité au générique sous le nom de Kenneth Loach. Le diminutif viendra plus tard mais ce qui est déjà là, c’est tout ce qui fera la singularité, la marque du cinéma de Ken Loach jusqu’à aujourd’hui. Loach aura toujours manifesté son intérêt pour les laissés pour compte de la société, ceux qui se débattent avec leurs moyens, pas forcément légaux, pour rester droits et dignes, pour trouver une place dans la société. "Kes" est l’oeuvre d’un jeune cinéaste qui se cherchait encore sans doute mais qui affichait déjà une belle maîtrise narrative, une profondeur humaniste, et une manière unique de capter le réel.
"La nuit Américaine" ...
Merveilleux thème musical pour un film vraiment exceptionnel,
De et avec Fr. Truffaut, avec par ordre d'apparition :
François Truffaut,
Jean-François Stévennin,
Jean-Pierre Léaud,
Jacqueline Bisset,
Jean-Pierre Aumont,
Nike Arrighi,
Valentina Cortese,
Dani, etc ...
Récompenses :
* Prix Méliès en 1973
* Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1974
* BAFTA du meilleur film en 1974
lundi 30 novembre 2009
dimanche 22 novembre 2009
"La situation mérite attention ..."
"Peau d'Âne" de Jacques Demy
Et n'oubliez pas ... les fées ont toujours raison !
samedi 14 novembre 2009
François Truffaut
Ah Truffaut ... j'ai passé (peut-être construit ...) mon adolescence avec ses films. Tous ces films sont à découvrir ou à re-découvrir, de l'expérimental (Fahrenheit 451, L'enfant sauvage) à l'expérimenté (La nuit américaine, Le dernier Métro).Sous son allure classique, l’œuvre est toute en violence secrète, d’une immense richesse, d’une rare intensité. Truffaut est un chercheur. Il chasse les poncifs, déjoue les pièges, obsédé par l’idée de se renouveler. L’important, c’est d’être sincère et de "vibrer". Il disait : " Je demande à un film d’exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l’angoisse de faire du cinéma et je me désintéresse de ce qui est entre les deux, c’est-à-dire les films qui ne vibrent pas."
Même quand il adapte un roman policier, il le teinte de mélancolie, l’entraîne vers l’amour fou ("La Sirène du Mississipi", "La mariée était en noir") ou la comédie malicieuse ("Vivement dimanche !").La limpidité de son style se retrouve intacte dans ses livres ou ses interviews, qui sont un bonheur de lecture. Sa passion pour Alfred Hitchcock a d’ailleurs donné l’un des plus beaux livres d’entretiens jamais écrits sur la mise en scène.
On dit que Citizen Kane, d’Orson Welles, est (avec "La Règle du jeu" de Jean Renoir) le film qui a suscité le plus de vocations de cinéastes. À ces deux chefs-d’œuvre, il faudrait aujourd’hui ajouter l’œuvre entière de François Truffaut, l’une des plus appréciées et des plus analysées à travers le monde .
" Il parle légèrement de choses graves ", disait Jeanne Moreau. Pour Carole Le Berre, " son cinéma ne cesse de jouer du décalage entre une apparence anodine, le masque aimable du divertissement et la boule de sauvagerie qui le traverse et surgit par éclats. "
La cinéaste Noémie Lvovsky exprime la même idée : " Truffaut raconte des choses parfois très joyeuses, mais parfois effrayantes ou profondément troublantes. Mais sans le moindre effet coup de poing sur le spectateur. D’où cette sensation de douceur étrange en regardant ses films " (Cahiers du cinéma, n° 592).Il est l'un des piliers du renouveau du cinéma français, de la Nouvelle Vague avec Godard, Rohmer, Chabrol et Rivette. Son aura est intacte aujourd'hui en France et à l'étranger, et son influence a profondément marqué l'histoire du cinéma.
Jamais vraiment copié mais souvent cité, admiré, étudié, Truffaut incarne une certaine jeunesse, idéaliste et cinéphile, qui s'est inventé une communauté de désir tout en bousculant les schémas établis et ronronnant du cinéma français de l'après guerre. Il a construit son enfance, son adolescence, avec le cinéma comme compagnon pour éponger sa solitude.
Beaucoup plus qu'une passion, le cinéma était pour Truffaut quelque chose d'existentiel, de sacré, il l'avait pour ainsi dire sauvé, il se demandera souvent s'il est plus fort que la vie. Guidé par André Bazin, il est devenu critique, d'abord aux "Cahiers du cinéma", puis à "Arts".Avec ses complices, les mêmes Godard, Chabrol, Rohmer ou Rivette, il y invente la politique des auteurs.
Truffaut est un critique enthousiaste, hardant, polémique (le fameux article, "Une certaine tendance du cinéma français", où il fustige la léthargie et la médiocrité des cinéastes stars des années 50).
Son style est précis, concis, limpide, savant, sincère, et ses auteurs sont Renoir et Hitchcock d'abord (le fameux livre d'entretiens Hitchcock / Truffaut, une bible pour nombreux cinéphiles) , mais aussi Guitry, Hawks, Lubitsch, Rossellini, Bergman et plus largement le cinéma américain, qu'il admire aussi pour ses héros qui font rêver et donnent envie d'être adulte.Comme il n'était pas qu'un idéaliste, deux ans après "Les Mistons" (1957), un court-métrage champêtre et charmant, il passe de la théorie à la pratique avec un film qui fait l'effet d'une bombe, "Les quatre cents coups" (1959).
Le film marquera à jamais l'histoire du cinéma, il deviendra une légende, un symbole, une oeuvre matrice pour certains (partout aux quatre coins du monde il créera des vocations). Il tire son originalité de sa liberté de ton, son souffle, ce mélange entre l'autobiographie, le néoréalisme italien transposé à Paris, et un certain cinéma français des années trente, avec ses personnages pittoresques, ses dialogues colorés, ses digressions dramatiques qu'il emprunte à Renoir.
"Les quatre cents coups" a quelque chose de vivant, une sincérité omniprésente; et surtout il est porté par un jeune acteur inconnu mais sidérant, Jean-Pierre Léaud, dont Truffaut fera son double, son alter ego de cinéma. Les deux hommes noueront une amitié fusionnelle, unique. Ensemble, ils brouillent les frontières entre l'art et la vie, prolongeant l'histoire du jeune personnage des 400 coups, Antoine Doinel, dans le segment du film collectif "L'amour à vingt ans" (1962), puis "Baisers volés" (1968), "Domicile conjugal" (1972) et "L'amour en fuite" (1979). Une fausse autobiographie entre la chronique réaliste et fantasmatique où l'acteur grandit avec le cinéma tandis que l'auteur imagine un monde qui vit avec, ou ne peut pas vivre sans.
Mais si Truffaut apporta un vent de fraîcheur incommensurable avec "Les quatre cents coups" (Grand prix de la mise en scène à Cannes), si son film suivant, "Tirez sur le pianiste" (1960), adapté d'un roman noir de David Goodis, fit preuve d'un ton également novateur, très vite on dira qu'il s'installe dans le moule d'un certain cinéma traditionnel qu'il avait autrefois fustigé.Pourtant son œuvre est plutôt celle d'un subtil décalage : retrouver la fluidité et la transparence du classicisme à travers des narrations précises, évidentes, tout en la réinventant avec des récits découpés à coups d'ellipses et de répétitions, subtils cheminement et variations parfois obsessionnelles, proches de l'intrigue policière (qu'il admire), avec lesquels il joue pour mieux alterner entre l'intellect et l'émotion.
Truffaut cherchait un équilibre entre une approche réaliste et fantasmatique, c'était un homme de raison et de passion, sans cesse à mi-chemin entre l'ordre et le désordre. Il parlait d'une voix claire sur des sujets qui le touche, parfois avec un certain sens moral, responsable, presque pédagogue -l'enfance dans : "L'Enfant sauvage" (1970) et "L'Argent de poche" (1976)-, parfois en révélant une nature plus trouble, asociale, complexe, angoissée, sombre ("La Chambre verte", 1978 ; "La femme d'à côté", 1981), qui fera dire à Serge Daney qu'il y a un Truffaut-Jekyll et un Truffaut-Hyde, un peu comme son ami américain, Steven Spielberg, pour qui il tournera dans Rencontres du troisième type.Il était le cinéaste des passions amoureuses et sentimentales, souvent tragiques, parfois distanciées voire froides, avec "La peau douce" (1964), "Jules et Jim" (1962), "Les deux Anglaises et le continent" (1971), "La femme d'à côté" ; et des familles à réinventer pour répondre à celle qu'il n'a pas eu, du cinéma ("La Nuit américaine", 1973) au trio amoureux de "Jules et Jim", des "Deux Anglaises" ou du "Dernier métro" (1980).
Il était un amateur et collectionneur acharné de littérature, dont on retrouve naturellement la trace dans ses films :les romans d'Henri Pierre Roché dont il se sert pour "Jules et Jim" et "Les deux Anglaises" ; le journal d'Adèle Hugo pour é"L'histoire d'Adèle H" (1975) ;
les romans noir de William Irish dans "La Mariée était en noir" (1968) et "La sirène du Mississipi" (1969) ; ou encore, Ray Bradury dans "Fahrenheit 451" (1966), son seul film tourné à l'étranger (Angleterre) sur un sujet dont il ne pouvait qu'être sensible, la capacité subversive de la littérature qu'un régime totalitaire veut annihiler.
Le succès du "Dernier métro", en salles et aux Césars, l'avait intronisé malgré lui sauveur d'un cinéma français alors en pleine débâcle. Avec son "système", capable de faire tourner les plus grandes stars du moment dans des films de qualité (Depardieu, Deneuve, Fanny Ardant, Trintignant), il était l'auteur-producteur (Les films du Carosse) capable de séduire le public sans être renié par la critique. Sa mort soudaine, si jeune (il est mort des suites d'une tumeur au cerveau), suscita rapidement des conversions truffaldiennes qui ne tardèrent pas à être trahies, reniées, une fois l'émoi et l'hystérie passée, avec lui une certaine idée de la cinéphilie romantique et romanesque venait de mourir.
Truffaut était devenu trop bourgeois, trop tiède, pas assez radical (l'inverse de Godard), parfois même suspect pour certains. Mais cette page ne sera pas retenue par l'histoire, comme ses succès, inégaux. Plus le temps passe et plus ses films acquièrent cette enveloppe, non de respectabilité institutionnelle, mais qu'ont les œuvres capables de se défaire du temps. Des films avec leur logique souterraine, intime, personnelle, et leur beauté et faiblesses. Si Truffaut a de moins en moins d'héritiers (sauf peut-être Desplechin qui aime s'en référer, ou Christophe Honoré, mais avec une nostalgie naïve, déboussolée, vintage), c'est peut-être justement parce que son cinéma fuyait sa propre conceptualisation. Son originalité était discrète, sa révolution presque pudique après un premier coup d'éclat. Il avait élu ses maîtres, mais n'avait pas vocation à les remplacer, plutôt à perpétuer leur art avec la plus grande honnêteté possible.1957

1962


1971

1973

1977
1981

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