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mercredi 16 juin 2010

La palais des Tuileries


Le palais des Tuileries était un palais parisien dont la construction commença en 1564 sous l'impulsion de Catherine de Médicis, à l'emplacement occupé auparavant par des fabriques de tuiles. Agrandi sous les règnes successifs, il disposait d'une immense façade (266 m de long) et devint résidence royale de nombreux souverains (Henri IV, Louis XIV, Louis XVI ou encore Louis XVIII), puis impériale (Napoléon Ier puis Napoléon III) jusqu'à sa destruction par un incendie en mai 1871. Ses ruines furent abattues en 1883.

L'emplacement du palais était occupé, au XIIIe siècle, par des terrains vagues et des fabriques de tuiles. Au XIVe siècle, le prévôt de Paris Pierre des Essarts y possédait un logis et quarante arpents de terre labourable. Au XVIe siècle, Neufville de Villeroy, secrétaire aux Finances, y fit bâtir un hôtel que François Ier acheta pour sa mère.

L'ensemble de ces constructions fut acheté par Catherine de Médicis qui désirait quitter l'hôtel des Tournelles où était mort Henri II. Elle les fit raser et demanda aux architectes Philibert Delorme, puis après la mort en 1570 de celui-ci, à Jean Bullant, d'y édifier un palais qui devait s'élever à l'ouest du Louvre, au-delà de l'enceinte de Charles V. Le projet d'origine était ambitieux : deux grands bâtiments parallèles et perpendiculaires à la Seine, réunis par quatre ailes plus courtes, compartimentant ainsi trois cours intérieures. Mais seul le bâtiment occidental fut finalement construit, et c'est celui-ci que l'on appela en définitive le Palais des Tuileries.

Cet édifice comportait un pavillon central surmonté d'un dôme, doté d'un escalier suspendu sur voûte qui fut considéré comme un chef-d'œuvre. Ce pavillon était encadré de deux ailes. L'aile sud se terminait par un pavillon, appelé pavillon de Bullant (construit en 1570) tandis que l'aile nord ne fut pas achevée. En effet, Catherine de Médicis, très superstitieuse, refusa finalement d'habiter aux Tuileries et s'installa dans un hôtel (appelé de la reine, puis de Soissons, actuelle Bourse de Commerce) qu'elle fit bâtir en toute hâte en 1574 près de l'église Saint-Eustache. La légende raconte que son astrologue Ruggieri lui avait prédit qu'elle mourrait " près de Saint-Germain" et le palais se trouvait à proximité de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.

Sous le règne de Charles IX, le chantier de construction des Tuileries fut progressivement abandonné. Henri III y donna quelques fêtes mais n'y résida pas ; il s'enfuit cependant de Paris par le jardin des Tuileries, le 12 mai 1588, lors de la journée des barricades.

Au début du XVIIe siècle, Henri IV décida de relier le Louvre au palais des Tuileries en faisant construire une longue galerie longeant la Seine, galerie dont l'amorce existait depuis quelques années. C'est ce que l'on appela le « Grand Dessein ». Cette Grande-Galerie ou Galerie du bord de l'eau (qui existe toujours) fut édifiée de 1607 à 1610 par Jacques II Androuet du Cerceau. Au même moment, le palais des Tuileries fut prolongé vers le sud par une aile appelée Petite-Galerie, destinée à raccorder le pavillon de Bullant à la Grande-Galerie : au croisement des deux bâtiments fut construit un pavillon, baptisé pavillon de la Rivière (et rebaptisé pavillon de Flore en 1669). Le palais du Louvre et celui des Tuileries étaient donc désormais reliés entre eux.

Après la mort d'Henri IV, en 1610, le palais connut à nouveau une longue période d'abandon.

Ce fut Louis XIV qui décida de reprendre le chantier. Le palais des Tuileries était en effet dissymétrique : la Petite-Galerie bâtie sous Henri IV n'avait en effet pas de pendant au nord. Entre 1659 et 1666, Louis Le Vau et François d'Orbay construisirent : d'abord un pavillon destiné à faire pendant au pavillon de Bullant baptisé "pavillon du Théâtre", ensuite une galerie destinée à faire pendant à la Petite-Galerie baptisée "galerie des Machines", enfin un pavillon destiné à faire pendant au pavillon de Flore et qui fut baptisé " pavillon de Pomone", puis "pavillon de Marsan".
Le palais était donc désormais symétrique et complet du nord et sud. Cependant, plusieurs décennies s'étaient écoulées entre la construction des bâtiments situés au sud du pavillon central et de ceux situés au nord. L'édifice souffrait donc d'une grande hétérogénéité sur le plan architectural. Le roi ordonna qu'il soit donc largement modifié par Le Vau. Le pavillon central baptisé "pavillon de l'Horloge" fut entièrement reconstruit dans le style classique : plus large, plus élevé, il fut recouvert d'un dôme volumineux ; les ailes qui le flanquaient, ainsi que la Petite-Galerie, furent également reconstruites.


A la fin du XVIIe siècle, le palais des Tuileries présentait donc l'aspect qu'il allait définitivement conserver pendant deux siècles, long de 260 mètres, depuis le pavillon de Marsan au nord jusqu'au pavillon de Flore au sud. À l'ouest du palais s'étendait le jardin des Tuileries, jusqu'à la future place Louis XV actuelle place de la Concorde ; à l'est se trouvait une vaste cour, appelée cour du Carrousel, elle-même prolongée par une place (la place du Carrousel), puis par un quartier de vieilles maisons (situé à l'emplacement de l'actuelle pyramide en verre), et enfin par la cour Carrée du Louvre.

Durant l'Ancien Régime, les principaux habitants des Tuileries furent la duchesse de Montpensier, dite Grande Mademoiselle (de 1638 à 1652), Louis XIV (de 1664 à 1667) et Louis XV (de 1715 à 1722). Un lit de justice se tint aux Tuileries le 26 août 1728. Le palais fut ensuite déserté et occupé par des courtisans auxquels le Roi octroyait des logements de faveur, ainsi que par des artistes, des retraités et des personnes de toute condition.

Chassé du Palais-Royal par un incendie le 6 avril 1763, l'Opéra s'installa aux Tuileries, dans une salle de spectacles qui avait été aménagée par Louis XIV dans la galerie des Machines dite "salle des Machines" (ou "théâtre des Tuileries") ; il y demeura jusqu'en 1770, date à laquelle il fut remplacé par la Comédie-Française, qui y demeura jusqu'en 1782, puis par la troupe du "théâtre de Monsieur". La première du Barbier de Séville, de Beaumarchais, y eut lieu le 23 février 1775.

Le 6 octobre 1789, Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants s'installèrent dans le palais après avoir été ramenés du château de Versailles par les émeutiers. Les Tuileries entraient dans la grande histoire : pendant 80 ans, le palais allait être la principale résidence des rois et des empereurs, ainsi que le théâtre d'événements politiques majeurs.

La distribution intérieure du château était la suivante:
* On pénétrait dans le palais du côté de la cour du Carrousel, par le vestibule du pavillon de l'Horloge. À droite se trouvait l'escalier qui s'arrêtait à un premier palier menant à la chapelle et continuait après un demi-tour jusqu'à la salle des Cent-Suisses (futur salon des Maréchaux);
* Au sud de cette salle, et jusqu'au pavillon de Flore, se trouvaient en enfilade, donnant sur la cour, l'antichambre du Roi, la chambre de Parade, le grand cabinet du Roi et la galerie de Diane. Du côté du jardin se trouvaient l'appartement de la Reine puis l'appartement d'hiver du Roi, occupé par Louis XVI à son arrivée aux Tuileries.

Pendant la Révolution, l'ancien appartement de la Reine fut occupé par Marie-Thérèse de France et son frère, le dauphin Louis. Marie-Antoinette s'installa au rez-de-chaussée, côté jardin, tandis que Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, occupait le premier étage du pavillon de Flore.

La famille royale résida pendant trois ans dans le palais. Le 21 juin 1791, elle tenta de s'enfuir mais, arrêtée à Varennes, fut contrainte de regagner les Tuileries.
Puis, le 10 août 1792, à 7 heures du matin, elle fut contrainte de quitter le palais, assiégé par les émeutiers, pour aller se réfugier dans la salle du Manège, qui abritait alors l'Assemblée législative et qui se trouvait le long du jardin (à l'emplacement de l'actuel carrefour entre les rues de Rivoli et de Castiglione). La garnison de gardes suisses resta en place autour du palais désormais vide. Il fut envahi et pillé, et près de 600 gardes moururent soit pendant le combat, soit ensuite massacrés par la foule. Une centaine d'entre eux parvint toutefois à s’échapper grâce à une partie de la population parisienne. Le 21 août, la guillotine fut dressée sur la place du Carrousel, à l'est du palais.

Le 10 mai 1793, la Convention s'installa aux Tuileries, dans la galerie des Machines. Le palais reçut alors le nom de palais national. Le Comité de salut public occupa la Petite-Galerie tandis que Comité de sûreté générale s'installait dans un hôtel particulier situé au nord de la cour du Carrousel, à proximité du pavillon de Marsan. De nombreux événements s'y déroulèrent, notamment la proscription des Girondins et la chute de Robespierre.

Sous le Directoire, les Tuileries abritèrent le Conseil des Anciens (1795-1799).

Le 19 février 1800, Napoléon Bonaparte, Premier Consul, s'installa au palais. Il prit pour logement le premier étage, occupant l'ancien appartement du Roi (il dormait dans la chambre de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI). Si Cambacérès, deuxième Consul, préféra résider à l'hôtel d'Elbeuf, le Troisième Consul Lebrun s'installa dans le pavillon de Flore.
Napoléon Ier se maintint aux Tuileries, qui devinrent alors la résidence officielle de l'Empereur. Celui-ci occupait, au premier étage de l'aile sud, les anciens appartements royaux, la disposition et la dénomination des pièces restant inchangées. En 1806, une salle de spectacles et une chapelle furent aménagées dans la galerie des Machines, tandis que les décors intérieurs étaient remaniés par les architectes Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine.
Ce fut également en 1806 que ces mêmes architectes édifièrent l'Arc de triomphe du Carrousel. Cet édifice, imitant l'arc de Septime Sévère de Rome, et qui existe toujours, constitua la nouvelle entrée officielle du palais en remplacement d'une ancienne porte du XVIIe siècle. Il donnait accès par l'est, depuis la place du Carrousel, à la cour d'honneur des Tuileries, elle-même séparée de la place par une longue grille.

Parallèlement, dans la perspective de poursuivre le Grand Dessein entamé sous Henri IV, Napoléon fit construire une galerie qui ferma la cour du Carrousel au nord, et qui s'étendait du pavillon de Marsan à la hauteur de la rue de l'Échelle, le long de la rue de Rivoli.

Le 28 novembre 1804, le pape Pie VII, venu à Paris pour sacrer Napoléon, s'installa dans le palais, où il résida jusqu'au 4 avril 1805. Il occupa l'ancien appartement de madame Elisabeth, au premier étage du pavillon de Flore.


C'est au rez-de-chaussée de l'aile sud que naquit, en 1811, le fils de Napoléon et de Marie-Louise, le "Roi de Rome".

En 1815, Napoléon quitta le palais pour n'y plus revenir. Il y fut remplacé par Louis XVIII, qui fut le seul roi de France à mourir aux Tuileries (1824). Son frère Charles X l'y remplaça, jusqu'à ce que la Révolution de juillet 1830 l'en chassât et que le palais fût pillé par les émeutiers, pour la deuxième fois de son histoire.

Les Tuileries restèrent inhabitées jusqu'au 21 septembre 1831, date à laquelle Louis-Philippe préférant jusqu'ici résider dans sa demeure familiale, le Palais-Royal, fut contraint de s'installer au palais par Casimir Perier, qui désirait rehausser le prestige de la monarchie de Juillet. Son épouse, la reine Marie-Amélie le trouvait triste et le comparait à une casauba (casbah). La famille royale emménagea donc au rez-de-chaussée de l'aile sud.

Pendant plus d'un an, on fit réaliser d'importants travaux de réaménagement qui coûtèrent plus de 5 millions de francs. Le palais prit alors son aspect définitif, avec notamment la création par les architectes Percier et Fontaine, d'un grand escalier dans le pavillon de l'Horloge.

Le roi fit également creuser, dans le jardin des Tuileries, une tranchée qui permit de délimiter un jardin privé, clos de grilles, le long de la façade occidentale du palais. Louis-Philippe dut toutefois renoncer, faute d'argent, au projet de réunion du Louvre et des Tuileries sur le côté nord, présenté en 1833 mais qui ne fut réalisé que par Napoléon III.

Les journées de février 1848 chassèrent la famille royale des Tuileries, qui furent une nouvelle fois pillées. Après avoir été reconverti en hospice pour les invalides de guerre, le palais redevint résidence officielle lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, vint s'y installer, avant d'y être proclamé empereur en décembre 1852.

Le Second Empire refit des Tuileries la résidence impériale. L'ancienne étiquette réapparut (écuyers, chambellans, préfets du palais) tandis que les fêtes et les cérémonies donnèrent au palais un lustre inégalé. Le 29 janvier 1853, il fut le théâtre du mariage civil de Napoléon III et d'Eugénie de Montijo.

Par ailleurs, l'architecte Visconti fut chargé par l'Empereur de donner au palais une nouvelle jeunesse. Il s'ensuivit la démolition des maisons et des ruelles qui séparaient encore la place du Carrousel de la Cour Carrée du Louvre. Mais surtout, l'Empereur acheva le Grand Dessein voulu par Henri IV et poursuivi par Napoléon en faisant prolonger, le long de la rue de Rivoli, la galerie que ce dernier avait édifiée. Vers 1870, et pour la première fois, le palais des Tuileries et le palais du Louvre formaient donc un seul et même ensemble, le plus vaste et l'un des plus majestueux d'Europe.

Après la défaite de Sedan, l'impératrice Eugénie quitta, le 4 septembre 1870, le palais des Tuileries cerné par l'émeute. Elle s'enfuit par le pavillon de Flore, d'où elle passa dans la Grande Galerie du Louvre.

A la fin du Second Empire, la disposition intérieure du palais se présentait de la façon suivante:

* on entrait, du côté de la cour, par le vestibule du pavillon de l'Horloge;
* le Grand escalier de Percier et Fontaine menait, au premier étage, au nord vers la salle des Travées et les tribunes de la chapelle, puis la salle de Spectacle et, en retour vers le sud et le pavillon central, la salle des Gardes puis la galerie de la Paix. Celle-ci conduisait au salon des Maréchaux, occupant tout l'étage du pavillon de l'Horloge : transversal, il était élevé sur deux étages. De ce salon on passait, côté cour, dans le salon Blanc, puis le salon d'Apollon, la salle du Trône, le salon Louis XIV puis enfin la galerie de Diane, qui conduisait au pavillon de Flore, donnant sur la Seine ;
* l'aile sud (vers la Seine) était occupée, au premier étage côté jardin, par les appartements de l'Impératrice (du pavillon de l'Horloge jusqu'au pavillon de Bullant) et les appartements des secrétaires de l'Empereur. Un petit escalier menait de ces appartements vers le vestibule ; le rez-de-cour entre les pavillons de l'Horloge et le pavillon de Flore était affecté au service de l'Empereur et du palais (officier d'ordonnance, garde), le rez-de-jardin à l'appartement de l'Empereur. Des pièces, côté cour, ont été affectées, un temps, au Prince impérial;
* le pavillon de Flore, donnant sur la Seine, était occupé par les appartements du Prince impérial ;
* l'aile nord (vers la rue de Rivoli) abritait la chapelle dans le pavillon de la Chapelle au premier étage duquel se situaient la galerie des Travées et les tribunes de la chapelle. L'aile comprise entre ce pavillon et le pavillon de Marsan, à l'extrême nord du palais, était occupée par la salle des Spectacles, bordée du côté de la cour par un étroit couloir courant jusqu'au pavillon de Marsan;
* le pavillon de Marsan, donnant sur la rue de Rivoli, était occupé par les appartements affectés aux chefs d'État en visite officielle.
* A droite du Grand Vestibule, il y avait le Grand Escalier qui menait aux appartements d’apparat du palais.




Devenue maîtresse des lieux, la Commune fit des Tuileries le théâtre de fêtes et de concerts : des "concerts communards" eurent ainsi lieu dans le salon des Maréchaux. Le 10 mai 1871, une soirée artistique fut organisée au profit des blessés de la Garde nationale. Le 18, trois concerts consécutifs eurent lieu, attirant une foule immense. Ces concerts étaient, dans la pensée des organisateurs, le prélude à l'incendie du palais : ils voulaient s'assurer que la population accepterait l'idée de la destruction du palais. Installé aux Tuileries avec son état-major, le chef fédéré Bergeret déclara : "Quand je quitterai les Tuileries, les Tuileries seront en cendres".


Les 22 et 23 mai, les communards firent provision de pétrole, de poudre, de goudron liquide et d'essence de térébenthine. Le 23, le dénommé Bénot, garçon boucher, conduit par Bergeret et un autre fédéré Boudin parcoururent tous les appartements du palais et fit asperger les murs, ainsi que les planchers de tous ces produits. Un baril de poudre fut placé dans le vestibule du pavillon de l'Horloge tandis qu'un amas de matières inflammables était stocké dans le salon des Maréchaux. Dès que le feu fut allumé, l'incendie embrasa tout l'édifice. Peu avant 9 heures du soir, l'horloge du palais s'arrêta sous l'action du feu ; vers 11 heures, une explosion secoua le pavillon central, laissant le dôme s'abîmer dans une gerbe de flammes.


Le palais brûla pendant trois jours. Bergeret et ses hommes, ayant commandé un repas froid, soupèrent sur la terrasse du Louvre en contemplant l'incendie. Le 27 mai, il ne restait plus des Tuileries que des pans de murs noircis.

Dès 1872, de nombreuses pétitions et requêtes furent déposées pour la restauration du palais, intégralement ou dans sa majeure partie. De fait, l'édifice était réparable, puisque seuls les planchers, la toiture et les décors s'étaient entièrement consumés. Des commissions parlementaires furent constituées : une commission sénatoriale écarta ainsi, en 1876, toute idée de voir disparaître les ruines. Haussmann, Lefuel et Viollet-le-Duc proposèrent des projets de sauvegarde des ruines ou de reconstruction d'un nouveau palais. La proposition principale consistait en la restauration de la seule partie centrale, isolée, des Tuileries, comprenant le pavillon de l'Horloge, les deux ailes et les deux pavillons du Théâtre et de Bullant, la Petite-Galerie et la galerie des Machines étant donc démolies.



Après maintes tergiversations, la Chambre des députés décida finalement en 1879 de démolir les ruines, qui furent rasées en 1883. Ne subsistèrent que les pavillons de Flore et de Marsan, ainsi que deux galeries jusqu'aux guichets du Louvre. Désormais, une vaste perspective s'étendait du jardin des Tuileries au palais du Louvre, laissant découvrir l'arc de triomphe du Carrousel, ancienne porte d'honneur désormais isolée au milieu d'une vaste esplanade.


Les vestiges du palais connurent de nombreuses destinations : la grille de la cour du Carrousel fut réutilisée dans le château de la famille Esterhazy ; des colonnes furent relevées dans une villa située à Suresnes, une autre à Marly, d'autres colonnes et des parties de mur sur l'île de Schwanenwerder, à Berlin Steglitz-Zehlendorf, au Collège Stanislas (Paris) ; de nombreuses pierres servirent à construire le château de la Punta, propriété du duc Jérôme Pozzo di Borgo, au-dessus de la baie d'Ajaccio ; d'autres vestiges furent rachetés par l'État et dispersés entre le jardin des Tuileries (au pied du musée du Jeu de Paume), les jardins du Trocadéro, ceux du Luxembourg et de Chaillot, dans la cour de l'École des beaux-arts, ... Mais le vestige le plus émouvant reste sans aucun doute le fronton du pavillon central et son horloge, toujours visibles dans le Square Georges-Cain, rue Payenne dans le 3e arrondissement. Enfin, de belles statues qui ornaient ce même fronton peuvent être admirées dans le hall qui se trouve sous l'arc de triomphe du Carrousel du Louvre.

Quant à l'emplacement même du palais des Tuileries, il est aujourd'hui symbolisé par un petit panneau de mauvaise facture que peu de touristes sont en mesure de remarquer.

Plusieurs associations militent encore à ce jour pour la reconstruction à l'identique du palais. Il existe une copie (en plus petit) du Palais des Tuileries dans la cour du 4, rue du Faubourg-Montmartre. Ce bâtiment se trouvait probablement en façade du boulevard et a été caché par la construction d'un immeuble.


Depuis 2002, un Comité national pour la reconstruction des Tuileries[2] milite pour la reconstruction à l'identique du palais des Tuileries, avec des fonds collectés auprès d'entreprises privées. Le coût est évalué à 350 millions d'euros d'après le Comité. Une commission d'études dirigée par Maurice Druon et composée de partisans du projet, instituée par arrêté ministériel, a rendu un rapport en février 2007. Ieoh Ming Pei, architecte du Grand Louvre soutient ce projet au nom de l'intégrité architecturale de l'ensemble Louvre-Tuileries, qui a constitué la trame du "Grand Dessein" et l'unique raison de l'extension du Louvre, aujourd'hui partiellement défiguré.


Cette idée de reconstruire les Tuileries divise les historiens de l'art et de l'architecture, ainsi que les associations de défense du patrimoine. Certains avancent que ce n'est qu'un pastiche sans authenticité de l'original, rebâti ex nihilo près d'un siècle et demi après sa destruction. En revanche, d'autres soulignent que la place majeure du palais des Tuileries dans l'Histoire de France, de la Renaissance au Second Empire, ainsi que son importance dans l'histoire de l'art, justifient cette reconstitution. Ce débat sur l'opportunité de rebâtir les Tuileries est aussi relancé par le mouvement récent de reconstruction de certains monuments majeurs en Europe centrale et orientale, comme en Allemagne (Dresde, Château de Berlin) ou à Varsovie.



samedi 27 mars 2010

Paris prêt à lancer les grands travaux au Forum des Halles

Le Conseil de Paris de lundi et mardi doit autoriser le démarrage de la rénovation pour le mois de mai.
Depuis neuf ans, on parle du réaménagement des Halles mais, à part les riverains, plus personne ne sait de quoi il retourne vraiment. «Le projet des Halles avance. C'est un sujet très complexe, mais nous sommes dans les temps», a assuré hier Anne Hidalgo, première adjointe au maire Bertrand Delanoë chargée de l'urbanisme, lors de la conférence de presse précédant les sessions du Conseil de Paris. À l'ordre du jour, mardi : le bilan de la commission d'enquête publique, qui avait donné en janvier un avis favorable mais l'avait assorti de trois réserves. Celles-ci doivent être levées par la réponse positive de l'Hôtel de ville et les travaux pourront commencer.

Le premier coup de pioche doit être donné dans le jardin en mai. Les architectes David Mangin et Philippe Raguin ont redessiné cette parcelle de 4,3 hectares, y prévoyant trois nouveaux parcs, deux nouveaux jardins d'aventures, pour les tout-petits (2-6 ans) et pour les préadolescents (7-12 ans), confiés à Bernard Chapuis et Georges Vafias (agence AEP) et à Henri Marquet et Imaginal, et un troisième pour lequel la Ville doit relancer un appel d'offres.

La polémique fait rage. Faire du jardin une priorité semble aller en dépit du bon sens du projet qui entend «résoudre les dysfonctionnements du site» liés à la vétusté et à l'insécurité des espaces publics, notamment des voiries souterraines. Certains invoquent, à deux ans de la présidentielle, une logique électoraliste de la part de Bertrand Delanoë, qui a fait des Halles un chantier phare de son mandat.

La contestation se concentre sur le jardin d'aventures Lalanne, un bijou horticole fané voué à la démolition. Ironie du calendrier, ses auteurs Claude et François-Xavier Lalanne sont exposés au Musée des arts décoratifs jusqu'au 4 juillet. Jacques Boutault, maire (Vert) du IIe arrondissement, concède sur son blog : «On comprend mieux, lorsqu'on connaît l'emprise des travaux de la Canopée des Halles, pourquoi le jardin Lalanne doit être sacrifié. L'emplacement de la future cité de chantier occupe largement sa surface et même au-delà.»

C'est dans cette cité de chantier que sera assemblée, au sol, la Canopée qui couvrira le forum (voir les images), toit de verre ondulant et de vantelles d'acier, haut de 14,5 mètres, à ce jour, signé Patrick Berger et Jacques Anziutti. Mais l'association de riverains Accomplir, et le maire du Ier arrondissement Jean-François Legaret (UMP) n'entendent rien lâcher. Les premiers envisagent un recours au tribunal administratif contre le permis de démolir du jardin.

Jean-François Legaret, lui, va plus loin : il attaquera, lundi, l'illégalité du permis de démolir du maire de Paris devant le préfet pour vice de forme. L'élu, également président de la commission des finances du Conseil de Paris, saisira aussi l'architecte des Bâtiments de France, car «le projet est situé dans le périmètre de protection d'un monument historique», en l'occurrence l'église Saint-Eustache.

Les transports, c'est ce dont on parle le moins et qui est pourtant l'opération principale : 700 000 vo­yageurs transitent chaque jour par les Halles. Soit 200 000 de plus que lors de la création de la salle d'échange RER, il y a trente ans. «En sous-sol, il faut démolir beaucoup de choses, le planning général implique d'énormes travaux dans les voiries souterraines de mise en conformité aux normes de sécurité mise en place depuis le drame du tunnel du Mont-blanc», indique Dominique Hucher, de la société d'économie mixte SemPariseine, mandataire pour la Ville de Paris. En particulier, le projet prévoit de nouveaux accès aux espaces souterrains du forum.

La mini-autoroute sous le Forum des Halles devrait disparaître. «L'appel d'offres sera lancé en juin pour des travaux devant démarrer en février 2011», indique Dominique Hucher. Enfin, troisième volet : la Canopée. «Ce n'est pas une ­simple restauration cosmétique», avertit Anne Hidalgo. En effet, il s'agit de démolir les ­pavillons Willerval déjà jugés comme un mo­dèle «d'architecture éphémère» il y a trente ans. Ce chantier doit démarrer fin 2011.

La Canopée doit recouvrir l'ensemble du forum sur lequel une sortie est prévue, alors qu'il n'en existe aucune à ce jour. Le Forum des Halles comptera alors quatre sorties et l'escalier mécanique dévalant trois étages de la porte Lescot, jugé «trop anxiogène» sera scindé en trois. D'autres escaliers étant prévus pour descendre jusqu'aux sous-sols jusque-là non desservis.
Sous cette Canopée doivent cohabiter, comme aujourd'hui, des boutiques qui resteront ouvertes pendants les travaux et des équipements publics en partie déménagés.

Les travaux coûteront 760 millions d'euros, dont les deux tiers sont à la charge de la Ville, et le tiers restant étant partagé entre ses partenaires : la région, le Syndicat des transports d'Ile-de-France, la RATP et Unibail, société qui gère le Forum. «On crée beaucoup plus d'équipements publics qu'il n'y en avait auparavant, assure Anne Hidalgo. Quoi qu'il en soit, les Halles ont toujours été le ventre de Paris où le commerce a été au cœur du lieu.» Au total ces grands travaux dureront six ans.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le futur toit du Forum des Halles ne sera pas imperméable. En principe, les armatures métalliques qui quadrillent cette toile de verre pourront être orientées, voire resserrées, afin d'éviter les courants d'air violents, notamment au niveau de la sortie par le jardin. Mais les passants du Forum risquent tout de même d'être arrosés par la pluie, car la Canopée n'est pas étanche. De quoi apporter de l'eau au moulin des détracteurs de ce projet, qui reposera sur les fondations de tours jamais érigées mais souhaitées par Valéry Giscard d'Estaing, qui voulait faire des Halles un mini-Manhattan.

jeudi 11 mars 2010

Le fantôme d'Androuet Du Cerceau reprend vie ...

Qui était Jacques Androuet Du Cerceau. Un architecte ? Mais il ne reste pas de trace d'édifices qu'il ait vraiment conçus. Un dessinateur ? Sans nul doute, talentueux et doué d'une imagination hors pair. Un graveur aussi, parmi les meilleurs et les plus illustres de France. Mais aussi un fantôme : c'est hélas la farce que lui a jouée la postérité en faisant s'évanouir à peu près tous les éléments susceptibles de nous le faire connaître, en dehors de son coup de crayon.

Une exposition à la Cité de l'architecture et du patrimoine fait revivre d'étonnante façon Jacques Androuet Du Cerceau (vers 1520- vers 1586), bien connu des architectes et des passionnés de patrimoine, pour ses dessins et ses recueils. Lui-même n'a pratiquement rien construit, se cantonnant au rôle, au demeurant prestigieux, d'auteur de traités d'architecture, lignée ouverte au Ier siècle av. J.-C. par le Romain Vitruve.

Androuet théorise, imagine, ou restitue les chefs-d'oeuvre de son époque, préservant de l'oubli des dizaines de châteaux aujourd'hui disparus, ou l'état d'origine de quelques autres qui ont été peu ou prou transformés depuis les derniers souverains Valois. Des édifices qu'il détaille, au point de laisser imaginer leur possible reconstruction. Il a lui-même réuni cette part de son travail, capitale pour les historiens, sous le titre Les Plus Excellents Bâtiments de France, une France au demeurant réduite à l'Ile-de-France et à la vallée de la Loire.

On y trouve les plus célèbres monuments : le Louvre, tel que l'a conçu son contemporain Pierre Lescot (autour de 1550) avec les sculptures de Jean Goujon, Vincennes avec son enceinte et ses tours, Chambord dont on attribue l'esprit à Léonard de Vinci, et qui est l'un des seuls châteaux royaux à n'avoir pas été altéré. Blois, Amboise et Chenonceaux, Saint-Germain-en-Laye, Ecouen et Fontainebleau. Mais aussi d'autres, dont l'état ou le souvenir laissent perplexes : Vallery (Yonne), l'un des plus modifiés par l'histoire ; Verneuil-en-Halatte (Oise), aujourd'hui en ruine ; Villers-Cotterêts (Aisne), dans un état lamentable. Et surtout le fameux château dit "de Madrid", où François Ier reçut Charles Quint, effacé du bois de Boulogne en 1792, comme le seront tôt ou tard ceux de Creil (Oise), de Coucy (Aisne), de Folembray (Aisne), de Montargis (Loiret... Les jardins ne sont pas oubliés, restitués avec une précision délicieuse.

Androuet a gardé le secret de ses sources, autant que de l'organisation de son atelier, auquel toute une équipe doit avoir contribué. Coincé entre Paris et Montargis par les guerres de religion, il n'a vu la plupart des édifices que de seconde main, ce qui n'en rend son travail que plus remarquable.

Proche de Sebastiano Serlio (architecte et théoricien italien, mort à Fontainebleau en 1554), il a de la même façon rassemblé des éléments réels et parfois imaginaires qui lui permettent de drainer la Renaissance italienne vers la France. Il fait en revanche appel à sa seule inventivité lorsqu'il propose des modèles de "logis", extensibles à l'infini, selon le goût et la richesse des commanditaires, jusqu'à occuper l'espace de formidables palais qui ont pour principal point commun une symétrie obsessionnelle et, pour ainsi dire, préclassique. Ainsi, dessine-t-il encore l'immense registre de ses ornements architecturaux, qui lui vaudra l'essentiel de sa célébrité.

Cet aspect décoratif est resté le mieux connu. C'est avec à propos que les responsables de l'exposition ont davantage mis l'accent sur la dimension structurelle de l'architecture et sur le dessin qu'il sait en tirer, donnant au passage de très beaux cours de perspective.

Pendant longtemps, les expositions d'architecture ont tenu à distance le public, en alignant de façon laconique dessins et gravures, accompagnés parfois d'un buste et d'un petit film sentant bon la télé d'antan. Ici, Androuet revit certes à travers son oeuvre : gravures, dessins, carnets (que l'on peut feuilleter grâce à leur numérisation) et précieux vélin (peau de veau mort-né), dont quelques pièces majeures prêtées par l'Angleterre. Mais l'ensemble est complété par une batterie de films en 3D. Ils parachèvent la résurrection du fantôme au côté de moulages et de maquettes, dont l'une, monumentale, restitue les Tuileries de la Renaissance, incendiées pendant la Commune (1871), puis achevées à la pioche en 1883.

Pour autant, la scénographie de la Cité ne lésine pas sur les bustes. François Ier, Henri II, Charles IX, Henri III, souverains dont notre homme eut à connaître de près ou de loin la gloire, et avec eux les temps tourmentés des luttes entre catholiques et protestants, desquels sa famille était proche. Manquent Catherine de Médicis... et Jacques Androuet Du Cerceau, dont seule une rare médaille, et une peinture posthume laissent l'improbable physionomie. Quant à son nom, dont le premier élément rappelle un célèbre fromager parisien, il tire son allure aristocratique d'un cerceau, enseigne de son père, marchand de vin à Paris.

samedi 27 février 2010

Le château et la Pagode de Chanteloup


Le château de Chanteloup se situait en Touraine, à proximité d'Amboise.
Célèbre pour avoir appartenu au duc de Choiseul qui s'y retira pendant sa disgrâce, il a été malheureusement entièrement détruit au XIXe siècle.
Il n'en reste qu'une spectaculaire et célèbre fabrique de jardin, La Pagode.
Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis février 1996.

Le château fut élevé en 1715 par Jean d’Aubigny et Robert de Cotte, pour le compte de la princesse des Ursins, mais il fut considérablement étendu et transformé à partir de 1760 pour Étienne François de Choiseul (1719-1785), qui joua, à la cour de Louis XV, le rôle de principal ministre de l'État entre 1758 et 1770.
Disgrâcié en 1770 pour avoir déplu à Madame du Barry, il se retire à Chanteloup jusqu'à la mort du Roi en 1774 et y reçoit des visiteurs venus de toute l'Europe, tenant une véritable cour et donnant de fastueuses réceptions.

Grâce à lui, le château de Chanteloup devient une magnifique résidence de campagne, entourée de beaux jardins, qu'on n'hésite pas à comparer à Versailles.
Les travaux, effectués sous la direction de l'architecte du duc de Choiseul, Louis-Denis Le Camus, auteur de la "Halle aux Blés" à Paris, considérée comme un tour de force architectural, commencent en 1760 et se terminent avec la construction de la Pagode.

Le Camus de Mézières construit deux longues ailes ornées de colonnades et terminées l'une par une chapelle et l'autre par un "pavillon des Bains".
Il procède également à des aménagements intérieurs, dessine de nouveaux parterres et édifie de vastes communs.

Après la mort Choiseul en 1785, le domaine est vendu par la duchesse de Choiseul à Louis-Jean-Marie duc de Bourbon-Penthièvre, petit-fils de Louis XIV et de Madame de Montespan.
Sous la Révolution, il est saisi en 1794 et vidé de son mobilier (en partie transféré au musée de Tours).
Déclaré “bien d’émigré” le domaine de Chanteloup est vendu aux enchères en 1802 à Jean-Antoine Chaptal(1756-1832), grand chimiste et ministre de l’Intérieur de Napoléon Ier.
Celui-ci cultive des betteraves dans le parc pour produire du sucre mais, à la suite de la faillite de son fils, le vicomte Chaptal de Chanteloup, le domaine est mis en vente en 1823.
Le château n’ayant pas trouvé preneur est cédé à des démolisseurs connus sous le nom de "Bande Noire", réseau de brocanteurs et de marchands de matériaux sans scrupule en cheville avec des liquidateurs, marchands de biens et sous les directives du banquier Enfantin, principal créancier du fils Chaptal.
Le château fut entièrement détruit, sauf la Pagode, acquise par le duc Louis-Philippe d'Orléans; il n'en reste aujourd'hui que le pavillon dit du Concierge et deux pavillons de l'avant-cour, encadrant la grille,Ils détruisent et vendent le château pierre par pierre.

La Pagode de Chanteloup s'élève à la lisière de la forêt d'Amboise, au bord d'une vaste pièce d'eau demi-circulaire qui se prolongeait au Sud par un grand canal aujourd'hui engazonné et formant un boulingrin.
Située au Sud du château au sommet d'une colline, elle formait le point de rencontre de huit longues avenues tracées dans la forêt d'Amboise.
Elle fut construite entre 1775 et 1778, à la demande du duc de Choiseul, par Le Camus, véritable temple dédié à l'Amitié, comme un tribut élevé à la fidélité de ceux qui, bravant le Roi, venaient le visiter à Chanteloup durant sa disgrâce.

Au premier étage Choiseul aurait fait graver les noms de ses visiteurs sur des tables de marbre blanc, ensuite retournées face contre le mur aux dires du colonel Thornton, touriste anglais en 1802, et de l'architecte Fontaine, chargé en 1823 par le duc Louis-Philippe d'Orléans d'examiner la pagode foudroyée; en 1935, le résultat d'une éventuelle remise en place de ces tables fut jugé aléatoire par René-Edouard André, propriétaire du domaine.
Cette construction, et l'aménagement d'un grand "miroir d'eau" en demie-lune terminé par un grand canal dans laquelle elle se reflète, achevèrent la transformation des jardins de Chanteloup; elle fut destinée à des fêtes nocturnes.

Devant l'absence de sources et les difficultés de recueillir des eaux de ruissellement, Choiseul fit venir de Valenciennes l'ingénieur Laurent, créateur des canaux du Nord, qui, afin d'amener les eaux de l'étang des Jumeaux, traça un canal à travers la forêt sur treize kilomètres, qui fut détruit à la Révolution pour récupérer le plomb du réseau des canalisations...
Les pierres "dures, dorées, d'une magnifique patine" utilisées pour édifier la Pagode proviendraient de l'un des châteaux de Louise Marie Adélaïde de Bourbon, femme de Louis Philippe d'Orléans (1747-1793) (Philippe Égalité), la Bourdaisière, à Montlouis, détruit en partie suite à un caprice de Choiseul (ce château a été reconstruit sous la Terreur par Armand Joseph Dubernad).

Haute de 44 mètres, la Pagode comporte six étages, en retrait les uns sur les autres (principe de la longue-vue), qui reposent sur un péristyle circulaire de seize colonnes et seize piliers.
La silhouette générale évoque ces "chinoiseries" de fantaisie en vogue au XVIIIe siècle, comme celle de Kew, près de Londres, édifiée par William Chambers pour la princesse de Galles - lourde construction cylindrique en briques reposant sur un énorme soubassement - d'où le nom de Pagode, mais la colonnade, les quatre balcons de ferronnerie et toute la décoration sont de pur style Louis XVI.
L'audace de l'architecte, qui a construit chaque étage "en coupole" est d'avoir coupé chacune d'elles, supportant les étages, par l'escalier intérieur de 142 marches qui monte jusqu'au sommet.

Il semble que sa structure de doive rien au hasard : elle a été construite au point de convergence de sept allées forestières longues de trois lieues chacune, elle compte sept niveaux, sa base compte seize (1+6=7) colonnes et piliers, l'escalier d'entrée à sept marches, elle est surmontée d'un globe doré symbolisant le soleil et la pièce d'eau à ses pieds a la forme d'une demie-lune.
Sans qu'on puisse l'affirmer, il faut peut-être y voir un symbolisme maçonnique, très en vogue à l'époque.

La Pagode a été restaurée en 1908-1910 sous la direction de l'architecte et ingénieur René Édouard André, fils du célèbre botaniste, architecte et paysagiste Édouard André (1840-1911) auteur de " L'art des Jardins, traité général de la composition des parcs et jardins" (Paris, Masson, 1879), et appartient à ses descendants.
Les "anciens jardins de Chanteloup : parties comprenant des parties architecturées (...) le site en terrasse de la pagode (..), le pavillon dit du concierge; une partie du parc boisé entourant l'ancien grand canal" ont été inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques les 30 mai et 11 juillet 1994.

Le Pavillon du Concierge, construit à l’entrée de l’esplanade de la Pagode, abrite aujourd'hui une exposition de reproductions de plans, tableaux qui permettent de se faire une idée de la splendeur passée du domaine.
Du sommet, à 162 mètres d'altitude, on découvre un panorama exceptionnel sur la vallée de la Loire et la forêt d'Amboise, permettant de mieux comprendre la forme du parc originel et les immenses perspectives qui le percent. Les sept allées qui convergent vers la Pagode dessinent un éventail délicat. Cet orientalisme posé sur les bords de Loire confère au paysage qui l'entoure, un caractère magique. La Pagode de Chanteloup reste un précieux témoignage de l'un de ces jardins anglo-chinois qui ont fleuri en France dans le dernier quart du XVIII siècle.

Eléments du décor sculpté identifiés dans la région :
  • - deux grands vases en marbre de forme dite "Médicis" godronnés ornent l'esplanade - côté ville - du pont Wilson à Tours (37);
  • - une paire de sphinges encadrent l'allée d'honneur du château de Chenonceau (37).
  • - deux hautes colonnes de pierre ds le parc boisé du château de Valmer à Chancay (37).

dimanche 21 février 2010

Le Loft Cube, Live Anywhere Micro Home ... !

Avoir la possibilité de résider dans un endroit cosy et privilégié à New York, Madrid ou Paris pour un prix abordable semble être du ressort du doux rêve.
Imaginez une habitation où vos seuls voisins volent au-dessus de vos têtes, un endroit où vous auriez une vue panoramique à 360° autours de vous, un lieu où vous pourriez travailler, mais aussi vous relaxer et partager des moments conviviaux entre amis…
Imaginez vivre sur un toît…
Tout cela n’est pas un rêve, c’est une réalité grâce à la société allemande LoftCube GmbH.

Ce grand bungalow élégant possède un je-ne-sais-quoi de magique qu'un container n'aurait évidemment pas. C'est qu'entre une vie dans les entrailles ferrugineuses d'un container design et une vue imprenable sur les toits de la ville, dans une sorte de maison MacIntosh, l'air des cîmes urbaines apparaît bien sûr plus attractif. Enfin au dessus des foules et du bruit, le calme d'une esplanade rien qu'à soi, tutoyer les grands monuments, tout ça est de nature à attirer le citadin en mal d'habitat original.

Le dispositif est même parfaitement packagé et sa faisabilité ne semble pas faire de doutes : un choix de façades multiples plus ou moins vitrées, un toit amovible, des matériaux composites formant un cube de 40 m2, permettant son transport en un seul bloc par hélicoptère (diantre ! ma maison comme dans un film de James Bond) sur n’importe quel toit d’immeuble suffisamment vaste pour pouvoir accueillir ce type de structure. De quoi s’offrir une vue de Milliardaire à moindre prix.
L’idée est intéressante, nos métropoles semble saturer, pourquoi alors ne pas investir les toits déserts des grandes capitales ?

Ce pré-fabriqué design offre tout le confort d’un intérieur moderne et coquet, avec des options tels que piscines, jacuzzi, sauna, etc.…Quand au prix, il est tout à fait abordable. D’après les initiateurs du projet il faut compter entre 89 000 € et 109 000 € le LoftCube selon les options choisies.
Loft cube est livré avec un intérieur complet comprenant notamment une salle de bain et une cuisine toutes deux réalisées dans des matériaux modernes comme le corian ou le zodiaq.

Espace non-cloisonné et totalement vitré pour une luminosité optimale, il s’agit bien d’un loft même s’il ne mesure que 39m2 dans sa version la plus petite (55M2 pour le modèle loft cube le plus grand).
A mon humble avis il doit y avoir quelques frais annexes à prévoir, sans parler du problème de sécurité et d’autorisation relatif au toit d’immeuble devant accueillir la structure.

Cependant je reste persuadé que l’idée est susceptible de trouver sa clientèle à partir du moment où les quelques contraintes liées au LoftCube seront largement compensées par une vue et une situation géographique haut de gamme.

Ce type d’habitation peut également être voué à la location pour le secteur touristique, cela permettrait d’offrir à une clientèle, sans cesse à la recherche de renouveau, une prestation de logement originale à moindre prix. Quoi qu’on en dise, un petit déjeuner à l’aube face à la tour Effel ou à la statue de la liberté sur horizon dégagé de tout obstacle urbain, ça le fait quand même… non. Il faut juste trouver l'hélicoptère !