dimanche 25 octobre 2009

La tour Eiffel a 120 ans !

Cette année 2009 a été marquée par les 120 ans de la Tour Eiffel et à cette occasion, de nombreux événements ont eu lieu tout au long de l'année. Ce mois d'octobre est marqué par un spectacle lumineux donné tous les soirs du 22 octobre au 31 décembre 2009.
Malgré son âge (!) la Tour Eiffel ne manque pas de dynamisme et d'idées . Pour la première fois, grâce à un dispositif de projecteurs à leds dernière génération, la façade côté Trocadéro va s’animer de couleurs, mouvements, modulations pour offrir un spectacle totalement surprenant et magique. Un rendez-vous incontournable pour les parisiens, les franciliens et les touristes de passage à Paris. Le spectacle est présenté quatre fois chaque soir : à 20h puis 21h, 22h et 23h.

Après les 5 minutes de scintillement habituelles, le spectacle d’une durée de 12 minutes, commence par une séquence d’éclairage dynamique évoquant l’extraordinaire chantier de la construction de la Tour. Ensuite, pluies de lumière, découpages par strates, par facettes, effets stroboscopiques, respirations, mélanges de couleurs…. rendront hommage à la Tour et à la magie architecturale et festive qu’elle incarne. Durant tout le spectacle l’éclairage des autres faces du monument varie accompagnant le scénario. Des projections d’images animent le parvis.
Ce spectacle a été conçu par Bernard Schmitt et Jacques Rouveyrollis, des spécialistes d'événements qui ont notamment travaillé avec les plus grands artistes français comme Jean-Jacques Goldman, Michel Sardou, Michel Polnareff, Jean-Michel Jarre ..

Rappelons que la Tour Eiffel est le premier monument payant, visité au monde avec notamment
6.930.000 visiteurs, en 2008. la Tour Eiffel a été inaugurée, très exactement le 31 mars 1889 à l'occasion de l'Exposition universelle. Pour son inauguration, 10000 becs de gaz avaient été allumés et 2 projecteurs à l'époque, éclairaient alors les monuments de Paris, depuis le sommet de la Tour Eiffel.
Construite en fer puddlé, la Tour est protégée de l'oxydation par plusieurs couches de peinture. La Tour a déjà été repeinte dix-sept fois depuis sa construction, soit une fois en moyenne tous les sept ans. Elle a changé plusieurs fois de couleur, passant du brun-rouge à l'ocre jaune pour arriver au bronze d'aujourd'hui.

"Soixante tonnes de peinture sont nécessaires pour la recouvrir, ainsi que 50 km de cordes de sécurité, 2 hectares de filets de protection, 1.500 brosses, 5.000 disques abrasifs, 1.500 tenues de travail..", précise le site de la Tour Eiffel.
Les temps ont bien changé, actuellement la Tour Eiffel, est alimentée en électricité, par EDF avec du 20000 volts et la consommation globale annuelle d'énergie a été de moins de 7 GWh en 2008.
La Société d'Economie Mixte de la Ville de Paris, qui est propriétaire de la Tour Eiffel, a engagé de nombreuses mesures d'économie d'énergie dont le changement, en 2005, des lampes de l’illumination, ce qui a permis une économie d’énergie, de 30% ... !

vendredi 23 octobre 2009

"La chute des damnés" de Luc Merx

Conçu par l'architecte hollandais Luc Merx, le lustre de "Damned.MGX" a été produit en utilisant la fabrication posée par additif comme une seule pièce, sans joints ou coutures, et serait impossible à produire en utilisant d'autres méthodes de fabrication.

Cet abat-jour semble être une masse ornementale voletant au dessus de nos têtes. Quand on regarde de plus près apparaissent des corps simples qui se retournent de peur et qui semblent être congelés au milieu de leur chute. la chute du damné – une métaphore de la culpabilité et de la punition – donne à la lampe une certaine ambivalence : message moraliste, ou acte de formalisme, ou bien les deux ? Le design de cette lampe sape plusieurs tabous imposés sur le design du 20eme siècle. Edition limitée à 40 pièces. Prix : 39.796 €

Designer : Luc Merx
Technologie : Agglomération sélective de laser
Matériel : Polyamide (nylon)
Couleur : Blanc
Dimensions : 60.6 x 63 x 27.3 cm
Édition limitée : 40 morceaux

La baie des Trépassés


La baie des Trépassés est enserrée entre la pointe du Raz et la Pointe du Van, et se trouve sur les communes de Plogoff et de Cléden-Cap-Sizun (territoire du Cap Sizun). Son rivage forme une longue plage de sable reliant les deux pointes. La Baie des Trépassés est partie intégrante du Grand Site de France et à ce titre sa protection et sa gestion sont assurées par le Syndicat Mixte pour l'Aménagement et la Protection de la Pointe du Raz et du Cap Sizun.
L'origine de son nom est Bae an Anaon en Breton, et cette plage a triste réputation : une légende raconte qu'autrefois les cadavres des naufragés s'y échouaient fréquemment. Mais les courants s'opposent et cette plage doit son nom sinistre à une erreur de traduction : elle s'appelait à l'origine Bae an Avon, la baie de la rivière. Mais l'erreur contribue fortement à la légende.
L'une des hypothèses avancées est liée à l'histoire malheureuse de l'activité maritime de passage ou de pêche côtière dans les parages du Raz de Sein. La configuration des courants de marée et les vents dominants de secteur ouest repoussaient en effet les corps des marins naufragés sur la plage.
Une autre explication ferait revenir aux naufrageurs locaux l'origine de ce nom.
La baie, ouverte plein ouest face à l'Atlantique et recevant tout au long de l'année un vent assez fort, parfois violent assorti d'une grosse houle déferlante, constitue un spot de surf assez réputé dans toute la Bretagne.

"Rien ne saurait rendre l'impression d'infinie solitude, de veuvage, de néant, que donne, l'hiver, cette "baie des Âmes", boé an anaon, comme l'appellent les Bretons, en leur langue, d'un mot sourd et plaintif, emprunté, dirait-on, au vocabulaire de l'au-delà. La puissante lamentation de la mer, tantôt éclatait en sanglots, tantôt se traînait en longs gémissements ... "
Anatole Le Braz

"Dis, quand reviendras-tu ?"

Le Prince Jean ou le népotisme à la française ...

Il s'agissait de l’élection, prévue le 4 décembre prochain, d'un certain Jean Sarkozy, le fils de ..., à la tête de l’Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD). L’opération politique avait été planifiée depuis l’été. Elle consistait à mettre un jeune homme de 23 ans qui a redoublé sa deuxième année de droit et n’a aucune expérience du monde des affaires à la tête de l’organisme responsable de l’aménagement d’un des plus grands quartiers d’affaires d’Europe avec un budget de 115 millions d'Euros.

La veille, le Prince Jean était venu lui-même répété sur le plateau de France 3 Ile-de-France les arguments mécaniques ressassés à l'envie par les supporteurs du Président: "j'ai été élu". Bien sûr mon garçon. Ton expérience te disqualifie pour être assistant juridique à l'EPAD, le même établissement dont tu brigues la Présidence. L’héritier évita soigneusement de réagir aux interrogations quand à l’importance de son nom dans la rapidité de son parcours politique. " Nous sommes la risée du monde entier" a rappelé, quelques heures plus tard, François Bayrou. Jean Sarkozy est lui la risée du Web. Les sondages dénoncent cette "élection-nomination". Et le Canard Enchainé rappelle comment l'Elysée a manoeuvré pour placer le Prince Jean : Pistonné pour être candidat dans un canton protégé de Neuilly-Sur-Seine, le fils Jean a rapidement " convaincu" le député-maire de Meudon Hervé Marseille de lui laisser sa place d'administrateur de l'EPAD ("On s'est mis d'accord entre nous sans voter" explique ce dernier !). Quand au président sortant, Patrick Devedjian, un décret était prêt, cet été, pour lui permettre de poursuivre son mandat malgré ses 65 ans. L'Elysée a bloqué ...

Jean Sarkozy trouvera certainement des gestionnaires compétents pour administrer l’organisme à sa place. Car l’opération est surtout politique. Cette présidence était une étape dans la conquête de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine en 2011. Ce département, où le revenu moyen est trois fois plus élevé qu’ailleurs, est depuis toujours un château fort de la droite. De Charles Pasqua à Patrick Balkany, c’est aussi le lieu de tous les scandales politico-financiers.
Et Nicolas Sarkozy n’a pas l’intention de laisser un concurrent s’emparer de cette chasse gardée. Matignon avait souhaité prolonger le mandat de Patrick Devedjian à la tête de l’EPAD, mais l’intéressé a le défaut de ne pas être un inconditionnel. On aurait pu laisser le vice-président Hervé Marseille briguer la présidence. Mais celui-ci vient opportunément d’être nommé (par l’Elysée) au Conseil économique, social et environnemental. Le 23 octobre, il cédera donc son poste d’administrateur au dauphin Sarkozy.

Pour sa défense, Jean Sarkozy n’a pas complètement tort de dire qu’il n’a jamais été “nommé” nulle part. Il oublie de préciser que le seul scrutin qu’il a vraiment remporté s’est tenu à Neuilly, la ville qu’a dirigée son père pendant vingt ans. Au conseil général, où il préside le groupe UMP, et à l’EPAD, il s’agit d’élections par des pairs. Autrement dit, des élus de la majorité, dont l’avenir politique dépend entièrement du président.
Car Nicolas Sarkozy a aussi refusé, comme l’aurait exigé une certaine tradition, de laisser l’UMP à un éventuel concurrent. Il a ainsi conservé la haute main sur les candidatures, et peut donc décider de la vie ou de la mort des élus du parti. Froid stratège dépourvu de la moindre pudeur, le président a probablement jugé qu’il valait mieux agir immédiatement, malgré le tollé, plutôt que trop près de l’élection présidentielle.

Tout cela ne fait qu’ajouter à l’atmosphère d’impunité politique qui règne ces jours-ci en France. Car il ne faut pas oublier les blagues de mauvais goût sur les étrangers du ministre de l’Immigration Brice Hortefeux. Sans compter l’affaire Clearstream, un procès dans lequel le président, qui jouit de l’immunité pénale, se permet de poursuivre personnellement un ancien adversaire politique, Dominique de Villepin, et de traiter publiquement les accusés – présumés innocents – de “coupables”.
Dans tous ces incidents, le gouvernement a fait bloc sans reconnaître l’ombre d’une faute. Or, dans toutes ces “affaires”, ce n’est pas la gauche que le président est en train de mécontenter, mais bien le “peuple de droite”. Le candidat Sarkozy n’avait-il pas dénoncé les élites de Saint-Germain-des-Prés, ces soixante-huitards qu’il accusait de laxisme, d’avoir transgressé tous les interdits et de n’avoir plus de morale ?

!!!

L'Église protestante suédoise autorise le mariage homosexuel

En Suède, l'Église protestante autorise désormais les couples homosexuels à s'unir devant l'autel... au grand dam des Églises catholique et orthodoxe.
La loi suédoise autorise ces mariages depuis le 1er mai.
L'Eglise de Suède (une des principales communautés luthériennes au monde) a approuvé jeudi lors de son synode le mariage des homosexuels à l'église, autorisé par la loi suédoise depuis le 1er mai dernier, a-t-elle annoncé.
La mesure, qui sera appliquée à compter du 1er novembre, a été adoptée à une majorité de près de 70% par les quelque 250 membres du synode, a indiqué l'institution religieuse protestante dans un communiqué, qui précise qu'une liturgie pour les mariages homosexuels a également été adoptée.
Lors de l'adoption de la loi par le Parlement suédois en avril dernier, l'Eglise luthérienne, séparée de l'Etat en 2000, avait soutenu la réforme mais reporté son approbation formelle à son synode.
La Suède, déjà pionnière en matière de droit à l'adoption pour les couples homosexuels, devient ainsi l'un des premiers pays au monde à autoriser la célébration de mariages homosexuels au sein de sa principale congrégation religieuse.
Quelque 73% des Suédois appartenaient à l'Eglise de Suède en 2008.

l’Eglise luthérienne du pays n’est pas une communauté marginale d’orientation ultralibérale, mais une Eglise majeure, anciennement d’Etat, historique (issue directement de la Réforme au XVI siècle) et représentant théoriquement, selon ses statuts, tout un peuple. C’est pour cela que la décision est historique. Elle inspirera certainement d’autres Eglises importantes en Europe. Et elle provoquera aussi l’incompréhension de beaucoup d’Eglises. La décision soulève de multiples problèmes théologiques et politiques, des débats, aussi bien au sein même de l’Eglise de Suède que chez les autres Eglises engagées dans le dialogue œcuménique avec les luthériens suédois.
La principale association suédoise de défense des homosexuels, RFSL, a salué la mesure. "RFSL félicite l'Eglise de Suède pour sa décision, vos membres homosexuels et bisexuels vont enfin pouvoir se sentir un peu plus bienvenus dans la société", écrit-elle dans un communiqué.
Mais l'association critique le droit des pasteurs de refuser à titre individuel de célébrer un mariage homosexuel. Dans ce cas, l'Eglise devra être en mesure de trouver un autre prêtre pour la cérémonie.
Les églises catholique et orthodoxe, largement minoritaires en Suède, se sont dites "attristées" par la décision de l'église protestante.

"C'est avec tristesse que nous apprenons la décision du synode de l'Eglise de Suède", écrivent Fredrik Emanuelson, responsable oecuménique de l'église catholique suédoise et Misha Jaksic, un responsable de l'église orthodoxe, dans un communiqué commun.
"Dans nos églises et communautés nous n'unirons pas de couples homosexuels, dans la mesure où c'est en contradiction complète avec la tradition de l'église et toute notre vision de la création", poursuivent-ils.
En Suède, les couples hétérosexuels peuvent choisir de se marier soit à la mairie soit à l'église, tandis que les couples homosexuels étaient jusqu'alors seulement autorisés, depuis 1995, à s'unir via un "partenariat" rendu légal par une cérémonie civile. Le mariage à l'Eglise dans le pays nordique a valeur civile.
Chez le voisin norvégien, le Parlement avait adopté en juin 2008 une loi permettant le mariage homosexuel et autorisant en principe l'Eglise luthérienne protestante, religion d'Etat en Norvège, à célébrer des unions d'homosexuels.

Pour comprendre cette décision d'autoriser le mariage homosexuel, il faut considérer le contexte politique et l’organisation de l’Eglise de Suède, très liée à la vie politique en Suède. Dans ce pays viking, on a réglé la question du mariage gay civil cette année. Le 1er mai dernier, une nouvelle loi est entrée en vigueur introduisant une conception très particulière, probablement unique au monde : le mariage entre deux personnes est désormais sexuellement neutre. Aux yeux du législateur, il n’y a plus aucune différence entre un couple hétérosexuel, homo- ou transsexuel. Au grand regret d’une vingtaine de députés chrétiens-démocrates (sur 349 sièges), mais à la satisfaction des autres parlementaires, gauche et droite confondues, cette nouvelle loi a été adoptée dans une relative indifférence médiatique. Il faut dire que l’union que les homosexuels pouvaient contracter jusqu’alors était presque aussi avantageuse – ou contraignante – que le mariage. Et le nombre réel de demandeurs de mariage homosexuels est de toute façon faible.

Le vrai problème, politiquement parlant, est celui des Eglises. Comment faire ? En Suède, il n’y a pas de laïcité à la française avec une séparation très stricte. Pratiquement toutes les Eglises et les autres communautés religieuses en Suède peuvent par exemple marier légalement des couples sans que ces derniers aient besoin de passer par la mairie d’abord. En échange, les Eglises doivent respecter la loi.
L’écrasante majorité des Eglises et des autres communautés religieuses considèrent que le mariage est réservé à des couples hétérosexuels pour des raisons théologiques. Ainsi l’Eglise catholique romaine, qui regroupe 1,5% des Suédois, et toutes les Eglises évangéliques, où l’on trouve environ 10% des baptisés (5-8% de la population), mais 50% de ceux qui se disent " pratiquants" en Suède. Pour eux, pas question de marier des homosexuels.

Mais le législateur, quoique très naïf dans ses rapports avec les Eglises, a fini par se rendre à l’évidence : il faudrait accepter des cas de conscience. Donc des exceptions. Les Eglises ont obtenu le droit de ne pas marier des couples homosexuels qui le demanderaient (explications données plus haut) L’Etat demande seulement aux Eglises (et à leurs fédérations) de prendre une décision claire en la matière. Certaines Eglises très libérales – par exemple la petite Eglise catholique libérale, à ne pas confondre avec la romaine – ont effectivement annoncé leur intention de célébrer des mariages homosexuels. Ce qui a provoqué aussitôt une réaction de toutes celles qui sont d’un avis contraire. Chez les pentecôtistes, le responsable de la principale fédération a déclaré qu’il n’admettrait pas qu’une seule Eglise membre accepte la nouveauté. [...]
Avec le mariage homosexuel, l’Eglise de Suède sera plus moderne ... Elle en a peut-être besoin mais y aura-t-il une place pour ceux qui cherchent Dieu aussi ? Va-t-on encore accepter d’y lire la Bible et toute la Bible ?

jeudi 22 octobre 2009

Un peu de nature ...

L'Alfa Romeo Giulia

L'Alfa Romeo Giulia est une berline sportive produite par Alfa Romeo entre 1962 et 1977.
Alfa fut le premier fabricant à mettre un moteur puissant dans un véhicule de production courante. La Giulia pesait environ 1.000 kg. Elle était équipée d'un moteur 1,6 litre à 75 kW avec une transmission manuelle à 5 rapports.
Sa vitesse maximale était de 170 km/h, ce qui était une vraie référence au début des années 1960 et cette voiture est restée une des plus rapides et sûres à la fin des années 1970.
Elle atteignait les 100 km/h départ arrêté en environ 12 secondes.

Son style était très simple mais très détaillé. Le moteur, l'habitacle et le coffre étaient carrés tous les trois. Cependant, la calandre, les lignes du toit et les détails du capot et du coffre unifiaient le design. Cette voiture disposait surtout d'un coefficient de pénétration dans l'air (Cx) particulièrement bas, bien inférieur par exemple à celui d'une Porsche 911 de la même époque. Le Centre Style Alfa Roméo disait que son design avait été taillé par le vent.

L'Alfa Roméo Giulia a été créée pour assurer le remplacement de l'Alfa Romeo Giulietta, la Giulia reprenait d'ailleurs le même schéma mécanique mais sur une base technique entièrement nouvelle.
Belle, puissante et bourrée de caractère, la Giulia incarne à merveille les "Chevaux de feu" d'Alfa Romeo. Féline et sensuelle, à l'image de la magnifique sonorité de son double arbre, c'est une latine chaleureuse doublée d'un tempérament de sauvageonne. Au cours d'une brillante carrière de seize années, la Giulia connaîtra de nombreuses variantes.

En grandissant, Juliette est devenue Julie. Extrapolation de la Giulietta, la Giulia est présentée à la presse sur la piste de Monza en juin 1962 - tout un symbole. L'augmentation de la cylindrée (1570 cm3) fait passer le nouveau cheval de bataille d'Alfa Romeo dans la catégorie des 1,5 /1,6 litre, nouvelle classe moyenne européenne qui illustre l'élévation du niveau de vie.
A l'instar de sa devancière, la Giulia ne présente en rien le caractère d'une familiale pour père tranquille.
Sa vraie personnalité est celle d'une voiture de sport à quatre portes. Rapportées à la cylindrée, les performances se révèlent exceptionnelles pour une berline de l'époque. Il est vrai que le prix n'est pas ordinaire non plus. Surclassant les Fiat 125 et Peugeot 404 Injection, supérieure à la Lancia 1800 plus chère, elle ne trouve qu'une vraie rivale dans sa catégorie. Il s'agit de la BMW 1600 TI au potentiel très voisin, mais dont l'existence sera éphémère.

Il faut se souvenir que la marque bavaroise ne possède pas, dans les années soixante, une image aussi sportive que celle d'Alfa Romeo. Ce n'est qu'à partir de la série 2002 que les BMW dépasseront la Giulia en performances, mais ces voitures se situent alors dans la classe supérieure des deux litres. Par rapport aux modèles de Munich, la Giulia s'avère plus séduisante et plus sensuelle. Elle illustre parfaitement l'idée des " Chevaux de feu ", l'excellent slogan publicitaire tiré du beau film soviétique réalisé en 1962 par le cinéaste arménien Serge Paradjanov.

Dans les années soixante et soixante -dix, le statut sociologi -que de la Giulia paraît proche de celui des BMW d'aujour -d'hui. Sa clientèle se recrute notamment chez les jeunes CSP + (cadres, chefs d'entreprise et professions libérales) soucieux de se donner, grâce à sa brillante personnalité, une image dynamique.
Produite dans la nouvelle usine d'Arese, la Giulia connaîtra un succès qui se prolongera pendant seize ans, sans modifications notables si l'on excepte un partiel mais regrettable lifting en 1974.

Ce destin heureux, la voiture le doit pour une bonne part à sa pièce maîtresse, le légendaire double arbre Alfa en aluminium. Cumulant toutes les qualités que l'on peut espérer d'un quatre cylindres, ce chef d'œuvre mécanique mérite tous les dithyrambes. Donnant à la Giulia des performances très supérieures aux voitures de sa catégorie, et même aux deux litres, il est puissant, pointu et étonnamment souple à la fois. Toujours avec une merveilleuse onctuosité et dans l'inimitable sonorité fauve et ouatée de son échappement…

Cette mécanique fait de la Giulia une voiture polyvalente, utilisable aussi bien en conduite sportive qu'en usage familial. De plus, il est doué d'un remarquable sens de l'économie, grâce en partie à la cinquième vitesse, privilège rare à cette époque et réservé à des voitures de catégorie supérieure.
Mais la Giulia, c'est aussi une extraordinaire silhouette. Son originalité a surpris au moment de son lancement et d'aucuns ne l'ont pas comprise. Œuvre du Centro Stile Alfa Romeo et dotée d'un excellent Cx, elle prouve que les grands carrossiers ne sont pas les seuls à inventer des formes audacieuses. La face avant expressive donne à la Giulia un air farouche et décidé, tandis que l'ample poupe cubique, aux vertus aérodynamiques, présente beaucoup de caractère. Elle sera d'ailleurs reprise sur la Tubolare de Zagato.

Baptisée TI, la première Giulia est encore équipée de freins à tambours qui cèderont rapidement la place à des disques. A l'intérieur, les designers italiens s'en sont donnés à cœur joie, et le tableau de bord de couleur blanc et noir constitue une étonnante pièce d'art décoratif. Représentatif de l'esthétique de son époque et extrêmement daté, il surprend aujourd'hui par son caractère insolite, qui évoque les salons des arts ménagers des sixties. Le levier de vitesses se trouve au volant, lui-même bicolore et en forme de V.

Présentée en avril 1963, soit moins d'un an après le lancement de la Giulia, la TI Super illustre la vitalité de la firme milanaise. Version de la TI destinée à la compétition - avec pour objectif de concurrencer la redoutable Ford Cortina Lotus -, sa production est limitée aux 500 exemplaires nécessaires à l'homologation. L'élévation du taux de compression et deux carburateurs double corps apportent 20 ch supplémentaires, mais une longue liste d'options permet de la préparer pour la course. Dépouillée du superflu, elle gagne cent kilos. S'étant illustrée dans de nombreuses compétitions, elle constitue aujourd'hui la version la plus rare et la plus recherchée de la dynastie Giulia.

Poursuivant sa carrière jusqu'en 1967, la TI bénéficie de quelques améliorations issues de la TI Super. La Giulia Super, dont l'appellation évoluera en Giulia 1600 Super à partir de 1969, et en Giulia Super 1,6 en 1972, est présentée au Salon de Genève de 1965. Elle constitue sans doute la meilleure des Giulia, car la mieux équipée et la plus homogène. Son moteur à deux carburateurs double corps est plus puissant que celui de la TI et plus souple que celui de la TI Super. Elle offre un nouvel intérieur au luxe discret et de bon goût. Passons rapidement sur la Giulia 1600 S, modèle économique produit pendant deux ans (1969-1970) et destiné au marché italien, dont la puissance est ramenée à 95 ch avec un seul carburateur.

Pour répondre aux besoins du marché transalpin fortement taxé, Alfa Romeo se doit de maintenir au catalogue une version équipée du moteur de 1,3 litre. Ainsi à partir de 1964, la Giulia 1300 prend la suite de la Giulietta. Outre sa puissance de 78 ch et sa boîte à quatre vitesses, son aménagement intérieur traité à l'économie et son décor simplifié la singularise de la version 1600. Elle poursuivra sa carrière jusqu'en 1971 comme modèle de bas de gamme, mais entre-temps seront apparues, en 1966, la 1300 TI, puis en 1970, la 1300 Super. Dotées de la boîte à cinq vitesses et de quelques chevaux supplémentaires, elles bénéficieront aussi d'un équipement plus riche.

Sous prétexte de moderniser la Giulia, Alfa Romeo va abâtardir son design avec la Nuova Super, qui prend la relève en 1974 en versions 1600 et 1300. C'est avec ce plumage décevant que la génération Giulia s'éteint en 1977, après qu'environ 550 000 voitures ont été produites, tous types confondus. Elle ne sera jamais remplacée dans le cœur des Alfistes, car la nouvelle Giulietta lancée en 1978 ne convaincra pas. Avant de disparaître, la Nuova Super aura donné à la Giulia sa version diesel ! Les 55 ch SAE tirés du Perkins de 1760 cm3 propulse difficilement la voiture à 138 km/h, le comble de l'indignité pour une Giulia ! Mais le modèle ne sera jamais exporté.

Un peu d'amour ...