dimanche 8 mars 2009

blOb sOfa

Imaginé par David Génin, étudiant en 4ème année a l'ESDI Paris, "blOb sOfa" tire parti de l'élasticité du matériau pour créer une forme qui ressemble à une tache de peinture fraîche, aspirant littéralement l'utilisateur dans ses courbes moelleuses. Découverte dans la suite !



Grâce à l'utilisation de matériau intelligent à mémoire de forme et à effet viscoélastique, "blOb sOfa" offre un confort adapté à chacun grâce à son assise qui épousera la forme de votre corps pour un confort et une sensation de protection maximale. Le matériau employer s'adapte également à la forme puisqu'il renforce l'impression de tache de peinture, avec une partie sèche en surface et fraiche à cœur.



Pour être rangé, "blOb sOfa" pourrait être compressé sous vide jusqu'à devenir complètement plat, avant d'être glissé dans des enveloppes en PVC. Ainsi le polyuréthane expansé ne reprendrait son volume initial qu'à l'ouverture de l'enveloppe, au contact de l'air. Ce principe déjà développé par Gaétano Pesche permettrait de réduire l'encombrement tout en créant la surprise lors de sa mise en place.



Même si le choix de la forme en "éclaboussure", déjà déclinée dans de nombreux projets de design, pourra peut-être paraître facile, on a beaucoup aimé sa taille plutôt imposante (bien que réservé, du coup, aux intérieurs spacieux) ainsi que le choix des matériaux et notamment leur comportement d'usage et les possibilités qu'ils offrent en matière de compactage lors du rangement.

samedi 7 mars 2009

Le projet de loi sur les droits des beaux-parents ...

... que Nicolas Sarkozy souhaite voir discuter au Parlement fin mars, a suscité mardi une polémique au sein du gouvernement, Christine Boutin s’élevant contre "une façon détournée" de reconnaître l’homoparentalité.



La ministre du Logement et présidente du Forum des républicains sociaux a critiqué mardi dans un communiqué le texte de loi préparé par la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, qui fait référence dans sa version modifiée aux "foyers composés de deux adultes du même sexe".
Boutin :
"Je n’accepterai pas que l’on reconnaisse l’homoparentalité et l’adoption par les couples homosexuels de façon détournée", a affirmé Mme Boutin, "en le glissant dans une loi sur le statut du beau-parent".
"Le fait de reconnaître le statut du beau-parent risque de mener à la reconnaissance objective de l’homoparentalité et de l’adoption par les couples homosexuels", a-t-elle dit, défendant le fait que "l’enfant pour se structurer a besoin d’un papa et d’une maman".
Réagissant sur RTL, Mme Morano a invité sa collègue au gouvernement, "plutôt que d’avoir une posture passéiste et idéologique à vraiment lire ce texte". Selon la secrétaire d’Etat, "il ne crée pas un statut du beau-parent, le projet de loi porte sur l’autorité parentale et le droit des tiers".

"Il s’agit de permettre à celui qui élève un enfant d’avoir des droits dans le cadre de l’autorité parentale partagée, s’il y a accord entre les parents biologiques et celui qui va s’occuper de l’enfant, et par le biais d’une convention homologuée chez le juge", explique-t-elle.
Evoquant les "2 millions d’enfants vivant en familles recomposées, 3 millions en familles monoparentales et 30.000 enfants élevés par deux personnes du même sexe", Mme Morano a insisté sur la nécessité de "permettre à celui qui élève l’enfant de pouvoir agir pour les actes usuels de la vie quotidienne".
"Je ne veux pas débattre avec Mme Boutin, ce qui m’intéresse ce sont les Français, il faut prendre en compte l’évolution de la famille", conclut-elle.

A priori, cet avant-projet de loi n'a rien de bien révolutionnaire. Annoncé avec bruit comme la création nouvelle d'un «statut du beau-parent» par Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines, il reste d'une ambition modeste. Il en va de ce texte comme de certains autres projets du gouvernement : on donne un nom ronflant à ce qui n'est en réalité une simple adaptation du droit aux réalités du moment. En l'occurrence, sur le sujet qui nous occupe, c'est peut-être mieux ainsi. C'est en fait un texte technique et consensuel que le gouvernement veut présenter.
L'avant-projet de loi défendu par Nadine Morano ne crée en réalité pas de statut, ni pour les beaux-parents, ni pour les homoparents. Juridiquement, ces catégories n'existeront pas plus aujourd'hui que demain. Ce projet se contente en fait de moderniser la nature des liens juridiques entre l'enfant, ses parents et le tiers qui partage sa vie. Lequel sera défini ainsi : il s'agit de celui ou celle "qui réside avec l'enfant et l'un de ses parents et a noué des liens affectifs étroits avec lui". C'est à la fois précis et ouvert, sans enfermer quiconque dans une catégorie.

Ce tiers dispose déjà d'une existence légale, depuis 2002, avec la loi sur l'autorité parentale de Ségolène Royal. Cette loi ouvrait notamment la possibilité de partager l'exercice de l'autorité parentale avec un tiers, sur décision du juge. Fort logiquement, en 2006, la Cour de cassation a validé un tel partage entre la mère d'un enfant, et sa compagne. Christine Boutin, le MPF et le FN auront beau s'époumoner : la loi rend déjà possible la reconnaissance des liens entre un enfant et le parent social qui l'élève, même s'il est de même sexe que le parent biologique. Jamais la loi n'a interdit à deux hommes ou à deux femmes d'élever ensemble un enfant. Au contraire, elle permet cet aménagement de l'exercice de autorité parentale, dans "l'intérêt supérieur de l'enfant", y compris dans le cadre d'une famille homoparentale.

L'avant-projet de loi s'appuie donc sur ces acquis jurisprudentiels, pour les consolider. La loi précise par exemple ce que sont un acte usuel et un acte important pour la vie de l'enfant — c'est assez technique —, afin de définir le rôle et les prérogatives de chacun, selon ce que les tribunaux ont déjà déterminé. Rien de nouveau, juste une clarification.
Autre aspect du texte : le principe de coparentalité, qui organise la résidence alternée de l'enfant après séparation des parents, est rendu plus facilement applicable. En cas de non-respect, le juge aux affaires familiales pourra décider d'une astreinte à la charge du parent qui ne joue pas le jeu, et faire exécuter la décision. Rien de fondamentalement nouveau non plus, donc. Mais étrangement, l'UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) fait semblant de ne pas voir ce gain d'efficacité de la loi, qui va pourtant dans son sens.

Les dispositions qui font le plus polémique concernent les conditions de partage de l'exercice de l'autorité parentale avec un tiers. Premier point : rien n'est possible si l'un des deux parents exprime son désaccord. Si un parent, séparé, souhaite partager l'exercice de son autorité parentale avec son nouveau conjoint, et que l'autre parent ne le veut pas, il ne se passera rien : le tiers restera juridiquement un étranger. Cette condition se place même au-dessus de celle de l'intérêt de l'enfant, dont on dit pourtant qu'elle surpasse tout. En aucun cas, une place ne sera donc faite au tiers au détriment d'un des parents.
Deuxième point : si on est contre le partage de l'exercice de l'autorité parentale entre deux hommes ou deux femmes, il ne suffit pas de rejeter l'avant-projet Morano, il faut abroger la loi Royal de 2002. Pourquoi Christine Boutin ne le demande-t-elle pas ? Ses interventions outragées relèvent moins du souci de la cohérence que d'une posture bien pratique pour retrouver la scène des médias.

La vraie nouveauté, c'est que ce partage se fera par homologation du juge, et non plus par décision du tribunal. Un peu à la manière du divorce par consentement mutuel, où le juge est toujours présent pour vérifier qu'aucune partie n'est lésée, mais sans procédure contradictoire inutile dès lors que tout le monde est d'accord. La principale mission du juge sera alors de veiller à l'intérêt de l'enfant. C'est incontestablement un progrès, qui permet de banaliser un outil juridique peu accessible, mal aimé du parquet (qui n'aura plus son mot à dire), et soumis à des restrictions rédhibitoires (la jurisprudence de 2006 limitait le partage de l'exercice de l'autorité parentale à des circonstances particulières).
Ajoutons, parmi les autres avancées, la consécration du droit de l'enfant à entretenir des relations personnelles avec le tiers. En cas de décès d'un parent, l'enfant pourra être confié au tiers, sur décision du juge (que le tiers peut éventuellement saisir). Difficile d'y voir matière à polémique. Une fois encore, c'est l'intérêt de l'enfant qui primera dans toute décision du juge, et aucun parent ne se verra déposséder de ses propres droits.

Alors, certes, ce texte permettra à des familles homoparentales de mieux organiser leur vie quotidienne, de trouver un peu plus de sécurité juridique, à défaut d'une vraie reconnaissance. Et ce, à partir d'outils juridiques qui existent déjà, mais jusqu'alors applicables dans des conditions trop restrictives. L'Inter-LGBT a donc stratégiquement raison d'y apporter un soutien critique.
Pour autant, la polémique soulevée par Christine Boutin est artificielle pour une bonne part, en prêtant au texte beaucoup plus qu'il ne permet en réalité. Et, finalement, cette révolte d'une partie de la droite ne s'explique pas tant par cette concession faite aux familles homoparentales, réelle mais limitée, que par des motifs beaucoup plus profondément idéologiques…

mardi 3 mars 2009

AMC PACER : Et la citrouille devint carrosse...

Trop "petite" et trop exotique, la Pacer ne trouva jamais sa clientèle outre-atlantique et c'est en France qu'elle connut la célébrité. Habilement vendue, elle va d'abord envoûter quelques stars, devenir la coqueluche du "Tout Paris" et retomber tout aussi vite dans l'oubli.

Préoccupés par le succès de la Coccinelle, puis de la percée des japonaises bon marché, les constructeurs américains commencent à penser "petit" à l'aube des années soixante-dix.
Une réflexion qui donne naissance à une nouvelle génération de voitures moins puissantes et aux dimensions plus modestes : les "subcompacts".
Pendant que Ford et General Motors lancent l'offensive avec de très fades Pinto ou Chevrolet Chevette, que Chrysler loupe encore une fois le train, American Motors propose une réponse beaucoup plus originale avec la Pacer. AMC (American Motors Corporation) jusque-là spécialisé dans la production de modèles populaires sans grande identité, lassé d'être méprisé et jugé incapable de sortir de l'ombre des "Big Three" de Detroit, souhaite frapper un grand coup.

Née en 1954, cette société qui regroupe de nombreuses vieilles marques essoufflées (Nash, Hudson, Rambler) a connu une histoire pour le moins agitée et des fins de mois souvent difficiles.

Tout cela est fini ! Le rajeunissement complet de la gamme diffusée sous le seul label AMC, puis quelques beaux succès sportifs avec une Javelin avec laquelle Mark Donehue se joua des Mustang et autres Camaro, et enfin la fusion avec Jeep en 1970, font naître de nouvelles ambitions. Après avoir lancé sur le marché une première "compacte", la Gremlin dont lignes anguleuses et agressives ne font pas l'unanimité, AMC décide d'aller encore plus loin et de jouer à fond la carte de la différence. Un choix dicté par le vice-président de la firme, Richard Teague qui cumule ces hautes fonctions avec celle de directeur du style et du bureau d'études. Il va ainsi offrir une totale liberté de création à ses collaborateurs avec pour seule contrainte... l'obligation de concevoir une voiture différente de tout ce que l'on connaît alors !



L'idée de départ (en février 1971) est de créer une petite voiture maniable dont les dimensions intérieures offriraient à ses occupants un nouveau plaisir de rouler et un confort supérieur à la moyenne. En bref, il s'agit de donner envie aux Américains de rouler dans une petite voiture sans qu'il en éprouve de la honte et encore moins la crainte de déchoir de leur condition sociale. Pour ce projet ambitieux, de nombreux dessins inédits (dont plusieurs études de véhicule monocorps) sont élaborés avant qu'une silhouette de berline classique ne soit retenue. Une ligne classique mais certainement pas conventionnelle. De dimension européenne avec ses 4,35 mètres de long, la Pacer se distingue par sa largeur inusitée (près de deux mètres) et par son vaste dôme vitré à l'arrière. Imposante mais finalement plutôt fine avec son petit capot plongeant (elle devait recevoir initialement un moteur à piston rotatif Wankel de faible dimension), elle tient davantage de la capsule spatiale que de l'automobile.



Première automobile conçue pour et autor de ses passagers, spacieuse et confortable, la Pacer se veut aussi astucieuse : vaste capacité et facilité de chargement avec un hayon arrière (un concept rarissime aux USA alors) et une portière gauche plus longue de 10 cm pour faciliter l'accès aux places arrière. Toutefois, le mieux est souvent l'ennemi du bien. Ainsi, cette longue portière interdit le stationnement sur le côté droit de la chaussée sous peine de griffer le bitume avec ce bel acier ! Il en ira de même pour le hayon qui va lui conférer un aspect de petite utilitaire qui fera le bonheur des "ménagères de moins de cinquante ans", usage allant à l'opposé de sa vocation première de véhicule de luxe. Une image aggravé par des motorisations désuètes, sans brio et surtout très gourmande à l'heure des chocs pétroliers et des premières mesures antipollution. Le succès initial (100 000 exemplaires vendus en un an) enregistré après la présentation en 1975 ne sera qu'un feu de paille. Deux ans plus tard, les ventes chutent de près de 50 % et le lancement d'un break à la ligne plus conventionnelle ne peut rien pour inverser la tendance. Alors que la Pacer agonise aux USA, elle connaît un succès inattendu en France grâce au dynamisme de l'importateur "Jean-Charles Automobile".

Implanté dans le XVIe arrondissement de Paris, spécialiste de longue date de "l'Américaine", il touche immédiatement une clientèle avide d'originalité. Une campagne publicitaire "coquine" vantant les courbes de la Pacer, le concours de stars tels Brigitte Bardot ou Coluche lui valent un succès foudroyant. Près de 3000 Pacer sont vendues en France à une époque où le paysage automobile sombre dans la laideur et la banalité. Un succès de mode éphémère par nature, qui en faisant de la Pacer la plus française des américaines, lui accordera un morceau d'éternité.

PRODUCTION
278 344 exemplaires, de 1975 à 1980

POSSEDER UNE PACER
Vendues à près de 3000 exemplaires en France, les Pacer sont difficiles à dénicher et pratiquement introuvables en bon état. Elles se font tout aussi rares dans les pays limitrophes et même aux États Unis, où elles ne connurent qu'une faible diffusion. Si le hasard, met sur votre chemin un "nid de Pacer", préférez sans hésitation les versions à moteur V8 offrant un meilleur agrément de conduite ainsi qu'un niveau de finition plus élevé. Si les moteurs (ils sont dérivés des mécaniques de Jeep !) ainsi que les transmissions peuvent se prévaloir d'une robustesse exemplaire, il n'en va pas de même pour la carrosserie. Comme toutes ses contemporaines, la Pacer se montre très sensible à la corrosion, et certains éléments extérieurs sont devenus difficiles à trouver. Enfin, malgré sa relative petite taille, cette Américaine affiche un sérieux appétit en carburant...

SA COTE
Il faut compter de 14 000 F (18 000 F/V8) pour une version réclamant une importante remise en état à 30 000 F (40 000 F/V8) pour un modèle en affichant une bonne présentation et une mécanique prête à rouler.

lundi 2 mars 2009

Deneuve

!!!

Le Centre Pompidou

Le Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou est un établissement poly-culturel situé dans le quartier Beaubourg, dans le 4e arrondissement de Paris, entre le quartier des Halles et le Marais.
Le Centre, qui accueille le public depuis 1977, est né de la volonté de Georges Pompidou, alors Président de la République française, de créer au cœur de Paris une institution culturelle originale entièrement vouée à la création moderne et contemporaine où les arts plastiques voisineraient avec les livres, le design, la musique, le cinéma.

En 2006, le Centre Pompidou accueillait 6,6 millions de visiteurs par an, ce qui en fait la troisième institution la plus visitée en France après le musée du Louvre et la tour Eiffel. Il conserve l'une des deux plus importantes collections d'art moderne et contemporain au monde avec celle du Museum of Modern Art de New York, abrite d'importantes galeries d'expositions temporaires, des salles de spectacles et de cinéma, et la première bibliothèque de lecture publique en Europe.

Dans l'esprit du président Georges Pompidou, l'implantation au centre de Paris d'un équipement culturel d'un type nouveau, voué à toutes les formes de la création contemporaine, se situait au carrefour de préoccupations :



* la volonté d'enrayer le déclin de Paris sur la scène artistique et de lui conserver son statut de place majeure de l'art contemporain au niveau mondial, de plus en plus contesté par New York ;
* symétriquement, la volonté d'ouvrir la création française sur le monde et de favoriser, par l'interdisciplinarité, l'expression de nouvelles formes artistiques ;
* la conviction que l'art le plus contemporain peut renouer avec le public le plus large à la condition que la puissance publique joue pleinement son rôle de médiation ;
* le désir de créer à Paris un grand monument représentatif de l'architecture de la seconde moitié du XXe siècle, dont les réalisations dans la capitale avaient, jusqu'alors, été peu importantes ou peu notables.


Cette ambition était faite, particulièrement à l'époque, pour susciter de vifs débats, qu'il s'agisse de l'opposition courante entre culture de masse et culture élitiste, de la problématique de la décentralisation culturelle – le Centre serait-il un grand équipement parisien supplémentaire ou, selon la formule de Michel Guy, parviendrait-il à s'imposer comme "la centrale de la décentralisation" ? – et des rapports entre pouvoir et création – nombre d'artistes redoutaient alors les tentatives de récupération ou d'instrumentalisation, comme le montra, en 1972, la polémique créée par l'exposition du Grand Palais "72-72".

Parmi les sources directes du projet, on trouve deux projets distincts qui avaient été conçus et avaient cheminé parallèlement au cours des années 1960 :

* le projet d'un musée du XXe siècle qu'André Malraux avait envisagé de construire et dont il souhaitait confier la conception à l'architecte Le Corbusier : ce projet visait à répondre à l'état d'abandon du musée national d'art moderne, qui était alors installé au Palais de Tokyo. Disposant de très peu de moyens, ce musée, dont les collections étaient passées à côté d'artistes majeurs du XXe siècle, n'accueillait qu'un public très limité (165 000 visiteurs seulement en 1971). Le IVe Plan avait donc prévu la construction d'un nouveau musée d'Art moderne et alloué un crédit de 8 millions de francs pour l'achat du terrain et les études préparatoires. Une étude avait été confiée par Max Querrien, directeur de l'Architecture, à Maurice Besset, adjoint de Jean Cassou, conservateur en chef du musée national d'Art moderne et ami personnel de Le Corbusier. Celui-ci avait remis en 1964 un Avant-projet de programme pour le musée du XXe siècle.



* le projet d'une grande bibliothèque de lecture publique dans le centre de Paris, destinée à désengorger la Bibliothèque nationale avait pris de la consistance avec la décision de transférer les Halles centrales à Rungis, en 1963-1965 : l'administrateur général de la Bibliothèque nationale, Étienne Dennery, avait suggéré de profiter de l'emplacement libéré pour implanter cet équipement. Un comité interministériel pour la lecture publique fut créé en 1966 sous l'impulsion de Georges Pompidou, qui attachait une grande importance à cet enjeu, et la nouvelle bibliothèque fut prévue au Ve Plan. Elle devait offrir 1 300 places, 1 000 000 de volumes et 2 000 périodiques sur 11 000 m², et être ouverte à tous. Le programme fut approuvé par le ministre de l'Éducation nationale, Alain Peyrefitte, le 11 décembre 1967.

En 1969, Georges Pompidou, devenu Président de la République, décida de construire un nouveau musée d'Art moderne et choisit le plateau Beaubourg comme le seul emplacement disponible. Mais, ce terrain étant également le seul susceptible d'accueillir la grande bibliothèque publique, il fut décidé, en février 1970, de réunir les deux projets au sein d'un même équipement culturel. Dans la conception du président Pompidou, la bibliothèque devait attirer des visiteurs qui pourraient ensuite découvrir les autres activités proposées. "Je voudrais passionnément, expliqua-t-il, que Paris possède un centre culturel comme on a cherché à en créer aux États-Unis avec un succès jusqu’ici inégal, qui soit à la fois un musée et un centre de création, où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle, etc. Le musée ne peut être que d’art moderne, puisque nous avons le Louvre. La création, évidemment, serait moderne et évoluerait sans cesse. La bibliothèque attirerait des milliers de lecteurs qui du même coup seraient mis en contact avec les arts."

La décision de construire "un ensemble monumental consacré à l'art contemporain sur l'emplacement du plateau Beaubourg" à Paris fut prise officiellement par le Président de la République Georges Pompidou lors d'un conseil restreint tenu le 11 décembre 1969, sur la base d'un document programmatique qui avait été rédigé par Sébastien Loste, alors chargé de mission à la Présidence de la République. Le Conseil de Paris donna son accord le 23 décembre.

À l'origine, le Centre devait comprendre un musée d'Art moderne, une bibliothèque publique et le Centre de création industrielle (CCI) créé par François Mathey, conservateur en chef du musée des Arts décoratifs. Mais, en 1971, sous l'impulsion directe de Georges Pompidou, il fut décidé d'y inclure également un centre de création musicale confié à Pierre Boulez, qui acceptait de rentrer en France, où il avait cessé toutes ses activités depuis 1966, et qui devait devenir l'IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique).

D'emblée, le projet fut extrêmement mal accueilli par l'administration. Il réunissait en effet un équipement relevant du ministère des Affaires culturelles (le musée), un autre relevant à l'époque du ministère de l'Éducation nationale (la bibliothèque), et un troisième (l'IRCAM), qui s'affirmait comme indépendant, voire rival, de la direction de la musique, de l'art lyrique et de la danse dont le directeur nommé par André Max, le compositeur Marcel Landowski, était en guerre ouverte avec Pierre Boulez. Dans l'esprit de ses concepteurs, le Centre se voulait une réponse à un certain nombre de faillites de la politique culturelle française : l'incapacité à créer un musée d'art moderne digne de ce nom, le retard de la lecture publique par rapport notamment à l'Europe du Nord, le dédain dans lequel les autorités avaient tenu la musique contemporaine. Au lendemain de mai 1968, la fondation du Centre Pompidou apparaissait ainsi comme un nouveau défi lancé à l'académisme des institutions culturelles d'État.

Le 26 août 1970, Robert Bordaz, conseiller d'État, fut nommé en Conseil des ministres délégué pour la réalisation du Centre du plateau Beaubourg. Il constitua une équipe d'une dizaine de personnes, chargée de préparer le concours international d'architecture lancé en décembre 1970 et de mettre en place l'établissement public qui devait être chargé de la construction et de la préfiguration du Centre.
Le 15 juillet 1971, le jury du concours international d'architecture, présidé par Jean Prouvé, décida de retenir, parmi les 681 projets présentés, celui des architectes Renzo Piano et Richard Rogers. Les architectes, auxquels était adjoint le bureau d’ingénieurs Ove Arup & Partners, s'installèrent à proximité immédiate des locaux de la mission Bordaz, puis dans les locaux même de celle-ci en 1973.

En janvier 1972, Robert Bordaz fut nommé président de l'établis -sement public du Centre Beaubourg, chargé de la construction du Centre. Il réunit autour de lui les futurs responsables des activités culturelles du Centre, les "utilisateurs", qu'il constitua, dès 1971, en un "conseil des utilisateurs" qui devint, une fois le Centre achevé, le "conseil de direction" :

* Pontus Hulten, un Suédois arrivé en France en septembre 1973, fut nommé directeur du musée national d'Art moderne avec un contrat de trois ans. Avec son adjoint, Germain Viatte, il fut chargé de concevoir le nouveau musée dans une optique résolument contemporaine et internationale.
* Jean-Pierre Seguin, qui fut le premier directeur de la Bibliothèque publique d'information, fut chargé de mettre en œuvre ce projet auquel il travaillait depuis 1967.
* François Mathey devint directeur du Centre de création industrielle, qu'il avait créé en 1968 au sein de l'Union centrale des arts décoratifs mais qui y végétait sans grands moyens.

Le 20 mars 1973, le Conseil des ministres arrêta le programme de la construction et les moyens financiers nécessaires, programmés sur plusieurs années et alloués sous forme de dotations exceptionnelles hors des crédits ordinaires du ministère des Affaires culturelles.

Le statut définitif de la nouvelle institution fut fixé par la loi du 3 janvier 1975 portant création du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Entre-temps, le Premier ministre, Jacques Chirac, avait dû batailler ferme contre le nouveau Président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, qui envisageait d'arrêter le projet. À sa demande, un conseil restreint tenu en août 1974 avait décidé la poursuite des travaux.



Le Centre Pompidou occupe l’emplacement de l’ancien îlot insalubre nº 1. Sa construction a fait l’objet d’un concours international d’architecture, conformément à la volonté de Georges Pompidou qui avait souhaité "que ce concours soit le plus souple possible. Ceci veut dire que les conditions du concours ne devront comporter qu'un minimum de servitudes se rapportant à l'utilisation envisagée des lieux, et qu'il appartiendra aux architectes en fonction de ces servitudes d'établir leurs projets sans avoir à se préoccuper des règlements tels que ceux concernant la limitation de hauteur.



Ce n'est que dans un second stade et sur un des projets retenus pour leur qualité esthétique et leur adaptation aux besoins d'un centre de l'art moderne que l'on pourra être amené à prendre position sur ce problème de hauteur. Il convient aussi que le concours soit accessible à tout architecte de talent, serait-il jeune et dépourvu de moyens financiers. Les conditions d'organisation du concours doivent donc prévoir sous des formes à définir le moyen pour tout architecte dont le projet aurait été remarqué d'être rémunéré de son travail et des frais engagés."

Le 19 juillet 1971, un jury présidé par Robert Bordaz choisissait le projet des architectes Renzo Piano et Richard Rogers, assistés par le programmiste Gianfranco Franchini. La construction a duré de 1971 à 1977.
Le projet de Piano et Rogers était le seul, parmi tous les projets proposés, à implanter le bâtiment selon un axe nord-sud, respectant la trame urbaine du quartier (avec les axes du boulevard Sébastopol et des rues Saint-Martin et du Renard). Ce parti pris permettait en outre de n'occuper que la moitié du terrain en dégageant une vaste esplanade, la piazza, permettant l'accueil du public et une liaison plus fluide entre le bâtiment et la ville.

Le bâtiment se compose de 8 niveaux de 7 500 m² chacun, dont deux niveaux de sous-sols. Chaque niveau forme un vaste plateau, entièrement modulable, l'ensemble de la structure porteuse, ainsi que les différentes gaines techniques, étant rejetés à la périphérie du bâtiment, lui conférant un aspect extérieur très caractéristique, comparé par certains critiques à une raffinerie de pétrole dans le centre de la ville. Toutes les circulations verticales, personnes et fluides sont rejetées sur la façade : les tuyaux extérieurs colorés constituent une particularité du bâtiment. Les conduites d'air conditionné sont bleues, les tuyaux d'eau sont verts et les lignes électriques sont jaunes. Les ascenseurs sont rouges. Les canalisations blanches sont des gaines de ventilation pour les parties souterraines. Même les poutres métalliques qui composent la structure sont apparentes.

L'intention des architectes était de placer les services de logistique hors du corps du bâtiment afin de consacrer la totalité de l'intérieur à sa vocation de musée. L'un des inconvénients est l'entretien important vis-à-vis de la corrosion.
Hommage quelque peu décalé à l'architecture métallique du XXe siècle et au modernisme architectural, multipliant références et citation, le bâtiment a pu être qualifié de dernier grand bâtiment moderne et de premier grand bâtiment post-moderne : "C'est un bâtiment qui fait semblant, c'est une parodie de la technologie" (Renzo Piano).

Les étages supérieurs offrent une large vue sur Paris. On y accède par la diagonale des escaliers roulants extérieurs qui, en traversant toute la façade en zig-zag, donnent à l'édifice sa signature visuelle.
Des artistes de rue animent la piazza qui fait face au musée. Un bassin proche expose des fontaines constituées par des statues en mouvement de Tinguely (structures métalliques) et Niki de Saint-Phalle (formes colorées). Cette fontaine (la Fontaine Stravinski) est une œuvre dite in situ, dans la mesure où les artistes l'ont créée pour cet endroit précis. Elle symbolise la musique (bruits de l'écoulement de l'eau ou des mécanismes) et a été placée à côté de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM).

À l'issue des travaux conduits depuis 2000, le bâtiment principal du Centre abrite les espaces et activités suivants :

* le Musée national d'art moderne : la présen -tation perma -nente des collec -tions d'art moderne dispose de 15 000 m² et présente en permanence 1 330 œuvres sur les 59 000 de 5 000 artistes différents que comporte la collection du Centre (en 2006) ;
* des galeries d’expositions temporaires (design, photographie, etc.) occupent au total 5 200 m² ;
* la Bibliothèque publique d’information (BPI), avec médiathèque de langues, cinéma, occupe 10 000 m² et offre 2 200 places assises ;
* une bibliothèque spécialisée consacrée à l'art du XXe siècle, la bibliothèque Kandinsky, peut également accueillir jusqu'à 76 lecteurs sur une surface de 390 m² ;
* au sein du musée, un espace de consultation documentaire multimédia sur les collections ;
* deux salles de cinéma de 316 et 150 places ;
* une salle de spectacles de 396 places ;
* une salle de débats de 160 places ;
* un espace spécifique pour le jeune public avec galerie d'expositions temporaires et ateliers de pratique artistique.
Le Centre propose également une librairie spécialisée (art, architecture, objets d’art, affiches, photo, etc.) et un restaurant concédé, situé au dernier niveau (Georges).

En dehors du bâtiment principal on trouve :

* sur la piazza, l'Atelier Brancusi ;
* un bâtiment spécifique qui abrite l'IRCAM, avec notamment une salle à jauge et accoustique variable, des studios et une médiathèque ;
* les bureaux ainsi que certaines activités sont répartis dans quatre bâtiments à proximité immédiate (un acquis en 2004 et trois en location).
En 2006, le Centre Georges-Pompidou a reçu 5 133 506 visiteurs, soit une moyenne de 16 776 visiteurs par jour, y compris la Bpi. La Bpi accueille en moyenne 6 000 lecteurs par jour. Le site internet a reçu 3 083 735 visites en 2006, contre 2 403 407 en 2005.



Le Centre a organisé en 2006 vingt-quatre expositions temporaires qui ont reçu 1 623 000 visiteurs, tandis que la présentation « Le Mouvement des images » au niveau 4 du Musée national d'art moderne en a reçu 1 120 000. Il a également organisé 105 spectacles vivants qui ont attiré 22 392 spectateurs et 857 séances de cinéma (84 328 spectateurs).
Les Éditions du Centre Georges-Pompidou ont publié 36 ouvrages en 2006.

dimanche 1 mars 2009

Petite visite chez mon copain Philou !






Cela fait bien 6 mois que je n'avais pas vu mon Philou ...
Ça été l'occasion pour lui de me présenter son nouvel ami Thierry et comme d'habitude, de partager nos petites vies autour d'un bon repas bien (trop) arrosé !

Un peu de douceur ...

Theodor Herzl

De son nom hébreu Benjamin Ze'ev (בנימין זאב), Theodor Herzl né le 2 mai 1860 à Budapest et mort le 3 juillet 1904 à Edlach, est un journaliste et écrivain juif autrichien.
Fondateur du mouvement sioniste au Congrès de Bâle en 1897, il est l'auteur de "Der Judenstaat" ("L'État des Juifs") en 1896 et fondateur du Fonds national juif pour l'achat de terres en Palestine.
Theodor Herzl est né dans le quartier juif de Budapest, capitale de la Hongrie caractérisée par son cosmopolitisme très important. La ville abritait une population juive nombreuse, qui représentait jusqu'à 20 % de ses habitants. Aussi certains antisémites nommaient-ils la ville "Judapest ".

Theodor Herzl (ou Tivadar en hongrois, Wolf Théodore en allemand) grandit dans une famille bourgeoise tout près de la Grande synagogue de Budapest. La famille pratique un judaïsme progressiste. Son père, issu de l'immigration de la partie orientale de l'empire austro-hongrois, se définit lui-même comme réformiste et demeure un partisan de l'assimilation des Juifs au sein de leurs terres d'accueil.
Docteur en droit de formation, Herzl commence par écrire des pièces de théâtre puis devient journaliste et part à Paris comme correspondant de 1891 à 1896. Il rentre alors à Vienne et devient directeur littéraire du plus grand et du plus prestigieux quotidien viennois, "la Neue Freie Presse".

Herzl était au début si peu tenté par le sionisme qu'il n'hésitait pas à écrire les lignes suivantes en faisant le compte-rendu pour son journal d'une pièce d'Alexandre Dumas fils, "La Femme de Claude", où un certain Daniel encourageait les juifs à revenir à la terre de leurs ancêtres :
"Le bon Juif Daniel veut retrouver sa patrie perdue et réunir à nouveau ses frères dispersés. Mais sincèrement un tel Juif doit savoir qu'il ne rendrait guère service aux siens en leur rendant leur patrie historique. Et si un jour les Juifs y retournaient, ils s'apercevraient dès le lendemain qu'ils n'ont pas grand'chose à mettre en commun. Ils sont enracinés depuis de longs siècles en des patries nouvelles, dénationalisés, différenciés, et le peu de ressemblance qui les distingue encore ne tient qu'à l'oppression que partout ils ont dû subir".

L'affaire Dreyfus et les manifestations antisémites qui l'accompagnent sont pour lui un coup de tonnerre. En tant que correspondant à Paris du journal "Die Neue Freie Presse", il suit l'Affaire depuis le premier procès de Dreyfus. Révolté par les manifestations de l'antisémitisme français, il estime désormais absolument nécessaire la constitution d'un "abri permanent pour le peuple juif", thèse qu'il reprend dans son livre "l'État des Juifs", écrit en 1896.
Il y expose les trois principes fondamentaux du sionisme : l'existence d'un peuple juif, l'impossibilité de son assimilation par d'autres peuples, d'où la nécessité de créer un État particulier, qui prenne en charge le destin de ce peuple. A ces trois fondements du sionisme, le Congrès de Bâle de 1897 ajoute un quatrième : le droit des Juifs à s'installer en terre d'Israël, donc dans la région palestinienne de l'Empire ottoman.
Pour mener à bien son projet d'État pour les Juifs, il décide de lancer une campagne internationale et de faire appel à toutes personnes susceptibles de l'aider. Il va ainsi successivement se rapprocher du Baron Edmond de Rothschild qui a déjà commencé à acheter des terres en Palestine depuis 1882, de Maurice de Hirsch. Il demande des lettres de soutien à des personnages importants de l'époque comme le pape Pie X, le roi Victor-Emmanuel III d'Italie ou Cecil Rhodes.

En avril 1896, il se rend à Istanbul en Turquie et à Sofia en Bulgarie pour rencontrer des délégations juives. A Londres, le groupe des Macchabées l'accueille froidement, mais il reçoit un mandat d'encadrement de la part des sionistes de l'East End de Londres. Au cours des six mois suivants, ce mandat est approuvé par toutes les organisations juives sionistes mondiales. Le nombre de ses partisans augmente alors nettement.
En 1897, à grands frais personnels, il fonde à Vienne l'hebdomadaire Die Welt et planifie le premier Congrès sioniste de Bâle.
Il est élu président, poste qu'il a occupé jusqu'à sa mort en 1904. En 1898, il commence une série d'initiatives diplomatiques afin d'obtenir un soutien pour un pays juif. Il est reçu par l'empereur Guillaume II d'Allemagne à plusieurs reprises, puis à nouveau par l'empereur ottoman le 2 novembre 1898 à Jérusalem. Il participe à la première conférence de La Haye, ou il bénéficie d'un chaleureux accueil par de nombreux autres Etat.

En mai 1901, il rencontre pour la première fois Abdülhamid II, le Sultan de Turquie, pour négocier le don des terres de Palestine mais celui-ci lui répond : "Je préfère être pénétré par le fer que voir la Palestine perdue."
En mars 03, Herzl est invité à témoigner devant la Commission royale britannique sur l'immigration des étrangers. Cette occasion lui permet de se retrouver en contact étroit avec les membres du gouvernement britannique, notamment avec Joseph Chamberlain, à l'époque secrétaire d'État aux colonies, par l'intermédiaire duquel il négocie avec le gouvernement égyptien une charte pour l'installation des Juifs dans la région d'Al Arish, dans la péninsule du Sinaï, jouxtant le sud de la Palestine.

Celui-ci lui offre d'installer l'État juif... en Afrique, sur le territoire de l'Ouganda, alors possession britannique.
Theodor Herzl, insensible à la composante religieuse du sionisme et craignant de ne jamais avoir gain de cause en Palestine, veut se saisir sans tarder de cette offre, faute de mieux. Il est suivi par Éliezer Ben Yéhouda, le créateur de l'hébreu moderne, et par le mouvement religieux ultranationaliste Mizrahi.
Il réunit à Bâle, en août 1903, un VIe Congrès sioniste et annonce aux délégués : "J'ai une grande surprise pour vous : Sa Majesté, le souverain de l'empire britannique, vous offre un cadeau, l'Ouganda !"

L'annonce survient peu après le premier grand pogrom du XXe siècle, à Kichinev, dans la province russe de Moldavie : une soixantaine de juifs ont été assassinés sans motif par la foule. Max Nordau lance aux délégués : "Nous avons besoin d'un asile de nuit, lieu de repos pour les persécutés".
Les sionistes convaincus fulminent. Ils ne veulent rien d'autre que la Palestine. Mais ils se retrouvent en minorité face à une majorité de territorialistes prêts à accepter l'offre britannique.
Le mouvement fait scission. Les sionistes poursuivent non sans mal la colonisation de la Palestine cependant que les territorialistes étudient après l'Ouganda d'autres territoires tout aussi invraisemblables avant de rejoindre enfin les sionistes.

Dans le même temps, le mouvement sioniste est menacé par le gouvernement russe. Au lendemain du premier pogrom de Kichinev en 1903, il se rend à Saint-Pétersbourg et est reçu par Sergei Witte, alors ministre des Finances, et Viatcheslav Plehve, ministre de l'intérieur, antisémite notoire et crédité d'être responsable des dits pogroms.
À cette occasion, Herzl présente des propositions pour l'amélioration de la situation juive en Russie. Il propose à Plehve une véritable alliance : "Soutenez mon projet, je vous débarrasserai de vos révolutionnaires juifs ". Il publie la déclaration russe, et présente l'offre britannique, connue sous le nom de "Projet Ouganda" devant le sixième Congrès sioniste (Bâle, août 1903), qui remporte la majorité (295/178, 98 abstentions), avec lui sur la question d'étudier cette offre, malgré le très mauvais accueil de l'offre par la délégation russe.
En 1905, après enquête, le congrès sioniste décide de décliner l'offre du Royaume-Uni et s'engage à créer un état juif en terre historique d'Israël.

Épuisé par son inlassable activité et les conflits au sein de son mouvement, Theodor Herzl meurt le 3 juillet 1904, à l'âge de 44 ans. Son rêve va recevoir une impulsion décisive avec la déclaration Balfour du 2 novembre 1917 qui apporte aux sionistes l'appui officiel de la couronne britannique.
Il trouvera son aboutissement en novembre 1947, peu après le génocide des juifs européens, lorsque l'assemblée générale des Nations Unies votera le partage de la Palestine en deux États, l'un arabe, l'autre juif. L'État d'Israël sera officiellement proclamé le 14 mai 1948 par David Ben Gourion. -

Mort en 1904, Herzl avait demandé à être enterré en Palestine quand le peuple juif y aurait fondé un Etat indépendant. Le 17 août 1949, son corps, ainsi que celui de ses parents, Yaakov et Jeannette et sa sœur Pauline sont inhumés au Mont Herzl. En septembre 2006, les dépouilles de ses enfants Hans et Pauline y ont été transférés depuis Bordeaux. Sa fille cadette, Trude Norman est tuée dans un camp d'extermination nazi et ses restes n'ont jamais été retrouvés. Le corps du fils unique de Trude, Stephen Theodore Norman, suicidé en 1946 à Washington, y sera transféré le 5 décembre 2007.