vendredi 11 septembre 2009

Keith Haring

Keith Haring, né le 4 mai 1958 à Reading en Pennsylvanie et mort le 16 février 1990 (à 31 ans) à New York, est un artiste majeur des années 1980 et activiste américain.

Petit, Keith Haring écoute Aerosmith, les Beatles, et consomme drogues et alcool. À 18 ans il entreprend des études de graphisme commercial à Pittsburgh puis continue à l'école des Arts visuels de New York. Il s'essaie à autant de disciplines que le collage, la peinture, les installations, la vidéo, etc. mais son mode d'expression privilégié demeure le dessin. À New York, et plus particulièrement dans l'East Village, il découvre la foisonnante culture alternative des années 1980 qui, hors des galeries et des musées, développe son expression sur de nouveaux territoires : rues, métros, entrepôts, etc. Il rencontre des artistes de la vie underground new-yorkaise tels Kenny Scharf et Jean-Michel Basquiat avec qui il devient ami, et organise ou participe à des expositions et performances au Club 57, qui devient le lieu fétiche de l'élite avant-gardiste. C'est à cet endroit que le Bébé rayonnant, un des pictogrammes les plus connus de l'artiste, fut inspiré.

Inspiré par le graffiti, tenant du Bad Painting, et soucieux de toucher un large public, Haring commence à dessiner à la craie blanche sur des panneaux publicitaires noirs du métro de New York. Il grave également des dalles de grès des trottoirs dans l'East Village (elles sont toujours présentes de nos jours). Un photographe, Tseng Kwong Chi, le photographie en permanence, même quand la police l'arrête. Il exécute plusieurs milliers de ces dessins, aux lignes énergiques et rythmées.

La griffe Haring, c'est la répétition infinie de formes synthétiques soulignées de noir avec des couleurs vives, éclairantes sur différents supports. C'est un récit permanent où l'on retrouve bébés à quatre pattes, dauphins, postes de télévision, chiens qui jappent, serpents, anges, danseurs, silhouettes androgynes, soucoupes volantes, pyramides ou réveils en marche, mais aussi sexualité et pulsion de mort.

Sa première exposition personnelle a lieu en 1982 à la galerie Tony Shafrazi de New York et rencontre un immense succès public. En 1985 il est invité à participer à la Biennale de Paris. Sa notoriété internationale ne cesse dès lors de s'accroître. Il participe à de nombreuses expositions internationales et exécute de nombreuses commandes prestigieuses, comme la fresque de l'Hôpital Necker de Paris. Dans son désir de rencontrer un large public et de rendre son art accessible au plus grand nombre, il ouvre en 1986, dans le quartier de SoHo, son Pop Shop, etc. illustrés par lui même, comme autant d'œuvres « au détail ». Cette démarche très controversée dans les milieux artistiques est néanmoins fortement appuyée par ses amis et son mentor Andy Warhol. Son travail l'amène à collaborer avec des artistes tels que Madonna, Grace Jones, Timothy Leary ou encore William S. Burroughs.

En 1988, il apprend qu'il est infecté par le virus du sida. Il s'engage dès lors fortement dans la lutte contre cette maladie, mettant tout son art et sa notoriété au service de cette cause et de sa visibilité. Il crée à cet effet la Keith Haring Foundation[1] en 1989 qui est chargée de venir en aide aux enfants et de soutenir les organisations qui luttent contre le sida.
Sa peinture est proche du mouvement de la figuration libre. Son œuvre, tel un langage figuré et volubile sur des sujets universels, reste comme l'une des plus importantes de la fin du XXe siècle.

Keith Haring meurt en février 1990.
Le marché de l'art a très vite récupéré le phénomène Haring, l'artiste a cependant toujours cherché à démocratiser l'œuvre d'art et à miner son statut élitiste.

Keith Haring a laissé une œuvre où l'innocence cache une réelle inspiration, comme si l'artiste n'avait jamais voulu grandir et qu'il regardait le monde avec des yeux d'enfant pour mieux parler des adultes.Artiste volubile, né dans la mouvance graffitiste des années 80 new-yorkaises, Keith HARING a dessiné sur les murs, sur le sol, sur des voitures...
Réinventant un langage universel avec de petits bonshommes joyeux, un tantinet concupiscents, pour une décennie heureuse, en quête de démocratisation et d'accès libre à l'art, loin des musées un peu poussièreux.
En 32 ans, dont 10 de peinture, Keith HARING a laissé une empreinte indélébile, sa signature, son message aux générations suivantes.

"Non ma fille, tu n'iras pas danser"

Un film réalisé par Christophe Honoré interprété par Chiara Mastroianni, Louis Garrel, Jean-Marc Barr et l'excellent Marcial Di Fonzo Bo se déroulant en Bretagne ... je ne pouvais qu'être excité à l'idée d'aller voir ce film.
C'est un film Français dans tout ce que cette expression peut vouloir dire !
Moins virtuose et vif que "la belle personne", moins émouvant et poétique que "les chansons d'amours", moins noir et social que "dans paris", "Non ma fille, tu n'iras pas danser" joue sur d'autres terrains, Honoré s'essayant au drame familiale pur.

Dans le cinéma de Christophe Honoré se trouvent à la fois la profonde désinvolture des personnes et l'exaltation de leurs destinées. La dose de chacune de ces notions varie d’un film à l’autre. Ici, le cinéaste interroge avec justesse la maternité et les liens que tissent les familles sur un mode tour à tour léger puis grave. Les mères qui se succèdent à l’écran participent de cette différenciation : Léna (Chiara Mastroianni), maman impulsive et torturée, ayant quitté homme et profession pour se consacrer à ses enfants ; sa soeur, Frédérique (Marina Foïs), proche de la rupture avec son mari ; et leur mère, Annie (Marie-Christine Barrault), flegmatique, dont les apparitions soulignent la profonde détresse de Léna. L’équilibre du film repose sur cette mère célibataire, et sa durée sur l’étalement de la névrose du personnage. Honoré souligne cette focalisation par des face-à-face à cran entre Léna et sa famille. La direction d'acteurs et les talents individuels de Marina Foïs, Louis Garrel ou Jean-Marc Barr, entre autres, offre une palette très différenciée de personnages. Chose trop rare au cinéma, le film singularise chaque profil, et démontre par naturalisme l'intensité des sentiments et la diversité des réactions. Mais cette profusion dans l'interprétation contraste avec un dépouillement extrême de la mise en scène, en termes de découpage et de montage.
Le début est parfait. L'intrigue s'installe, les personnages sont bien construits.
On tombe littéralement amoureux de Léna. On est bouleversé par son personnage de femme libre apprivoisant son désir de liberté.
Le film a beau montrer une femme étouffée par les normes, culpabilisée par ses proches, c'est un moment de cinéma très tonique, un film triste qui procure beaucoup de joie ...
Pour finir 2 scènes sont vraiment épatantes : la première est la rencontre entre Léna et Simon ou on a l'impression de redevenir adolescent ... la seconde étant le fest-noz métaphorique en costume traditionnel breton.
Un magnifique film !


Plus d'infos sur ce film

lundi 7 septembre 2009

!!!

The longest way

Christoph Rehage est un Allemand de 27 ans qui a traversé la Chine à pied, sac au dos ou en traînant une petite carriole. Son périple le faisant traverser le désert de Gobi et divers régions chinoises lui permis, en 1 an (du 9 novembre 2007 au 13 novembre 2008), de parcourir 4640 kilomètres à pieds de Beijing à Ürümqi ! Il a tourné 117 vidéos belles, drôles, émouvantes de son périple et de ses rencontres. Il a dédié sa traversée au Professeur Xie, qui sillonne la Chine à pied depuis 1983 et "à l’amour, qui m’a sauvé".

Pour marquer le coup et faire cette marche introspective et initiatique, une œuvre, il décide de ne plus se raser et de constater ceci grâce à une photo prise à bout de bras quotidienne, pendant 370 jours et de proposer la croissance de sa pilosité en time lapse dans la vidéo qui suit.


http://www.thelongestway.com/

La Mini fête ses 50 ans ...

En 1955, Sir Leonard Lord, alors haut responsable de la British Motor Corporation (BMC), demande à Alec Issigonis de concevoir une nouvelle voiture économique, à cause de la crise du canal de Suez. Le génie de la Mini va alors se résumer en quelques traits : traction avant, vitres coulissantes, boîte de vitesses sous le moteur en position transversale, roues 10 pouces montées sur suspensions indépendantes et réservoir cylindrique (non retenu finalement). Le véhicule consacre 80% de sa longueur à loger ses occupants et leurs bagages.

Alec Issigonis, ingénieur anglais d’origine grecque, va mettre trois mois pour imaginer la Mini. Le prototype sera produit seulement au bout de huit mois d’études, et verra le jour en octobre 1957. A l’époque, la concurrence avait adopté des choix très différents, à savoir le "tout à l’arrière", moteur et propulsion, sur les trois véhicules les plus vendus (Volkswagen Coccinelle, Fiat 500 et Renault Dauphine). Alec Issigonis, qui appréciait les Citroën, choisit lui une orientation "tout à l’avant".

Le 4 mai 1959, la première Mini, nommée "Austin Seven", quitte la chaîne de montage de l’usine de Longbridge, dans la banlieue industrielle de Birmingham (nord de l’Angleterre). Cinq semaines plus tard, sa jumelle, la Morris Mini Minor quitte l’usine d’Oxford. A leur sortie, le public boude ces deux nouveaux modèles, trop anti-conformistes.

Le moteur de 948 cm³ de cylindrée, utilisé dans la Morris Mini Minor, développait 37 chevaux, ce qui était plus que suffisant. La première voiture testée atteint une vitesse de pointe de 145 km/h, ce qui était beaucoup trop pour cette petite voiture. Pas plus les freins que les suspensions étaient à la hauteur d’une telle sollicitation. La puissance fut donc réduite à 34 chevaux, en diminuant la cylindrée à 848 cm³. Ce qui équivalait tout de même à 120 km/h.

En 1959, 19.749 Austin Seven et Morris Minor sortirent des usines de Birmingham et d’Oxford. L’année suivante, quelque 116.677 modèles sont produits. Le succès croissant de la Mini alla de paire avec les exigences que l’on plaçait dans ce véhicule. British Motor Corporation réagit dès 1960, par le lancement de deux variantes : le Van et l’Estate.

La Mini Van et sa décoration typique est appelée couramment «Woodie», en référence à son habillage en bois. L’empattement rallongé offre des places arrière beaucoup moins spartiates et un coffre plus accueillant. Résultat : une longueur passant de 3,05 m à 3,30 m, et une charge utile oscillant entre 250 et 275 kg. La fourgonnette, tout comme le combi, est entièrement vitrée et possède deux portes à l’arrière.

La Mini, qui n’est pas encore adoptée par les classes populaires, devient rapidement la voiture de tout ceux qui bougent dans la société britannique. Ou ceux qui veulent donner cette impression. Les femmes l’adorent. Il y a en a pour tous les goûts et pour tous les prix.

La conception très innovante de la Mini à l’époque, avec son moteur transversal très compact, ses suspensions originales, ses roues de petite taille, en fait très rapidement une reine des villes. Elle devient rapidement la coqueluche des londoniens. La Mini, au même titre que le Palais de Westminter ou Big Ben, est un véritable monument, fierté des Britanniques. En 1965, la production atteint le million.

Au début des années 70, la gamme s’élargie. La Mini 1000 (photo), la Mini Clubman et la Mini 1275 GT, le modèle de pointe de la gamme "long nose", font leur apparition. Ces nouveaux modèles possèdent de la moquette et des applications en cuir sur les sièges, ainsi qu’un cendrier. Mais le chauffage n’existe qu’en série, y compris sur le modèle de luxe.

La Mini intéresse rapidement John Cooper, accessoirement pilote et préparateur de voiture. Cooper est admiratif devant ce véhicule au centre de gravité très bas, sa bonne répartition des masses et sa tenue de route incroyable. Il décide de modifier la Mini et essaie de l’optimiser. Présentant extérieurement peu de différences avec l’élégante et paisible citadine, la Cooper affiche une puissance de 55 chevaux et offre des performances de haut niveau.

Le succès de la Mini va prendre grâce aux belles performances du modèle en rallye. Les Mini Cooper et Cooper S deviennent rapidement les coqueluches des pilotes de tous poils, professionnels ou gentlemen drivers. Ici, une mini Cooper mord la corde, sur le circuit d’Outlon Park, en Angletterre, en 1965.
La Mini Cooper a été engagée avec succès au mythique rallye de Monte-Carlo, qu’elle remporta en 1964, 1965 et 1967. Initialement conçue comme un moyen de locomotion économique et avantageux, la victoire finale de la Mini la propulse au rang de voiture de sport pour Monsieur Tout le monde. Elle devient alors une voiture compétitive, capable de bonnes performances dans les rallyes, et symbole d’une bonne fiabilité. Une opinion renforcée par l’arrivée sur le marché de la Mini Cooper S, plus rapide et surtout plus puissante.

1972 fut une des années les plus empreintes du succès pour la Mini. Presque tous les ans, de petites modifications maintenaient l’attractivité de la marque. Ainsi, en 1974, il y eut par exemple les roues Denovo en option sur la Mini 1275 GT, équipées de pneus Dunlop anti-crevaison qui, même à plat, ne déjantaient pas. Les acheteurs du modèle de base, la Mini 850 (photo), purent cette année-là se réchauffer, le chauffage faisant son entrée dans l’équipement de série.

Aux début des années 70, Mini décide d’emprunter de nouveaux chemins. La déclinaison de modèles spéciaux à thèmes (sportifs, distingués, effrontés…) se multiplie. La marque investit également d’importantes sommes en communication.

A partir des années 80, la marque décide de simplifier sa gamme pour des raisons économiques. Entre 1980 et 1983, la Clubman, l’Estate et le Van en furent retirée. La Mini Classic, au moteur d’un litre, est la seule "rescapée". Mais cela n’empêche la chute de la marque.

En 1991, Rover joue le mythe et ressuscite la Mini Cooper, à moteur 1275, qui avait disparue du marché depuis une dizaine d’année.

Les rayures emblématiques du couturier Paul Smith ont tout couvert, du t-shirt au ballon de foot, en passant par la Mini Cooper. En 1999, la Mini s’affiche avec 86 bandes et 26 couleurs différentes. Ce modèle est l’une des trois Mini qui furent créées à l’occasion du 40e anniversaire du modèle.

Après 41 années de production, la dernière Mini Classic quitte l’usine de Longbridge le 4 octobre 2000. La voiture culte pilotée en leur temps aussi bien par John Lennon que par David Bowie, Peter Sellers ou Brigitte Bardot ne passera pas le troisième millénaire. Entre 1959 et 2000, plus de 5,3 millions d’unités de la petite anglaise se sont vendues, une véritable succès qui impose la Mini au Panthéon de l’automobile.

Un an après l’arrêt de la production, une nouvelle version de la Mini est lancée par BMW, à l’occasion du centenaire de son créateur. Plus puissante, elle offre une meilleure tenue de route. Surtout, ce modèle, doté d’une nouvelle motorisation, innove en réduisant la consommation de carburant et d’émissions de CO2.

Le succès de la New mini est pratiquement immédiat, et les ventes du modèle au nouveau design explosent. Entre 2001 et 2004, plus de 500.000 New Mini sont vendues dans le monde.
La plus chic des citadines hérite enfin, en 2006, d’un moteur Diesel à la hauteur de son charme, avec l’arrivée du 1.6 Hdi de 110 chevaux d’origine PSA, plus performant et plus sobre que le moteur Toyota. La nouvelle Mini, qui a gardé les déclinaisons sportives de la Cooper, est esthétique, mais perd son caractère économique. Elle continue pour autant de faire tourner les têtes. Pour preuve : la nouvelle version atteint le million d’unités vendues.

La Mini One consomme moins de cinq litres aux 100 km avec le pied léger : une sobriété appréciable qui laisse laissait ceux qui ont opté pour la Mini Diesel, de compenser son tarif coquet. En 2008, la Mini s’est vendue à 232.425 unités.

samedi 5 septembre 2009

"24 h Berlin"

Tourné le 5 septembre 2008, soit un an jour pour jour avant sa diffusion, ce programme unique dans l’histoire de la télévision observe le quotidien d’une métropole européenne de 3,8 millions d’habitants tout à la fois chargée d’un passé douloureux et animée d’une énergie créatrice hors du commun.
Vingt ans après la chute du Mur, Berlin dévoile la multiplicité de ses quartiers, ses univers contrastés, son charme et ses contradictions, vécus et racontés par les Berlinois eux-mêmes, célèbres ou anonymes.

Juin 2009. Lehrter Strasse 57, Berlin. Ambiance studieuse et feutrée dans les locaux de "Zero One Film" qui travaille d’arrache-pied depuis des mois à l’élaboration d’un projet pharaonique : filmer en temps réel, vingt-quatre heures durant, Berlin et proposer une cartographie fidèle de la ville et de ses habitants.
Pour plonger dans les coulisses de la ville, 80 équipes de tournage parmi les plus grands documentaristes allemands, réunies sous la direction artistique de Volker Heise ont suivi cette journée comme les autres, sans événement particulier, avec les habitudes, les rituels, les peines ordinaires ou les joies inattendues de ses habitants de tous âges, de tous horizons et de toutes conditions.

Une contrainte essentielle : monter le film de façon chronologique. A l’issue d’un minutieux casting, 22 Berlinois ont été retenus : gens connus, inconnus, Allemands pure souche, immigrés, jeunes, vieux, riches, pauvres, exclus. Au fur et à mesure du déroulement de la journée, le film se tricote en fonction des emplois du temps des protagonistes. Et Volker Heise (çi-dessous) d’ajouter : "Tout au long du tournage, notre souci a été de donner une image véridique de Berlin aux générations futures."

Ce périple insolite et spectaculaire qui laissera aux générations à venir un document authentique sur le Berlin d’aujourd’hui témoigne aussi de l’ambition d’ ARTE de repenser la télévision, son champ d’action, ses codes et ses formats.
"24 heures Berlin" oscille sans cesse entre l’individuel et le collectif, entre plans rapprochés et vues d’ensemble. La caméra s’attarde tout autant sur Daniel Barenboïm en répétition au Staatsoper que sur un toxicomane en quête de sa dose quotidienne, une petite fille en plein devoir de classe sous l’oeil avisé de sa maman, un petit déjeuner dans une famille aisée de Turcs allemands ou le reportage du correspondant d’alors pour France 2, Jérôme Bony, sur l’abri anti-atomique d’Erich Honecker.













Sur 750 heures de rushes, le résultat final est une radiographie kaléidoscope d’une ville à part. Selon Jérôme Bony : "Berlin n’est pas l’Allemagne comme New York n’est pas les Etats-Unis."
Evénement médiatique de la rentrée et véritable prouesse logistique et technique, "24 h Berlin" raconte le quotidien de la métropole européenne, 20 ans après la chute du Mur, 70 ans après le début de la Deuxième Guerre mondiale. "24h Berlin" nous fait vivre 24 heures d’affilée au rythme de la capitale allemande.

L'Histoire, toujours l'Histoire ...

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre russe Vladimir Poutine ont participé mardi 1er septembre à Gdansk aux cérémonies du 70éme anniversaire de l'invasion de la Pologne par leurs pays respectifs, qui marqua le début de la Seconde Guerre mondiale en 1939. Mais autant l'Allemagne de Merkel a reconnu ses responsabilités et multiplié les gestes à l'intention de la Pologne, autant la Russie de Poutine n'a cessé de minimiser le pacte germano-soviétique signé le 23 août 1939 et le rôle de l'URSS dans le démembrement de la Pologne.
"L'Allemagne a déclenché la Seconde Guerre mondiale. Nous avons plongé le monde dans d'intenses souffrances". La chancelière veut voir dans sa présence en Pologne un "signe de réconciliation" entre les deux pays membres de l'Union européenne. Le 1er septembre "est une journée de deuil pour la souffrance infligée et de souvenir de la culpabilité de l'Allemagne dans l'ouverture des hostilités", a ajouté Angela Merkel.

Reconnaissant le rôle libérateur de l'Armée rouge (sic !), le Premier ministre polonais Donald Tusk a néanmoins souligné que Varsovie et Moscou devaient aussi explorer "les éléments douloureux de (leur) histoire commune" pour améliorer leurs relations bilatérales. "Si par le passé cela a été possible pour les Polonais et les Allemands, et les Russes et les Allemands, alors pour l'amour de Dieu, pourquoi cela n'est-il pas possible pour les Polonais et les Russes?"

A l'aube mardi, en prélude aux cérémonies internationales, les dirigeants polonais se sont rassemblés dans la péninsule de Westerplatte, près de Gdansk (ex-Dantzig), pour marquer l'heure exacte à laquelle, le 1er septembre 1939, le bâtiment allemand "Schleswig-Holstein" a ouvert le feu sur un poste militaire avancé polonais où était entreposé l'arsenal de la Marine polonaise.
Hitler, qui voulait créer une "Grande Allemagne" en supprimant le couloir de Dantzig créé par le Traité de Versailles en 1919 et en rattachant la Prusse orientale, avait attaqué la Pologne par l'Ouest le 1er septembre 1939, inaugurant la méthode de la Blitzkrieg, la "guerre-éclair". Les troupes soviétiques avaient suivi par l'Est le 17 septembre. En 29 jours, l'armée polonaise était anéantie.

La France et la Grande-Bretagne, qui s'étaient engagées à protéger les frontières de la Pologne, avaient déclaré la guerre à l'Allemagne le 3 septembre. Le Premier ministre français François Fillon et le chef de la diplomatie britannique David Miliband participaient avec une vingtaine d'autres responsables européens et américains à la commémoration. "L'émotion qui nous rassemble ici est profonde", a déclaré François Fillon dans un discours prononcé pour l'occasion. "De la presqu'île de Westerplatte sont partis les premiers cris d'un conflit terrible, le plus sanglant que l'humanité ait connu."

Entre le 1er septembre 1939 et la capitulation de l'Allemagne le 8 mai 1945, la Seconde Guerre mondiale a fait plus de 55 millions de morts dans le monde, dont environ six millions en Pologne -sur lesquels la moitié étaient des juifs (seul 240 000 ont survécus).
Plusieurs camps de concentration et d'extermination des juifs se trouvaient en Pologne, notamment Auschwitz (à lui seul, 1 200 000 victimes juives), Majdanek et Sobibor.
Au total plus de 6 millions de juifs moururent dont 3 millions de juifs étaient originaire de Pologne, 1 million de juif d' URSS et autour de 100 000 juifs Français.

Un peu de douceur ...

Gama Issa House par Marcio KOGAN

Destination Sao Paulo au Brésil pour visiter la Gama Issa House, réalisée par l’architecte Marcio Kogan…
Son architecture très sobre et épuré, en font une maison très originale !!! Un immense cube blanc entièrement ouvert sur un vaste jardin, grâce à un système de panneaux de verre coulissants. Assis dans le superbe canapé blanc, vous vous demanderez si vous êtes dehors ou dedans.

A l’intérieur l’architecte Marcio KOGAN a joué sur les matières, marbre blanc, corian, pour reprendre les tons blancs de l’extérieur et accentuer la sensation de fluidité Indoor/Outdoor. Une totale réussite !!!

Douglas Kennedy revivra sur grand écran ...

L'écrivain américain préféré des Français est adapté pour la seconde fois au cinéma dans un film interprété par Romain Duris et Catherine Deneuve, et réalisé par Éric Lartigau.
Jeudi, plusieurs rues du XVIe arrondissement étaient envahies par une équipe de cinéma. Pour l'heure, des camions techniques sont stationnés rue Raynouard, les loges et la cantine installées boulevard Delessert et le début de la rue de Passy est bouclé pour les besoins d'une scène dramatique qui va se jouer entre Catherine Deneuve et Romain Duris dans le restaurant japonais Matsuri. C'est le producteur Pierre-Ange Le Pogam, l'associé de Luc Besson chez EuropaCorp, qui a acheté en 2006 les droits du deuxième roman de Douglas Kennedy, "L'Homme qui voulait vivre sa vie", publié en 1998.

"Quand j'ai su qu'ils cherchaient un réalisateur, j'ai foncé !" s'exclame Éric Lartigau qui, jusqu'à présent, n'avait réalisé que des comédies comme "Prête-moi ta main" dans laquelle Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg faisaient des étincelles. "Je suis un lecteur assidu de Douglas Kennedy depuis son premier polar, "Cul-de-sac". Pierre-Ange Le Pogam, qui a aimé ma vision cinématographique du roman, m'a laissé carte blanche. J'ai gardé la courbe dramatique mais transposé action et personnages dans la France d'aujourd'hui. Quinze jours avant le tournage, j'ai donné mon scénario à Douglas Kennedy." Le romancier s'est-il senti trahi ? "Cet auteur absolument délicieux savait que l'histoire serait forcément différente. Après l'avoir lu, il m'a confié : “Tout est là et pourtant ce n'est pas mon bouquin.” J'étais super content !"
Un an et demi d'écriture et dix versions du scénario plus tard, voilà donc le Ben Bradford du roman devenu Paul Exben, un avocat d'affaires interprété par Romain Duris. Marié à Sarah (Marina Foïs) et père de deux enfants, ce trentenaire est en apparence comblé. Il est associé à sa grande amie Anne (Catherine Deneuve) dans un gros cabinet d'affaires qui gère comptes et grosses fortunes. Mais ce mariage et cette famille tout droit sortis d'un catalogue Gap ont des failles. Paul s'est fourvoyé en oubliant son rêve de devenir photographe et sa femme le trompe, avec, ironie du sort, un photographe ! Après avoir accidentellement supprimé son rival, il prend la fuite et l'identité de ce dernier… "Un rôle idéal, confie Romain Duris à propos de Paul, parce que c'est un personnage qui va se révéler grâce à un crime…"

Chez Masturi, les figurants s'installent. Les sushis et autres makis défilent sur un tapis roulant. Les techniciens s'affairent. Problème d'éclairage. "Le 18 000 volts est mort", se lamente Laurent Dailland, le chef opérateur. Romain Duris en costard-cravate attend patiemment, en fumant cigarette sur cigarette sur le trottoir : "Il s'agit d'un long plan séquence au cours duquel Anne annonce à Paul qu'elle est malade et qu'elle va mourir."
"Ah bon, il vous a dit que j'allais mourir !" s'exclame une Catherine Deneuve des plus déçues, qui aurait bien voulu garder secret cet élément du film.
Encore dans sa loge caravane où elle écoute de la musique rock à pleins tubes, en picorant du gingembre, elle reste décontractée malgré la tension de la scène à venir. D'un tempérament toujours très curieux et enthousiaste : "Dans la vie je suis une aventureuse, au cinéma une aventurière", souligne-t-elle.

L'actrice n'avait pourtant jamais ouvert ce roman de l'ami américain Douglas Kennedy. "J'attendrai d'avoir fini le tournage pour le lire ! La lecture du scénario et la personnalité d'Éric m'ont suffi. Je suis conquise. Ce qui m'a aussi beaucoup plu, c'est lorsqu'Éric m'a dit que le personnage d'Anne, qui est le mentor de Paul, était très viril. Et, que finalement c'était un rôle d'homme." À juste titre puisque dans l'œuvre de Kennedy, Ben le héros a pour mentor et associé Jack Mayle .
Dès le premier tour de manivelle, le duo formé par Romain Duris et Catherine Deneuve a tout de suite fonctionné. "Je sens le genre de personnalité de Romain, à la fois sensible et nerveux, ajoute l'actrice. Il a, comme moi, une façon de parler très rapide et l'envie de bousculer les choses." Quant au thème central de ce film noir, sous haute tension psychologique - reconstruire son existence malgré tout -, elle confie : "On ne refait pas sa vie, on la continue autrement, sinon on se suicide !" ...

"Viens jusqu'à moi ..."



Elodie Frégé et Michal pour une très belle chanson !